Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Des scissions à la réunification 1952-1963 › Après le IIIe Congrès mondial (1952-1954)

Notre intégration dans le réel mouvement des masses : notre expérience et ses perspectives

janvier-février 1954 · Secrétariat international · Après le IIIe Congrès mondial (1952-1954) · 6 755 mots

In English: International Information Bulletin (IS), no. 2, Sep 1953, pp. 39-54 (fi-iib-archive/articles/2-sep-1953-intl-inf-bull/p040_04 + p054_05); inventory #31 (texte anglais publié, pas encore en ligne ici).

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Pour construire de véritables parlis marxistes-révolutionnaires de masse

Pour assurer ainsi la victoire de la révolution socialiste mondiale.

La tactique définie par le 3° Congrè i ï e di grès Mondial et ensuite par le 10° Plenum du ces est basée avant tout sur l'appréciation du caractère profondément r2volu-Pan a ve AT Jondamentdlement favorable à la Révolution 0 s forces international. Et ce é i ue ‘de l'impérialisme vers la guerre, Far ENT A SSRAURR elles-ci ne se font plus (comme jadis, avant la deuxiè i ( mé guerre sur la base d'un rapport des forces favorable à l'impérialisme “ la ne série de défaites du prolétariat et des masses coloniales.

Pour cette raison le 3° Congrès Mondial a estimé ë ’é É rès que même l'éclatement d que ne saurait maintenant signifier un recul décisif et durable de la lutte es classes, un acte de renforcement même momentané de l'impérialisme, mais tout Fee EP UIRnUe à faire face autrement aux forces montantes de la re ocialiste mondiale. La guerre porterait la lutte des classes à son

Si, malgré ces conditions et ces perspectives défavorabl ÿ ériali

0 : es pou celui-ci maintient son orientation et sa marche vers la at ed Jospacie organique à affronter autrement ses difficultés, à son impasse histo: rique. Au fait aussi que sa puissance essentielle réside dans l'impérialisme américain qui, lui, & la différence de tous les autres impérialismes, possède encore une vigueur économique et sociale tout à fait exceptionnelle aussi bien d'un point de vue relatif qu'absolu (par rapport à tout le passé du capitalisme) bien qu'elle soit nue par des contradictions plus explosives que jamais à échéance relativement

Dans ces conditions d'une période fondamentalement ré i

LC Ë évol e, d’ rapport de! forces international évoluant fondamentalement de Fa in se Révolution malgré l'orientation et la marche concrète de l'impérialisme à la guerre 0 ca Ra nant at Plenum du CE. ont défini une tactique de pénétration cour 7 ns pt et profondes que possible dans le réel mouvement des

Dans la définition de cette tactique nous avons tenu compte d idérati 1 € 4 € qu e fs supplémentaires qui découlent à la fois du caractère de la ent Pr pe forces, de l'orientation et de la marche de l'impérialisme à la guerre, des effets de cette situation sur le mouvement ouvrier international et de nos forces subjectives.

(@) Nous publions le 2 document soumis par le Secrétariat I î * s LS 4 nter! û discussion préparatoire au 4 Congrès mondial de l& IV* PIS Did précédent meméro, nous avons publié « Montée et déclin du stalinisme ».

QUATRIEME TNTERN ATI DIN ALE

Si, en tant que seule tendance marxiste-révolutionnaire, notre stratégie est la prise du pouvoir par le prolétariat et le triomphe de la Révolution socialiste sur l'échelle mondiale, notre tactique doit tenin compte des conditions objectives et subjectives concrètes afin diæuvrer à temps au rassemblement le plus efficace possible des forces révolutionnaires conscientes plus larges que les nôtres, et de former dans la fusion avec elles de grands partis marxistes-révolutionnaires.

Notre tactique vise en définitive à la création de tels partis révolutionnaires indispensables à la victoire rapide et totale de la Révolution socialiste mondiale.

Mais cette création, nous l'envisageons concrètement en tant que processus du mouvement propre de la classe même dans chaque pays, vers sa maturation politique à travers son expérience concrète, qui sera aidée d'un côté par les conditions objectives favorables de la période, et d’un autre côté par notre propre participation au mouvement réel de la classe, avec notre apport du programme, des idées et de notre action.

