Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

De la réunification au Xe Congrès 1963-1979 › La réunification : le VIIe Congrès mondial et après (1963-1965)

A l'aide des combattants congolais de la liberté !

22 septembre 1964 · Secrétariat unifié · La réunification : le VIIe Congrès mondial et après (1963-1965) · 724 mots

Afrique Afrique du Sud

In English: Documents: For the Congolese Freedom Fighters — texte anglais publié à l’époque.

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Les impérialismes belge et yankee ont combiné leurs forces pour imposer aux populations du Congo le régime néo-colonialiste cynique de Tschombé. Tschombé a dirigé le gouvernement séparatiste mis sur pied au Katanga en 1960 sous les auspices du trust de l’Union Minière. Impliqué directement dans l'assassinat de Patrice Lumumba, Tschombé à longtemps personnifié les forces réactionnaires, tribales et pro-impérialistes du Congo, qui ont condamné ce malheureux pays à être écartelé entre les trusts internationaux et leurs agents.

Les maîtres impérialistes de l'Afrique n’ignorent pas que leurs puissants intérêts financiers au Congo, sont menacés par les efforts du peuple pour mettre un terme au règne colonial, conquérir la liberté, et rompre avec l'exploitation et la misère capitalistes. Les maîtres étrangers sont prêts à tout pour conserver leur emprise. Ils ont imposé Tschombé au Congo sous le prétexte fallacieux d’une «réconciliation nationale ». Le cynisme de ce mot d'ordre a été montré par le fait que l’armée avec le concours de laquelle cette « réconciliation nationale » devait être menée à bien, à été composée par les gendarmes Katangais qui avaient combattu ouvertement contre l'unité du pays en 1960-1962, d'anciens tueurs professionnels de l’O.A.S. française qui s’employa contre les combattants algériens de la liberté, d’assassins ayant appartenu aux S.S. de Hitler, et des plus odieux mercenaires racistes blancs actuellement recrutés en Afrique du Sud et en Rhodésie du Sud. Pour étayer leur pantin, les impérialistes interviennent de plus en plus oùvertement en fournissant une aide militaire sous la forme d'avions et d'armes.

Face au caractère ouvertement pro-impérialiste et néo-colonialiste du régime Tschombé, le soulèvement populaire des masses congolaises conduites par divers courants lumumbistes, représente une nouvelle montée de la Révolution congolaise qui avait connu un arrêt brutal en 1961 lors de la défaite temporaire des forces lumumbistes. Les masses congolaises luttent présentement pour l'unité et l'indépendance de leur pays, pour déloger les marionnettes de l'impérialisme. A un certain stade, leur combat mettra inévitablement en question la mainmise des trusts impérialistes sur les ressources naturelles du pays.

° Tandis qu'une guerre civile se déroule, le caractère prédominant de la lutte est une guerre de libération nationale contre les agents directs de l’impérialisme. Cette guerre est hautement progressive. Elle mérite l'appui complet des masses laborieuses du monde entier, particulièrement dans les pays impérialistes. La victoire des combattants de la liberté provoquera le déclenchement d’une nouvelle vague révolutionnaire d’un bout à l’autre de l'Afrique équatoriale, Une défaite, par contre, consoliderait les régimes colonialistes barbares de l’Angola et du Mozambique, et la position des politiciens racistes blancs partisans de l'apartheid de Rhodésie du Sud et d'Afrique du Sud, avec lesquels Tschombé collabore de plus en plus ouvertement.

Au Congo, il est du devoir des militants ouvriers et marxistes de participer à la lutte au premier rang, et de faire leur devoir comme les meilleurs soldats dans le combat pour la libération nationale. Ils se doivent d'offrir aux combattants de la liberté un programme de nationalisation des trusts étrangers et d'établir les bases d'une agriculture collective. De telles mesures pourraient grandement contribuer à tirer le Congo de sa misère actuelle. Dans le cours même de la lutte, les efforts des militants ouvriers et marxistes poseront les fondations d’un parti de masse marxiste basé sur le programme du socialisme scientifique et voué à l’approfondissement de la Révolution congolaise sur la voie du socialisme. :

La résolution réactionnaire adoptée sur la question congolaise à l’Assemblée d’Addis-Abeba par l'Organisation des Etats Africains est à condamner absolument. En reconnaissant le gouvernement Tschombé et en refusant d'appuyer la lutte anticolonialiste et de fournir des subsides au Comité Congolais de Libération Nationale, la majorité des gouvernements africains « indépendants » assemblés à Addis-Abeba a montré leur crainte de créer un «précédent» qui favoriserait d'autres soulèvements des masses laborieuses contre des gouvernements « établis » de l'Afrique. La plupart de ces gouvernements sont eux-mêmes manifestement néocolonialistes et redoutent des soulèvements populaires analogues à ceux du Congo. Ce point de vue est particulièrement vrai de la part Ge l'Empereur d’Ethiopie qui fut l'instrument du marché conclu avec Tschombé l'assassin.

A bas le régime fantoche de Tschombé, laquais de l'impérialisme -

Prolétaires des Etats-Unis, de Belgique et de Grande-Bretagne, obligez vos gouvernements impérialistes à cesser leur aide au régime Tschombé !

Vive la lutte émancipatrice des combattants congolais de la liberté ! Vive la Révolution africaine !

22 septembre 1964.

Source : Quatrième Internationale, n°23, novembre 1964 · scan (Radar, 16-014-00103).

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