Notre salut révolutionnaire va d'abord à tous nos camarades à travers le monde qui sont victimes de la répression du capitalisme et des dictatures totalitaires.
Le capitalisme aux abois déchaîne toute sa fureur contre ses adversaires les plus farouches, les militants de la IV° Internationale. Notre organisation est l'objet de la persécution la plus brutale et la plus impitoyable de la part des forces réactionnaires de la société capitaliste à l'agonie. Nos camarades ont été jetés dans les prisons et les camps de concentration des pays « démocratiques » comme des pays fascistes. Partout où la IV° Internationale représente ne serait-ce qu'une menace potentielle contre l'ordre établi, nos cadres ont été traqués, emprisonnés, torturés.
Pendant le déroulement de cette conférence extraordinaire de la IV° Internationale, les assassins staliniens ont fait irruption dans la maison des camarades Natalia et Léon Trotsky et ont criblé leur chambre de rafales de mitraillette. Robert Sheldon Harte, secrétaire et garde du corps placé auprès de Trotsky, a été enlevé et nous ne sommes pas encore fixés sur son sort.
Nous inclinons notre drapeau sur les tombes des camarades Rastrollo, Galan, Martin, Llarza et Cid qui ont été exécutés pendant la guerre civile en Espagne. Quarante autres camarades ont disparu — très probablement exécutés par le boucher Franco. D'autres sont dans les prisons de Madrid et de Barcelone, et dans les brigades de travail forcé. Aux centaines de nos camarades réfugiés qui souffrent aujourd'hui dans les camps de concentration en France, nous envoyons notre salut le plus chaleureux. Il ne se passera pas longtemps avant qu'ils soient libérés par la révolution prolétarienne.
Robert de Fauconnet, Aimé Pasque, Medeiros, Scalaios, Hans Freund, Isidor Fassner, Erwin Wolf, Ignace Reiss, Rossini, Léon Sedov, Rudolf Klement, Rigal, Schmitt, Boitel, Liber ! Vos noms sont inscrits sur notre drapeau !
Aux États-Unis, nous saluons tout spécialement les militants du Minnesota qui ont été persécutés par le FBI et condamnés par des tribunaux bourgeois au pénitencier fédéral. À travers toute l'Amérique latine, sous des dictatures sanglantes et archi réactionnaires qui ne survivent que par la vertu du soutien de Washington et de Wall Street, nos camarades sont exilés, purgent de longues peines de prison ou ont été assassinés. Mais loin de s'affaiblir, leurs voix résonnent, réaffirmant la foi inébranlable dans la victoire de notre cause.
De l'Indochine opprimée par l'impérialisme français, nos camarades traqués, emprisonnés, contraints à la clandestinité font cependant entendre leur voix : la voix indomptable des esclaves coloniaux qui continuent de rassembler leur force pour briser les lourdes chaînes de la démocratie impérialiste. En Chine, nos camarades, jusque dans les premières lignes où ils affrontent l'envahisseur japonais, sont poignardés dans le dos par les agents de Tchang Kaï-Chek et de Staline. Nos héroïques camarades grecs jetés par dizaines, dans les prisons des îles par Metaxás, lèvent haut et ferme, avec une vaillance admirable, le drapeau de la révolution socialiste.
Les camps de concentration et les prisons de l'Allemagne nazie sont remplis de militants dévoués, d'indomptables révolutionnaires trotskystes qui font résolument front aux hommes de main déchaînés de Hitler. Nos camarades en Autriche, en Tchécoslovaquie, en Pologne, au Danemark, en Norvège, en Belgique et en Hollande, souffrent sous la botte de Hitler. Certains d'entre eux ont été enlevés dans les territoires récemment conquis et déportés en Allemagne. Nous ignorons ce qu'ils sont devenus. Nous saluons ces jeunes révolutionnaires inconnus qui, en Russie, tombent sous les balles de la Guépéou en clamant encore « Vive Trotsky ! ».
Ni cette répression, ni ces tortures, ni ces assassinats ne nous arrêteront, car notre tâche est tracée par l'histoire et c'est notre programme invincible de révolution socialiste qui nous détermine et non pas les activités d'une police sadique, la terreur de l'État, si puissant et totalitaire soit-il.
La conférence extraordinaire de la IVe Internationale envoie un message de solidarité à tous les militants révolutionnaires jetés dans les prisons bourgeoises, que ce soient les prisons fascistes ou les prisons « démocratiques », ainsi que dans les prisons staliniennes. Elle appelle tous les camarades, tous les sympathisants et tous les prolétaires qui ont une conscience de classe à mettre en pratique leurs sentiments de solidarité avec tous les militants qui sont tombés victimes de la terreur stalinienne et de l'oppression capitaliste. Le salut de la révolution socialiste exige que ces militants si douloureusement éprouvés sentent qu'ils sont soutenus par une solidarité internationale active.
Le sacrifice d'aujourd'hui garantit le triomphe de demain. La révolution prolétarienne, victorieuse sous le drapeau de la IVe Internationale, vengera les camarades qui sont tombés et arrachera à leurs prisons ceux qui y souffrent.