Nous ne pouvons ni ne voulons sauter les étapes, qui sont en partie déterminées pour chaque classe ouvrière par les caractéristiques spécifiques du capitalisme du pays (ses assises actuelles concrètes économiques, sociales et politiques) et les traditions politiques et organisationnelles du prolétariat, ainsi que par le caractère de la période.

Nous ne pouvons ni ne voulons conquérir la confiance politique de Ja classe et dé son avent-garde en restant en quelque sorte en dehors de ses formations de. masse qui expriment, à queloue niveau que ce soit, son mouvement politique actuel, en opposant exclusivement du dehors notre programme et notre action (en tant qu'exempies seulement). Te

Nous voulons faire plus, nous voulons fusionner dans Vaction avec Le mouvement de la classe à son niveau actuel. Nous disons dans Tuction, non dans le programme.

Au contraire, dans le domaine du programme, des idées, de la ligne politique, ce travail des trotskystes parmi les masses, leurs mouvements et leurs formations multiples, doit être plus strictement que jamais défini, clair, délimité, exempt de toute confusion, de toute altération provenant de pressions réformistes, centristes ou staliniennes.

L'actuel travail de masse des trotskystes (le seul travail qui mérite véritable-ment ce nom) n'aurait aucun sens si les trotskystes rassemblés mondialement en un parti international unique, la IV* Internationale, et dans chaque pays en orgamisation distincte en tant qué séction nationale de la IV: Internationale, ne pré servaient au plus haut degré leurs principes théoriques ct politiques, _n'élaboraient constamment leur ligne marxiste-révolutionnaire et ne trouvaient, indépendamment de tout le travail de masse au’ils font, le moyen d'exprimer et de défendre ouvertement, par des organes et des publications appropriées, le programme et la ligne intégrales du marxisme révolutionnaire, du trotskysme, de la IV* Internationale.

Dans le passé du mouvement ouvrier, y compris dans les débuts léniniens de ja IIIe Internationale, la principale difficulté consista à faire disparaître le sectarisme doctrinal des tendances vraiment marxistes-révolutionnaires qui s'opposaient, et qui en quelque sorte étaient réfractaires, à la participation totale sans réserves au réel mouvement des masses.

Mais en général dans l’histoire du mouvement ouvrier, la principale difficulté sur le plan de la tactique s'avère être celle d'un équilibre sain entre la rigueur programmatique nécessaire, absolument justifiée, de l'avant-garde, sa ligne vraiment marxiste-révolutionnaire d'une part, et som action parmi les masses qui doit être exempte de tout sectarisme ainsi que de tout recours au commandement bureaucratique d'autre part.

Agir pleinement dans la classe, pleinement avec la classe, tout en exprimant constamment à chaque étape del cette liaison intime, en tant qu'avant-garde, les intérêts généraux, historiques et conscients de la classe dans son ensemble, c'est la règle la plus difficile mais aussi la plus nécessaire pour l'existence, le développement et le triomphe définitif de la tendance marxiste révolutionnaire,

. Avec la tactique que nous avons élaborée au 3° C.M. et que nous appliquons actuellement, il n'est pas éxagéré d'affirmer que notre mouvement est en train de réaliser cette règle avec une compréhension jamais égalée dans l'histoire du mouvement ouvrier tout entier.

Nous prenons la classe telle qu'elle est dans chaque pays, avec ses particularités ; nous étudions ses mouvements naturels, nous y discernons les aspects progréssifs, et nous adoptons en conséauence notre tactique.

La forme nous importe peu; le contanu de classe, souvent déformé, latent ou même potentiel, nous importe décisivement davantage. Mais le découvrir exige déjà une maturation politique supérieure dont notre mouvement fait maintenant généralement preuve.

est ainsi par exemple que nous seuls avons pu correctement analyser le caractère de nombreux mouvements des masses exploitées dans les pays coloniaux et gemi-coloniaux, par lesquels passe nécessairement leur maturation politique; et join de les ignorer ou de les condamner, nous leur avons accordé toute l'importance

RS

QUATRIEME

INTER: N° ANTUT, O NASA, qu'ils méritent, le cas échéant en y intégrant nos forces et en suivant de l'intérieur l'évolution des masses vers un niveau supérieur (qu’il s'agisse du contenu progressif du peronisme en tant que mouvement anti-impérialiste et anticapitaliste des en an M.N.R. bolivien, de l'ibanisme au Chili, ou de la résistance du Vietminh, ete.).

