Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

De la réunification au Xe Congrès 1963-1979 › Le IXe Congrès mondial et après (1969-1974)

À la défense des révolutionnaires ceylanais

19 avril 1971 · Secrétariat unifié · Le IXe Congrès mondial et après (1969-1974) · 1 395 mots

Inde et Sri Lanka Grande-Bretagne Répression et prisonniers politiques

In English: Defend the Ceylon Revolutionists! — texte anglais publié à l’époque.

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Le gouvernement ceylanais a déclaré l’état d’urgence et imposé un couvre-feu sur toute l’île. Il a suspendu toutes les libertés démocratiques, imposé une censure de presse stricte, et arrêté des centaines de militants du JANATA VIMUKTI PERAMUNA (Front de Libération du Peuple). Il a proscrit le J.V.P. et a commencé à fusiller des prisonniers sans aucun jugement.

Les dirigeants de la coalition gouvernementale ont utilisé leur monopole d’information pour mentir sur le J.V.P., le représentant comme une organisation « fasciste » et de droite. En même temps le gouvernement n’a pas osé informer la population qu’il a cherché et reçu l'aide des gouvernements impérialistes des États-Unis et de la Grande-Bretagne, qu’il utilise des frégates et des hélicoptères indiens et pakistanais, qu’il a expulsé les diplomates coréens de Ceylan.

Le gouvernement Bandaranaike de Front Populaire vint au pouvoir en mai 1970 en promettant aux masses de les faire entrer dans une « ère nouvelle » et de construire un Ceylan socialiste. Un stalinien ro-Moscou et trois renégats du Lanka Sama Samaya Party réformiste ant inclus dans le cabinet pour en soutenir l’image « socialiste ». Mais, en dépit de toute cette réthorique, la coalition gouvernementale a prouvé que son rôle réel était de maintenir les rapports de propriété capitalistes et de préserver l’emprise impérialiste sur l’économie ceylanaise.

Pendant les dix mois d’exercice du pouvoir, le gouvernement de coalition a accru les forces de police de 55 %et établi un comité anti-révolutionnaire dans l’armée. Le «socialisme» de type Bandaranaike signifiait la négation de droits démocratiques comme celui de rejoindre ou de former un syndicat : tels furent les cas de l'usine Velona, de la maison d’impression Dawasa et de la plantation de thé Norwood. Les ouvriers qui recouraient à la grève dans leur lutte pour le droit syndical ont à faire face aux balles de la police « populaire ». 12 QUUPASTERU EME VICNOT EU R'N'AST'T O'N'AULPE

Le premier budget du gouvernement de coanuion, présenté par N.m. Perera, offrait très peu aux masses. Le budget montra aux capitalistes étrangers et locaux qu’ils n’avaient rien à craindre de la part du gouvernement Bandaranaïike ou de ses ministres « marxistes ». Ceux-ci expliquaient certes qu’ils n’avaient pas oublié le socialisme, mais que, précisément maintenant, ce n’était pas « pratique » et le socialisme devait attendre. Ni le «fonds pour sauver le pays» ni le budget d’automne ne purent permettre au gouvernement d'éviter la profonde crise à laquelle il avait à faire face. Ceylan devait déjà à la Banque Mondiale plus de 50 millions de dollars et avait même été incapable d’en payer les intérêts. Et il avait cependant besoin de plus de devises fortes pour payer même les importations les plus essentielles. La Banque Mondiale ne voulait accorder de nouveaux prêts avant que le gouvernement s’engage à suivre un cours d’ « austérité ». Cela voulait dire imposer de nouveaux fardeaux aux masses, tel que le retrait des subsides pour le riz, l’élagage des services sociaux et l’instauration d’un blocage des salaires. Le gouvernement de coalition accepta ces demandes. Ces développements confirmèrent la position défendue par le LSSP (R) que la coalition dirigée par le Sri Lanka Freedom Party était un gouvernement capitaliste dépendant de l’impérialisme pour sa survie.

Dans ces conditions, le gouvernement n’avait d’autre issue que d’imposer des fardeaux a aux masses. Celles-ci furent rapidement déçues par la coalition gouvernementale. Le gouvernement avait même manqué d’envisager la moindre solution aux problèmes de la montée des prix et de l'érosion continuelle du niveau de vie des masses. Malheureusement pour les dirigeants de la coalition, ils eurent dès lors à tenir compte d’un autre facteur : l’apparition d’un front unique révolutionnaire entre le J.V.P., le LSSP (R), section ceylanaise de la IVème Internationale, et le Young Socialist Front, un nouveau noyau révolutionnaire formé chez les travailleurs des plantations de thé. Ce front unique acquit rapidement de la force, les masses désillusionnées furent attirées par lui. Le régime Bandaranaike comprit que le mouvement barraïit la route à son cours d’ « austérité ».

