Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Appel aux prolétaires du monde !

6 avril 1930 · La première réunion internationale de l’Opposition de gauche (6 avril 1930) · 3 256 mots

In English: Title: Appeal to the Proletarians of the World! — traduction assistée par machine.

L'Opposition communiste de gauche internationale s'adresse non seulement à ses adhérents, mais à tous les communistes et aux ouvriers du monde entier. Elle réunit les meilleures forces, l'aile marxiste des partis de l'Internationale communiste.

Maintenant, elle s'unit fortement, par le lien inébranlable de l'internationalisme prolétarien, pour élaborer une ferme ligne politique, pour réaliser une véritable lutte internationale.

Partout, le monde impérialiste vit dans des convulsions sociales très graves qui montrent de façon de plus en plus claire l'impossibilité où il se trouve de résoudre les crises qu'il engendre constamment. Des millions de chômeurs existent d'une façon permanente. Des crises sociales et politiques profondes se déroulent en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en Angleterre, en Amérique, en Chine, aux Indes, etc. La légendaire prospérité des États-Unis elle-même s'est transformée en une crise qui se traduit notamment par un chômage croissant. Cette crise s'est répandue dans le monde entier.

Malgré tous ses efforts, la bourgeoisie se montre incapable de résoudre sa crise permanente. Contre la bourgeoisie se dresse la masse ouvrière que la social-démocratie l'aide à asservir. En Autriche, la social-démocratie vend les ouvriers aux fascistes et à la réaction. En Allemagne, elle les soumet aux fusillades de Zoergiebel et de Muller. En Angleterre, elle joue platement le rôle d'agent de la bourgeoisie, trahissant même les promesses modérées qu'elle avait faites avant que les élections ne la portent au pouvoir ; elle commande le massacre des prolétaires révolutionnaires hindous.

Seul le mouvement révolutionnaire peut, avec le parti prolétarien, grâce aux enseignements de Marx et de Lénine, conduire le prolétariat à sa libération en créant ainsi les bases de la nouvelle société qui libérera l'humanité entière.

Aujourd'hui, c'est justement dans le mouvement révolutionnaire lui-même que surgissent de graves difficultés. La principale contradiction qui existe aujourd'hui dans le mouvement révolutionnaire est la divergence croissante entre les possibilités révolutionnaires, les circonstances favorables à l'appel des masses à la lutte et la capacité et le degré de préparation des partis communistes officiels. Une crise profonde ravage actuellement l'Internationale communiste. Dans tous les pays, les partis ont perdu des quantités considérables d'adhérents. Leur influence sur les masses et le développement des organisations de masse ont diminué. Dans bien des pays, ils ont ruiné et discrédité les mouvements révolutionnaires pour de nombreuses années. Jamais le niveau politique et théorique des partis communistes n'a été plus bas qu'aujourd'hui. La corruption, la sélection artificielle des directions, l'arbitraire, le bureaucratisme, les bonds spasmodiques de la droite à la gauche et inversement sont des maladies qui rongent la force vive du mouvement. Dans la dernière période, toute une aile du mouvement officiel s'est détachée de lui et occupe actuellement une position plus ou moins proche de la social-démocratie. Ainsi, l'Opposition brandlérienne en Allemagne, ainsi le Parti ouvrier et paysan , de Louis Sellier en France, ainsi le groupe de Lovestone aux États-Unis. D'autre part, l'Opposition de gauche qui comprend les meilleurs ouvriers et militants de l'Internationale communiste a été et continue à être exclue dans sa presque totalité. La répression la plus brutale, spécialement en URSS, s'exerce contre elle. La structure de l'Internationale a subi de profonds changements. Elle a abandonné la politique tracée par les quatre premiers congrès de l'Internationale communiste auxquels Lénine a collaboré ; mais, pour cela, elle a dû exclure les fondateurs de l'Internationale communiste et ceux qui l'ont dirigée pendant cette période. La crise est en plein développement, elle contribue à rendre le prolétariat révolutionnaire impuissant dans les luttes nouvelles et dans l'accomplissement de sa mission historique.