Nous seuls aussi avons compris et délibérement choisi comme principal terrain de travail dans la classe le mouvement et les formations influencés soit par une direction réformiste, soit par une direction stalinienne dans les pays où le principal mouvement de la classe se trouve actuellement soumis à une telle influence.

. Ence qui concerne plus spécialement ces derniers genres de travail, notre tactique correspondante fut déterminée non seulement par le caractère de masse de <es mouvements et formations, mais surtout par la considération que ces mouvements et formations sous influence réformiste ou stalinienne ne sauraient échapper à ce cadre d'organisation dans la conjoncture présente, en l'absence de perspective d'un compromis général et durable, aussi longtemps que la « guerre froide » durera et œue la perspective d'une guerre tout court restera valable.

La crise chronique de ces mouvements et formations, qui a ses racnes dans la contradiction fondamentale entre les aspirations radicales, révolutionnaires même, des masses et la politique opportuniste et traîtresse de leur direction, loin de s'effacer aura tendance à s'aggraver, mais elle le fera dans leur sein car elle ést contenue par la perspective d'un combat général et décisif relativement proche, qu'il faut — selon les masses — affronter unis dans les rangs des grandes organiSationnelles traditionnelles. Ce dernier facteur s'applique essentiellement aux pays one la fin dé la guerre, la classe ouvrière a eu déjà un haut degré d'activité olitique.

D'autre part, les directions réformistes ou staliniennes d'importants mouvements et formations de masse, seront obligées, avions-nous dit, d'éviter d'aller clairement ou essentiellement à contre-courant, de gauchir relativement (par rapport à leur cours antérieur) leur politique dans ce climat objectif, facteur qui contribuera à éviter que la crise prenne un aspect organisationnel centrifuge provoquant d'importantes scissions et donnant lieu à d'importants regroupements en dehors <e ces mouvements et formations.

‘ Tout ceci a été plus que largement confirmé par l'évolution de toutes les organisations aussi bien réformistes que staliniennes de masse, Parmi les exemples les vlus frappants à ce propos, citons ceux du Labour Party et du bevanisme, et du Parti communiste français, ce dernier .vu à la lumière de la crise sans rupture organisationnelle tant soit peu importante provoquée par l'affaire Marty-Tillon, et du renouveau de son influence diffuse, Y at-il dés raisons de considérer que l’évolution récente de la situation internationale altérera tant soit peu considérablement ces considérations et ces perspectives ? Nullement.

Les divergences interimpérialistes, attisées par les difficultés que l'impérialisme dans son ensemble rencontre dans la préparation de sa guerre contre-révolution-maire, par la peur qu'il ressent, ainsi que par les mankeuvres diplomatiques des Etats anticapitalistes (offensives de « paix ») peuvent entraver, compliquer, perturber les plans de guerre et agir sur les délais et les modalités de déclenchement, mais ne peuvent pas aboutir à une véritable détente. à une « coexistence » relativement prolongée, à un compromis général et durable.

Car la base objective de celui-ci manque, L'offre d'un compromis consiste, pour les Etats anticapitalistes qu'influence toujours la bureaucratie soviétique, dans la « coexistence » sur la base de la division actuelle du monde, et pour l'impérialisme - l'impérialisme décisif des Etats-Unis en particulier — dans la réintroduction pour commencer dans le système capitaliste de la Révolution coloniale et des « démocraties populaired » européennes, Ainsi le climat de la « guérre froide >» ne pourra se transformer en définitive — compte tenu dés compromis limités passagers, toujours possibles — que soit en guerre chaude oui se généralisera, soit en l'isolement et, finalement, en la défaite certaine de l'impérialisme américain par la révolution intérieure seule, sans concours de guerre internationale majeure.

Dé ces deux issues de la « guerre froide » à envisager pour les quelques années qui viennent, celle qui est toujours de loin pratiquement la plus probable, nvec laquelle il faut toujours compter, c'est le déclenchement de la guerre contre-révolutionnaire de l'impérialisme. Cette issue devient dès maintenant possible, l'impérialisme étant sérieusement réarmé et acculé au risque d’être pris dans l'engrenage d'une crise économique et sociale totale, ainsi que de se trouver devant un rapport de forces international définitivement défavorable, au cas où il hésiterait dans les quelques années qui viennant à se lancer dans la guerre.

Pour cette raison, notre tactique plus particulièrement envers les mouvements et organisations de masses sous influénce réformiste ou stalinienne reste toujours parfaitement valable et nécessaire.