Le 6 février, 10 000 personnes assistèrent à un rassemblement convoqué par le J.V.P., le LSSP (R) et le C.M.U. (Ceylon Mercantile Union), le plus important syndicat de la classe ouvrière de Ceylan. Ce rassemblement condamna l'établissement d’une base impérialiste américaine dans l’Océan indien, demanda le retrait immédiat de Ceylan du Commonwealth britannique, exigea la nationalisation des banques, des plantations et du commerce extérieur, et demanda que le niveau de vie des masses soit défendu par une guerre totale contre le chômage et la montée des prix.

En face de cette situation, le gouvernement décida de tenter l'isolement de ce mouvement politique et de le détruire avant que les masses se mobilisent. L’objectif immédiat était de détruire le J.V.P. Après avoir alerté l’armée et la p dice, le gouvernement monta une provocation le 6 mars. Cette provocation consista en une attaque à coup de cocktail Molotov contre l’ambassade américaine par une organisation inconnue qui s’appelait le « Front de la Jeunesse de Mao ». Le gouvernement attribua cette action au J.V.P. alors que celui-ci en rejeta toute responsabilité, et il s’attribua des pouvoirs spéciaux en vertu de la loi sur la Sécurité Publique. Puis legouvernementimposa des règlements de l’état d’urgence et commença à arrêter tous les militants et dirigeants connus du J.V.P.

Le J.V.P. comprit qu’il avait à faire face à une situation critique, Plutôt que de se trouver décimé sans combat, il décida de résister à la répression gouvernementale. Les heurts qui sé produisirent par la suite entre le J.V.P. et les forces de sécurité furent donc la conséquence directe de l’action gouvernementale. Le gouvernement avait fait un faux calcul. Il n’escomptait pas une résistance du J.V.P. Il ne comprenait pas que le J.V.P. et ses alliés rencontreraient un si solide soutien de masse.

La IVème Internationale reconnaît que la lutte éclata avant que tous les secteurs des masses opprimées, en particulier les ouvriers des villes et des plantations et la minorité tamile aient été politiquement unis, ce qui les aurait mis en état de tenir tête adéquatement à la provocation gouvernementale et de régler les comptes à la classe capitaliste et à son état. La IVème Internationale s’adresse aux révolutionnaires de partout pour qu’ils brisent la conspiration de silence couvrant la répression à Ceylan. Elle affirme son soutien total aux militants révolutionnaires réprimés et persécutés de Ceylan. Elle fait appel à la classe ouvrière internationale, à toutes les organisations ouvrières et anti-impérialistes et à tous les États ouvriers pour que soit arrêté immédiatement l’envoi d’aide et d'équipement militaire au gouvernement de Ceylan qui les emploie seulement pour assassiner et terroriser son propre peuple. Elle demande à la classe ouvrière internationale de ne pas se laisser duper par les fausses prétentions de «gauche» du gouvernement Bandaranaike et de reconnaître la nature capitaliste fondamentale du régime et la nature pro-impérialiste de sa répression. La proclamation de l’état d'urgence fut votée au Parlement par tous les partis, y compris par l’UNP réactionnaire (Parti National Uni). Le gouvernement Bandaranaïke a mis les terrains d’aviation de Ceylan à la disposition du En pakistanais pour transporter des troupes et des ournitures afin de réprimer le soulèvement du peuple du Bengale oriental. Le lieutenant-colonel Ranatunga de l’armée ceylanaise, dans une déclaration de presse du 18 avril, justifia l’exécution sans jugement de prisonniers du J.V.P. en disant : « Nous avons appris trop de leçons au Vietnam et en Malaisie. Nous devons les détruire complètement » (The Times, 19 avril 1971).

Ouvriers et militants anti-impérialistes de l’Inde, opposez-vous au . honteux conclu par Indira Gandhi avec le houcher Yahia Khan et es ümpérialistes britanniques et américains pour soutenir le régime Bandaranaïke de guerre civile contre les ouvriers, les paysans et la jeunesse de Ceylan !

A bas les traîtres Keunemann, N.M. Perera, Colvin R. de Silva, Leslie Goonewardena qui, comme leur précurseur Noske, arment maintenant la réaction, qui permettent actuellement qu’une armée bourgeoise assassine des révolutionnaires, qui soutiennent les assassins ou participent à la répression des masses de leur pays et qui contribuent à la suppression de toutes les libertés démocratiques pour les ouvriers.

Liberté pour Rohan Wijeweera et tous les dirigeants du J.V.P. et autres leaders révolutionnaires arrêtés !

“ Fu un dollar, pas un canon pour l’armée et l’Etat bougeois de eylan ! ive la révolution socialiste ceylanaise !

Le Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale .

Le 19 avril 1971.

Source : Quatrième Internationale, 49, mai 1971 · scan (Radar, 16-014-00131).

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