Cette crise est pour une grande partie un reflet et une conséquence directe de la crise qui se déroule dans le Parti communiste russe et dans l'Union soviétique tout entière. La racine de cette crise se trouve dans les circonstances générales qui tiennent principalement à la faillite de la révolution du prolétariat occidental dans les années immédiatement consécutives à la guerre impérialiste ; le prolétariat occidental n'a pu donner au prolétariat russe l'aide sans laquelle il ne peut mener à son achèvement la révolution qu'il a commencée victorieusement. L'URSS ne peut pas liquider seule la société divisée en classes ni construire le socialisme. Elle peut défendre les bases d'une société socialiste contre l'entourage du monde capitaliste jusqu'à ce que le prolétariat des pays capitalistes avancés lui vienne en aide.

Cela nécessite une politique de classe juste qui maintienne la suprématie des éléments socialistes sur les éléments capitalistes, qui maintienne aussi la suprématie de la ville industrialisée sur le village, qui augmente systématiquement le niveau de vie des ouvriers et des paysans pauvres et qui fonde sa politique générale sur les perspectives de la révolution internationale. Telle fut la politique durant la première période de la révolution d'Octobre. Mais, après la mort de Lénine, après les lourdes défaites subies en Allemagne, en Bulgarie et en Estonie, l'Union soviétique entra dans une période de réaction sociale et politique, dans le parti et dans l'ensemble du pays lui-même.

C'est à cette époque que, négligeant le cours de la révolution internationale, se cristallisa la théorie du socialisme dans un seul pays. Au lieu de dominer les éléments capitalistes du pays, on les renforça : au lieu d'aider le paysan pauvre on laissa se renforcer le koulak ; au lieu d'avantager les ouvriers de l'usine, on donna plein pouvoir à la bureaucratie des directions d'usine et des syndicats ; au lieu d'étendre la démocratie ouvrière dans le parti, on étouffa le parti sous un appareil bureaucratique sans précédent. Pour réaliser cette politique de réaction, de « socialisme national », on entreprit une monstrueuse campagne de falsification, de suppressions, d'altérations, d'intimidations et de mobilisation de tous les éléments réactionnaires du pays contre les léninistes. Pour avoir lutté contre la croissance de la nouvelle bourgeoisie, l'opposition (bolcheviks-léninistes) fut exclue du parti, exilée, déportée, emprisonnée.

Cette politique eut comme contrecoup dans l'Internationale communiste une politique zigzagante de l'opportunisme à l'aventurisme, politique commandée par le parti russe représentant un pouvoir d'État. Ainsi Staline et Boukharine lièrent-ils les ouvriers et paysans chinois au pouvoir de Tchang Kaï-Chek, ainsi empêchèrent-ils les communistes anglais de lutter contre les traîtres à la grève générale ; ainsi, réagissant bureaucratiquement aux coups de l'opposition et à la pression de la classe ouvrière, l'appareil centriste sans politique propre entraîna-t-il les partis dans des aventures comme le putsch de Canton, le 1er août 1929, et toute sa philosophie de la « troisième période ».

La politique aventuriste de l'Internationale communiste trouva naturellement son correspondant dans l'aventurisme économique de la fraction Staline en URSS. Après avoir soutenu les koulaks pendant des années, les centristes ont voulu soudain le liquider en tant que classe en quelques années. Ils ont mis sur pied un programme d'industrialisation et de collectivisation de l'agriculture bureaucratiquement conçu et exécuté. Mais, tout essai de réaliser un programme de dictature prolétarienne et de liquidation de classe capitaliste sur la base de la théorie du socialisme dans un seul pays est voué à l'échec. C'est pourquoi le cours récent de l'appareil stalinien a obligé l'Opposition de gauche internationale à crier à la classe ouvrière du monde entier : la révolution russe est en danger, l'Union soviétique s'approche d'une période critique, il faut intensifier tous les efforts pour redresser son cours ! La pression bureaucratique arbitraire sur la collectivisation des campagnes, de l'agriculture a accentué les contradictions entre la ville et le village, entre l'industrie et l'agriculture. La ville, le prolétariat, est en train de perdre la direction du village. L'avant-garde est de plus en plus désorganisée ; dans le parti lui-même la désagrégation se poursuit dans deux sens : d'une part, la brèche entre l'appareil et la base est devenue un abîme et, d'autre part, la forte et nette distinction du parti comme avant-garde de la classe est en train de se perdre dans une tendance à dissoudre le parti dans la classe. Son niveau théorique a baissé : sa vie politique, son initiative ont été étranglées par l'appareil ; sa cohésion a été brisée par la semaine de travail ininterrompue qui ne prévoit pas de période de repos collectif. Les dangers de l'inflation deviennent chaque jour plus sérieux. Même l'appareil a été contraint à reculer devant les derniers résultats de sa course aventureuse. Mais toutes les expériences passées montrent que cette retraite n'empêchera pas que l'on tombe dans l'autre extrême : la passivité envers les classes hostiles au prolétariat, l'entraînement du parti sur la route liquidatrice de la droite. Maintenant s'est amorcé et commence à se développer largement un revirement de la politique suivie. Après une période de surexcitation aventuriste, les partis retombent, affaiblis et démoralisés, dans l'apathie et la routine opportuniste que l'on masque sous quelques phrases bureaucratiquement optimistes. En URSS, le XVIe congrès du Parti bolchevik vient de brimer la droite tout en reculant en désordre dans le domaine économique ; en Allemagne, en France, à la phrase stridente, à l'évocation des barricades à chaque moment de l'activité syndicale et politique succède la reprise aggravée des pratiques opportunistes : la passivité, l'hypocrisie et le mensonge au prolétariat.