En £chématisant légèrement ici tout, ce qui a été écrit depuis le 3° C.M. sur a tactique afin de mieux présenter les idéas directrices èt faciliter leur assimilation profonde par l'ensemble du mouvement, nous dirons : ”

’ 1) La tactique de l'Internationalé pour pénétrer le réel mouvement des masses se développe dans trois directions :

EN T'EORUN A TT OÙ NUAÏD El

UATRIEME à) Indépendante.

b) Entriste au sein du mouvement et des formations sous influence réformiste.

c) Entriste sui generis au sein du mouvement et des formations sous influence stalinienne.

2) Dans chaque cas elle n'est qu'essentiellement telle (indépendante, entriste ou entriste sui generis), c’est-à-dire que comme orientation principale en direction d'un terrain de travail principal, selon les particularités du mouvement ouvrier dans chaque pays.

Le choix d’un terrain principal fait partie essentielle de la conception de notre tactique car il ne s'agit pas de mettre tous les terrains de travail possibles sur le même plan et d'entreprendre une action éclectique, mais de choisir délibérément un secteur essentiel et d'y concentrer le maximum de nos forces.

Ceci dit, il n’est pas exclu que des forces mineures soient: investies dans des terrains secondaires de travail, ou même däns des terrains qui, occasionnellement, à un moment donné peuvent nous procurer des gains rapides et relativement importants (par rapport à nos forces actuelles).

3) La tactique ne consiste seulement à choisir ou à être capable de choisir un Prat de aril Rte is à y élaborer une ligne de conduite conforme aux particularités de ce milieu et correspondant au niveau numérique et politique de nos forces. La tactique doit viser à nous lier avec les masses de ce milieu, à nous faire valoir tout d’abord comme des militants valables de ce milieu, à nous faire connaître ensuite comme ses éléments les plus à gauche qui s’efforceront d'acquérir une physionomie politique distincte, peu à peu, selon les occasions favorables et les possibilités, et à se faire ainsi connaître à la longue comme la tendance gauche par excellence de ces milieux. Si c'est une erreur de se brüler prématurément, d'agir avec impatience, d'une manière rigide, doctrinale et sans finesse tactique, il serait non moins dangereux à la longue de se cantonner dans une attitude estompant tout trait politique distinct de la physionomie politique moyenne de ces milieux, ou même de leurs courants centristes les plus à gauche.

4) Nulle part notre tactique ne vise à transformer des mouvements et des formations traditionnelles, réformistes ou staliniennes dans leur ensemble, en tant que tels, en partis marxistes-révolutionnaires.

Nous considérons toujours cette éventualité comme infiniment peu probable, et nous devons nous garder de semer, même indirectement, des illusions à ce sujet.

Nous considérons tous ces mouvements et formations comme des terrains de travail, des canaux par lesquels passe actuellement le mouvement politique majoritaire de la classe, des lieux que nous utilisons pour contacter la classe dans l'étape actuelle de son organisation et de sa conscience politique, et rien de plus.

Nous y œuvrons pour activer la politisation de la classe, nous lier à ses éléments les plus avancés, en dégager les forces révolutionnaires (qui ne pourront de toute façon que sortir de ces milieux) qui construiront (selon des rythmes et des formes encore imprévisibles) les véritables partis marxistes révolutionnaires de demain.

5) Dans tous les cas où nous agissons essentiellement à l'intérieur de mouveménts et de formations réformistes ou staliniennes, il est impérieux, sinon dès le début du moins après une première étape d'intégration, d'envisager et de réaliser la publication d'un organe véritablement marxiste-révolutionnaire, trotsxyste, qui défend ouvertement le programme et la ligne entière de la IV* Internationale, Cet ‘organe, il na faut pas le confondre avec les organes non intégralement trotskystes auxquels nous participons ou que nous nous efforcerons d'éditer à l'intérieur des mouvements et des formations, en particulier des formations réformistes ou centristes. Il s'agit de l'édition d'organes complètement ou essentiellement indépendants que nous nous efforcerons de publier et de faire vivre par nos propres moyens @ l'occasion avec l'assistance d'autres personnalités suffisamment proches d'un point de vue marxiste-révolutionnaire, non hostiles au trotskysme).

Dans le même ordre de considérations, le travail d'éducation marxiste révolutionnaire, trotskyste intégral, doit être considéré comme une tâche centrale permanente de nos sections, ainsi que la publication la plus abondante possible de littérature trotskyste (œuvres de I. Trotsky, brochures et livres sur notre ligne intégrale au sujet des questions politiques actuelles).

6) Toute notre tactique acquiert son sens le plus profond parce qu'elle est placée dans le cadre de notre perspective révolutionnaire. C'est parce que nous partons de l’appréciation que nous agissons dans une période profondément révolutionnaire caractérisée par un rapport de forces évoluant fondamentalement en faveur de la Révolution, et qui s'achemine vers une lutte décisive et finale dans des délais relativement courts (sans possibilités pratiques de recul décisif ou d'immobilisme prolongé), avec toutes les conséquences déjà analysées que ceci comporte sur l’état d'esprit des masses actuellement organisées dans ies grandes formations sous l'influence réformiste ou stalinienne, ainsi que sur la politique de ces directions, que nous mettons au premier plan de nos préoccupations et de nos.

D.

efforts, notre intégration rapide et totale 1à où se trouvent les masses, avec toutes.

les limitations de notre action totale, indépendante, en tant que groupes agissant totalement indépendamment, que cela comporte. 4

Si le caractère de la période était autre et autres ses conséquences au sein du mouvement ouvrier actuel et ses perspectives d'évolution, notre action au sein du mouvement et des formations de masse sous influence réformiste, et plus encore au sein du mouvement et des formations de masse soud influence stalinienne, n'aurait pas le même caractère que nous lui donnons actuellement.

Car en réalité le travail entriste ou entriste sui generis ne prend pleinement son sens que placé dans les conditions et les perspectives actuelles, qui font que les masses restent rassemblées dans ces mouvements et formations, y développant essentiellement dans leur sein leur radicalisation accélérée, inévitable, et au'elles mèneront avec ces mouvements et formations les premières étapes de leurs combats décisifs de demain.

7) L'Internationale ne peut et ne prétend pas indiquer dans ses textes et résolutions toutes lés modalités de la tactique à suivre dans chaque pays. Ceci est llæœuvre de chaque direction nationale qui doit être capable de donner un contenu concret aux lignes générales de la politique et de la tactique préconisées par l'Interrationale,

Aucune indication générale de l'Internationale ne dispense les directions nationales de fournir l'effort nécessaire pour saisir les particularités de leur situation pationale à une étape donnée et d'y ajouter en conséquence leur tactique.

Sur la base de toutes ces considérations, l'expérience faite jusqu'ici par les lifférentes sections de la tactique que le 3° Congrès Mondial et le 10° Plenum ont préconisée, est arrivée à un point où il est possible de dégager une série d'enseignements, de mieux préciser certains aspects, de signaler certaines tendances qui, en s'affitmant, pourraient s'avérer erronées dans l'avenir, et de mieux voir l'évolution future et les perspectives de la tactique.

Tout d'abord en ce qui concerne le travail indépendant, c'est-à-dire dans le pays et les cas où le réformisme et le stalinisme ne constituent pas des forces politiques importantes dans le mouvement ouvrier et, par conséquent, pas d'obstacles majeurs à la formation et au développement du parti marxiste-révolutionnaire.

Cette catégorie englobe les organisations de l'AMERIQUE LATINE en général — avec mention particulière du cas de la BOLIVIE — des pays COLONIAUX AFRICAINS, de la SUISSE, de la GRECE, des ETATS-UNIS et de CEYLAN. En Suisse, cependant un travail plus poussé en direction du mouvement et des formations socialistes serait sérieusement à envisager. En Grèce, c'est l'illégalité complète actuelle ainsi que la dislocation organisationnelle du mouvement sous influence stalinienne qui déterminent un travail des trotskystes en direction de tout mouvement ou formation légale ou semi-légale polarisant des courants impor. tants des masses, et dans l'étape immédiate, plus particulièrement en direction du Parti socialiste et des syndicats, N

Pour une série de ces organisations, le travail essentiel indépendant à faire ne signifie pas qu, dès maintenant, d'une manière rectiligne, sans détours éphémères tactiques, on pourra agir exactement comme le véritable parti révolutionnaire des masses. Il signifie plutôt une orientation vers ce but, qui peut se réaliser sans détours majeurs de travail entriste dans une organisation réformiste ou centriste construite entre temps, pour certaines conditions d'évolution qui nous apparaissent à l'étape actuelle comme les plus probables, et pour le maintien desquelles, en tant que telles, nous jetons le poids de notre propre action très décidée dans cette direction.