Il faut savoir transformer cette retraite en une victoire pour la ligne de l'opposition et appeler les ouvriers à imposer à leur parti une tactique sérieuse.

L'Opposition de gauche internationale dit ouvertement aux ouvriers conscients du monde entier que l'Union soviétique, la dictature du prolétariat, l'Internationale communiste, avant-garde de la classe ouvrière, sont en danger, que le régime dominant en Russie et l'Internationale sont entraînés vers la catastrophe. Partout les militants communistes, les combattants révolutionnaires doivent rejoindre l'Opposition de gauche et relever le drapeau du bolchevisme.

Telle est maintenant la grande tâche, la tâche historique de tous les révolutionnaires, partout où ils se trouvent. C'est pour la réaliser que les groupes d'opposition communiste d'Europe et d'Amérique se sont réunis avec l'opposition (bolcheviks-léninistes) du Parti communiste russe afin de centraliser, d'éclairer et d'organiser la lutte. On l'accusera de vouloir créer une « quatrième internationale ». Cette accusation sans preuve ni motif ne nous arrêtera pas. Ce ne sont pas ces bureaucrates accusateurs qui ont fondé et construit l'Internationale communiste de Lénine. Ce ne sont pas eux qui ont hérité des enseignements de Lénine, ni de Marx, ni des leçons de la lutte révolutionnaire. L'héritage moral et politique de l'Internationale de Lénine, c'est l'Opposition de gauche internationale qui en revendique fièrement la possession. On ne pourra pas la lui arracher.

L'Opposition de gauche internationale est née du développement de l'Internationale communiste à laquelle elle est indissolublement liée par tout son passé. L'affaiblissement de l'Internationale communiste ne pouvait pas ne pas entraîner le développement de l'opposition. Les défaites subies et le renforcement de la social-démocratie ont atteint surtout l'aile gauche du communisme.

L'appareil central qui s'est renforcé avec l'affaiblissement du mouvement révolutionnaire utilisa tous les avantages de la situation. Ayant à sa disposition une presse puissante, le télégraphe, la radio, etc., il déforma systématiquement pendant plusieurs années les points de vue de l'opposition, la rendant, responsable de ses propres erreurs passées. Il jeta la confusion dans les rangs du communisme et c'est à ce prix qu'il atteignit son objectif, c'est-à-dire l'affaiblissement de l'aile léniniste de l'Internationale communiste.

L'Opposition de gauche internationale ne doit pas oublier son origine. Elle est née en URSS. Au début, elle était limitée par les conditions exceptionnelles de la dictature prolétarienne et, par la suite, par le régime d'étranglement bureaucratique du parti. Les points de vue de l'Opposition russe se répandirent fragmentairement, rendant par cela même extrêmement difficile la création d'une base idéologique commune. Ainsi, tandis que l'Opposition russe poursuivait la politique de redressement du parti sans heurts ni convulsions dangereuses pour la dictature, la gauche communiste des pays capitalistes était nécessairement obligée à une réserve extrême. Mais la bureaucratie centriste trouva le moyen d'écraser l'opposition par des méthodes d'organisation, toujours au prix de l'étranglement du parti. L'absence complète de démocratie dans l'Internationale communiste retarda longtemps le développement et l'éducation des cadres de l'opposition. Le travail théorique de l'opposition, ses analyses, ses appréciations, ses perspectives et ses mots d'ordre ne dépassaient pas des cercles assez restreints. L'absence de nombreux cadres, capables de travailler activement dans toutes les branches du mouvement ouvrier pour nos idées, facilita grandement la lutte du centrisme contre l'opposition.