Mais il est d'autre part peu probable que, même là où le réformisme et le stali. nisme aëtuellement ne constituent pas d'obstacles politiques majeurs, le mouvement de maturation politique des masses se développe en ligne directe vers sa polarisation autour de nos noyaux actuels.

Un travail de plus ou moins longue durée, essentiellement axé dans te] ou tel milieu qui polarise à l'étape actuelle le mouvement des masses, à n'importe quel niveau, est nécessaire.

T1 en est ainsi, par exemple, en ce qui concerne le mouvement peroniste en ARGENTINE, ou d'Ibanez au CHILI, ou d'autres mouvements de type particulier, à direction souvent encore petite bourgeoise, à programme national-démocratique révolutionnaire confus, qui attirent à l'étape actuelle les masses dans des pays Comme la COLOMBIE, le VENEZUELA, le BRESIL, plusieurs pays du MOYEN-ORTENT, ou les colonies africaines.

D'autre part, aux ETATS-UNIS, la perspective que la première vague de politisation des masses puisse se concrétiser dans la formation d'un Labor Party basé sur les syndicats reste naturellement toujours essentielle. Elle impliquera, dan un tel cas, de la part de l'organisation trotskyste, un travail entriste au sein de cette organisation. j

INTERNATIONALE.

ndant, dans tous ces cas, la tactique de travail essentiellement indépendan a den cie s'exprime par l'existence distincte, indépendante, de l'organisation trotskyste, avec sa presse indépendante et ses appels politiques directs Le ess ï t à sa manière d'agir pratiquement aussi en tant que parti marxiste-beats des masses, elle dépend des conditions concrètes dans chaque pays, äu moment politique précis, et naturellement des forces de Se y s'agit dans chaque cas concret d'établir un équilibre sain, raisonnal e entre les re obisctives et subjectives et, en définitive, entre l'agitation et la propagande. : se a

En ce qui concerne plus particulièrement la BOLIVIE, où l'expérience et les possibilités d'un travail indépendant furent poussées plus loin que partout ailleurs avec un succès si remarquable et si prometteur, la _principale remarque à faire est la suivante : Dans tous les cas où nos organisations sont appelées par le développement révolutionnaire de leur pays respectif à jouer effectivement dès maintenant leur rôle de véritables partis révolutionnaires de masse, elles ne pourront s'acquitter avec succès de cette tâche que dans la mesure où elles _arriveront à forger dans le combat une organisation solide qui prendra profondément racine dans les milieux de la classe ouvrière et de la paysannerié pauvre. S ' :

conquête des masses pour la Révolution ne pourra se faire seulement ee du rame et des idées, si large que soit l'influence diffuse du parti, mais dans l'organisation et la mobilisation quotidienne des masses par les membres du parti, recrutés, vivant parmi elles. Renforcer, prolétariser le parti, former de nouveaux cadres, transformer l'organisation tout entière en instrument de combat, davient une tâche essentielle dans tous les cas où la qualité et le rôle du parti sont, à partir d’un certain moment, la condition de la victoire. 4

Ces remarques sont aussi valables pour l'organisation cinghaluise qui a besoin de resserrer les mailles de sa structure organisationnelle, de s'aguerrir, de se prolétariser et de se politiser.

En ce qui concerne les ETATS-UNIS, l'organisation trotskyste subit les effets dé la conjoncture économique favorable à la bourgeoisie et du .climat. politique réactionnaire accentué par la victoire de l'administration républicaine, en contraste aigu, frappant, avec tout le reste du monde, La tâche essentielle pour elle consiste à faire face avec la plus grande ingéniosité tactique à la difficile étape actuelle, tout en ne facrifiant en rien ses chances d'avenir, Cela veut dire que, tandis que toutes les possibilités d'activité et de recrutement doivent être ingénieusement exploitées pour rompre l'isolement et sortir de la stagnation, ne fût-ce que sur une échelle très modeste (selon les conditions de lieu et de moment), elle doit maintenir et renforcer sa présence au sein des grandes organisations syndicales, du C.LO. en particulies, dans le creuset desquelles se forge toujours le destin politique des grandes masses américaines, et y exploiter au maximum toute chance, toute possibilité d'activité syndicale, d’agitation et de mobilisation des masses, ne fût-ce que pour leurs revendications les plus élémentaires, où pour des tâches d'agrandissement de l'organisation syndicale ou de meilleur fonctionnement de celle-ci.

Un rapport sain, raisonnable doit être maintenu entre l'activité propagandiste et agitationnelle directe, le travail dans les syndicats et le travail dans tout milieu donnant des chances de contact avec des éléments évolués, de recrutement relative. ment immédiat. C'est là le test de l’ingéniosité, de la souplesse et des capacités de pese Etats-Uni i li titude peut uant aux rspectives de l'évolution aux ats-Unis, si l'incertitude

Rs durer Et temps en ce qui concerne le changement de la conjoncture économique et sociale actuellement favorable dont bénéficie la bourgeoisie du pays, l'impasse vers laquelle s'achemine internationalement celle-ci ne se place pas non plus à une échéance considérablement lointaine. Si les difficultés que l'impérialisme rencontre actuellement internationalement entravent ses projets de gusrre et réussissent à le faire hésiter et à ajourner pour une période le déclenchement de la guerre, la crise économique et sociale risque de se précipiter à l'intérieur des Etats-Unis. ‘

Dans le cas où ces difficultés précipiteront au contraire Washington dans la guerre, le rapport des forces international si défavorable à l'impérialisme se fera vite sentir avec le même résultat de crise sociale d'un caractère encore plus aigu en ce qui concerne la situation intérieure aux Etats-Unis. : Le est dire que, de toute manière la perspective de l'impasse vers laquelle s'ache-RES malgré AE l'impérialisme américain dans des délais relativement courts, et les conséquences qui en découlent, doivent constamment éclairer l'orientation de l'organisation américaine.

En ce qui concerne le travail en direction des mouvements et formations sous influence réformiste : À ’

Une série d'organisations sont sérieusement et avec un succés remarquable plongées dans ce travail, mr

QUATRIEME. INTERNATIONALE

Elles l’accomplissent en général avec intelligence et souplesse, sans tomber dans le praticisme et l'opportunisme,

Cependant la première phase d'intégration dans ces mouvements et organiSations ayant été plus ou moins accomplie, il esf{ nécessaire d'une manière générale dans tous ces Cas de réaliser et d'assurer bientôt la parution et l’existenes d'un organe théorique intégralement trotskyste, c'est-à-dire un organe qui développe intégralement notre ligne et qui trouve toute occasion de mentionner le nom et lœuvre de L. Trotsky, le nom, l'existence et le programme de la IV Internationale, ét d'attirer l'attention sur elles, Une telle publication ne doit pas être naturellement confondue avec les organes non intégralement trotskystes édités ou à éditer à l'intérieur et à l'usage du travail à l’intérieur de ces mouvements.

Parallèlement à cette tâche doit se développer l'activité en matière de publication de toutes ces organisations, qui s'efforceront d'éditer dans la langue de leur pays des ouvrages de notre littérature trotskyste, ainsi que des écrits de nos dirigeants nationaux sur les problèmes du mouvement ouvrier de leur pays.

D'autre part l'éducation marxiste-révolutionnaire et trotskyste en particulier de leurs cadres et membres en général doit être comprise comme une tâche essentielle, permanente qui doit se faire et se parfaire au moyen de cours, d'écoles, de conférences, de journées d'étude, de lectures organisées et systématiques.

La question du recrutement se pose comme un problème à peu près pour toutes ces organisations. Si dans une première étape cette question doit être subordonnée à la tâche primordiale de l'intégration et de la sécurité, il est aussi évident qu'ultérieurement, l'amplification du travail nécessite un nombre accru de membres et que, de toute manière, celle-ci ne pourra être envisagée, maintenue et poursuivie sans accroissement de la fraction trotskyste proprement dite,

L'idée de pouvoir influencer, rt encore plus, diriger un large mouvement de masse sans un accroissement de la fraction trotskyste s'avérera totalement inopérante et peut donner lieu à une fausse conception de l'ensemble du travail entriste.

L'attention pour certains pays doit être attirée sur quelques recommandations particulières

En ANGLETERRE c'est la tâche des trotskystes de rassembler autour d'un ôrgane marxiste-révolutionnaire intégral, vivant, actuel, tous les éléments Fn évolution effective ou potentielle du réformisme. du centrisme ou du stalinisme, vers les positions marxistes révolutionnaires intégrales.