Sans assez de cadres, sans contacts internationaux étroits, l'Opposition de gauche internationale se transforma, dans une première période, en un certain nombre de groupes nationaux dispersés, dont l'activité principale était la propagande. Chacun devait chercher sa voie par ses propres moyens. C'est dans ce fait que réside aujourd'hui le danger des désaccords, de l'irrésolution et de la limitation nationale. Il faut encore ajouter qu'à chacun de ses tournants le centrisme expulsa de l'Internationale communiste des éléments très divers et souvent de caractère opposé. Tous se revendiquaient de l'opposition, mais beaucoup d'entre eux la compromirent systématiquement par des manifestations d'opportunisme, d'anarcho-syndicalisme et de dilettantisme petit-bourgeois. Il suffit de nommer la fraction Urbahns qui, en Allemagne, a causé le plus grand dommage à la gauche communiste en s'acharnant à incarner les idées caricaturales que Staline prêtait à l'opposition. La France a été suffisamment riche en déformations des points de vue de l'Opposition de gauche. Ce phénomène s'est d'ailleurs présenté à des degrés divers dans la plupart des pays.

C'est ainsi que les mêmes conditions qui ont fait surgir la nécessité des progrès ultérieurs de l'Opposition de gauche ont amené un certain affaiblissement de celle-ci dans sa première étape.

Néanmoins, dans la période récente, il faut déjà enregistrer des succès tout à fait réels et le début d'un nouveau développement dans le sens de la cohésion internationale. Pour une large part, ils sont dus à un bon travail de délimitation idéologique, à un assainissement des esprits et des cadres. Dans certains cas, ce travail s'est accompli difficilement et sembla affaiblir l'opposition. Mais, en réalité, il a préparé la base sérieuse pour de nouveaux progrès, dans un proche avenir.

En France, la parution de la Vérité (en août 1929) et la transformation de la lutte de classes en revue mensuelle théorique combattant pour la Ligue communiste (opposition), qui est la fraction de gauche du parti, marquèrent un jalon important dans le développement de l'Opposition de gauche française. En Allemagne, l'année passée fut remplie par une lutte interne qui se termina par une scission inévitable dans le Leninbund. Ainsi, fut rendue possible la fusion des meilleurs éléments du Leninbund avec l'Opposition de Wedding et du Palatinat, dans l'Opposition unifiée du Parti communiste allemand. De cette façon, l'Opposition de gauche allemande est finalement assurée de progresser largement sur la voie de l'action politique. Déjà la parution de son journal bimensuel Der Kommunist et sa lutte ardente aux côtés des ouvriers du parti l'ont engagée sur cette voie.

Aux États-Unis et au Canada, l'opposition s'est levée après le VIe congrès mondial et réussit à transformer son organe central en un hebdomadaire combatif appuyé par la Ligue communiste d'Amérique, qui combat pour la régénération du parti.

Dans les derniers mois, l'Opposition de gauche espagnole a fait de grands progrès. C'est dans le feu de l'action qu'elle doit maintenant mener le combat dans les masses ouvrières et paysannes. En Tchécoslovaquie, un groupe se prépare à publier son propre journal.

Cependant, en Autriche et en Belgique, deux pays où l'Internationale communiste accumule les fautes, les défaites et l'impuissance et où la social-démocratie est particulièrement forte, l'opposition n'a pas réalisé, dans la dernière période, de grands progrès. En Belgique, il y a même un certain recul . Seule une discussion approfondie et une impitoyable critique des fautes commises feront de nouveau progresser l'opposition.

Dans le Parti communiste italien s'est levée une nouvelle couche ardente d'oppositionnels, convaincus de la nécessité de refondre le parti sur la base de la plate-forme de l'Opposition de gauche internationale.

Dans tous les pays où le communisme est ancré, où il gagne les meilleurs éléments révolutionnaires et où le centrisme le fait dégénérer, se lève l'Opposition de gauche. En Amérique du Sud, il existe deux groupes qui publient leurs propres journaux ; en Chine aussi, dans des conditions très dures, nos camarades ont engagé la lutte pour une juste politique dans la révolution prolétarienne. En Indochine enfin des cadres se lèvent qui formeront avec l'opposition le levain de la révolution prolétarienne.

L'Opposition communiste de gauche, quelle que soit sa force dans tel ou tel pays, ne peut se développer que dans un contact direct avec la marche réelle du mouvement ouvrier et avant tout avec la lutte révolutionnaire de l'avant-garde prolétarienne, avec le parti communiste. Grâce à la tradition de la révolution d'Octobre, le communisme officiel, sans tenir compte de son affaiblissement, réunit encore dans de nombreux pays la partie la plus active de la classe ouvrière. C'est pourquoi l'opposition rejette le mot d'ordre d'un second parti et d'une quatrième internationale. Elle se considère comme une fraction dont l'objectif est le redressement de l'Internationale communiste, sur la base véritable de Marx et de Lénine. Pour la même raison, elle ne s'écarte jamais de l'activité de l'avant-garde prolétarienne.

L'Opposition de gauche internationale prend position dans chaque question. Elle critique sans pitié les erreurs de politique de la direction officielle dans les démonstrations, les grèves, etc. En même temps, elle participe aux combats de l'avant-garde prolétarienne et gagne sa confiance sans faire de concessions d'aucune sorte aux leaders officiels. Durant les élections aux parlements, municipalités, etc., l'opposition appelle les ouvriers à voter pour les candidats du Parti communiste, en développant toutefois librement ses critiques et en essayant d'obliger les candidats à prendre des engagements politiques formels.

La politique générale de la gauche marxiste est facilitée par la formation d'une aile droite déclarée, expulsée par les centristes. L'opposition de droite a essentiellement un caractère national. Elle refuse de prendre position dans la question du caractère de la révolution russe. Son internationalisme se limite à l'échange de visites amicales entre chaque « groupe national ». Elle est guidée par le vieux principe social-démocrate : « vivre et laisser vivre ». Le type achevé en est fourni par le Parti ouvrier et paysan, formé en France il y a quelques mois après l'expulsion de quelques leaders municipalistes, parti qui s'achemine déjà ouvertement vers la social-démocratie.

La gauche communiste bâtit sa politique sur la base d'une analyse des développements du monde comme un tout. Il en découle la nécessité d'étudier chaque situation nationale dans toute sa précision concrète. Si, dans notre appréciation générale de la situation, nous procédons du général au particulier, dans notre action et nos luttes quotidiennes, nous procédons du particulier au général. Les particularités de chaque situation nous apparaissent d'autant plus précisément et concrètement que nous connaissons mieux le tout. _C'est pourquoi l'unification internationale de la gauche communiste est la prémisse d'une politique révolutionnaire juste dans chaque pays, c'est-à-dire pour l'utilisation révolutionnaire de chaque particularité nationale.

L'Opposition communiste de gauche, dont la première réunion internationale s'est tenue au mois d'avril 1930, appelle tous les ouvriers communistes, tous les militants révolutionnaires à rallier son drapeau. La crise profonde que traverse aujourd'hui le mouvement communiste, les tâches devant lesquelles elle est actuellement placée et qu'elle doit résoudre dans le plus bref délai exigent le renforcement du lien qui unit l'Opposition de gauche internationale.

Il faut que, par son action quotidienne, par la voie de ses journaux, aux côtés de l'avant-garde révolutionnaire, l'opposition entraîne les ouvriers communistes à entrer dans ses rangs et à y lutter avec énergie.

Rien n'y contribuera plus fortement que le lien profond qui unit et continuera d'unir toujours plus étroitement l'Opposition de gauche internationale dans la lutte révolutionnaire.

Vive la dictature prolétarienne en Russie !

Vive l'Internationale communiste de Lénine !

Vive la révolution mondiale ! 2.

La préconférence de l'Opposition de gauche internationale (4-8 février 1933)

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 1, p. 48–56 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

Une erreur sur cette page ?