La compréhension de ces positions est et sera encore plus grandement favorisée par toute l'évolution propre du mouvement ouvrier anglais, qui baigne dans la conjoncture révolutionnaire internationale, de plus en plus marquée et favorable,

En ce qui concerne le travail en direction des mouvements et formations de masse influencés par le stalinisme :

Nous faisons dans ce domaine une expérience nouvelle. Bien que le travail dans cette direction ait commencé relativement tardivement, avec des forces limitées, insuffisamment préparées et surtout sans expérience préalable concrète de ce nouveau milieu de travail, les résultats obtenus jusqu'ici sont concluants et satisfaisants.

Il s'est déjà avéré, comme on l'escomptait, que ce travail est possible, permet une intégration rapide d'éléments cantonnés auparavant dans l'isolement, dans le mouvement et les formations qui, dans tous ces pays, polarisent de très loin la majorité des masses actives et pour la première fois leur transformation en dirigeants de secteurs ouvriers incomparablement plus importants et plus prometteurs que par le passé.

Il s'est avéré aussi que les principales difficultés dans ce domaine de travail ne proviennent pas tellement des obstacles mis à leur intégration par la direction stalinienne (au moins pour tous les éléments qui n'étaient pas nationalement connus comme étant parmi les principaux cadres trotskystes) mais de ia jeunesse et surtout de l'inexpérience de plusieurs d'entre eux dans la manière pratique de se comporter dans ce nouveau milieu, ainsi que dans un réel travail dé masse.

Malgré ces obstacles, qui sont surtout d'ordre subjectif, un grand nombre de militants dans ces pays a déjà pu s'intégrer, assurer des responsabilité: de direction à différents échelons, se transformer sur le plan du comportement indi-widuel, ce qui a amené aussi une transformation déjà tangible du climat général de nos organisations dans ces pays.

Particulièrement intéressants sont les résultats obtenus dans le travail syndical et l'activité de ces militants dans les usines, la nouvelle tactique leur ayant permis

‘de rompre effectivement l'isolement, de se lier à la masse plus large des ouvriers influencés par les staliniens,

Mais tout ce qui n été dit en ce qui concerne le travail entriste au sein du mouvement et des formations de masse sous influence réformiste (y compris la ouestion du recrutement) est encore plus valable en ce qui concerne le travail entriste’ sui gOnerix,

Dans cette première étupe qui visait à l'intégration de ces militants et à leur valorisation en Lant que militants parmi les plus valables et actifs, il était presque inévitable que l'activité du secteur indépendant se ralentisse.

- Le travail entriste proprement dit ne peut acquérir pleinement son sens que s'il est éclairé constammènt par lé travail du secteur indépendant. Par conséquent, la question d'établir un rapport sain et raisonnable entre les deux secteurs est très importante et doit être constamment revue par les directions. En particulier, l'activité publicitaire de nos organisations par l'édition aussi fréquente que possible de leurs journaux et revues intégralement trotskystes, l'édition de livres et de brochures de la littérature trotskyste, ainsi que leur diffusion la plus ample possible, est une tâche qui ne peut en aucune manière se ralentir. Au contraire elle doit s'affermir et se développer davantage. Seule l'entrée dans la guerre déterminerait un changement d'un tel rapport entre les secteurs indépendant et entriste, beaucoup plus marqué en faveur du dernier.

D'autre part le travail entriste, au fur et à mesure qu'il se développe et plonge plus profondément des militants dans les milieux influencés par les staliniens et les porte à des échelons de direction supérieurs, fera parallèlement sentir sur eux une pression grandissante de ces milieux qu'il s'agit de combattre par l'élévation constante du niveau théorique et politique de nos membres, et en réalité leur transformation en véritables cadres trotskystes, en pleine possession des bases programmatiques, de la ligne et des perspectives de l'Internationale.

Seule une telle éducation, seule une telle transformation de nos organisations faisant du travail entriste, en réalité en organisations de cadres, peut immuniser ces militants de toute influence corruptrice réformiste ou stalinienne.

L'Internationale dans son ensemble réalise actuellement les progrès les plus importants depuis sa naissance. Elle est en train de marcher presque partout avea le réel mouvement des masses, ne se distinguant de lui qu’en tant que sa conscience marxiste-révolutionnaire.

En persévérant dans cette voie, elle prépare dans le cadre de nos perspectives révolutionnaires précises, son triomphe définitif,

A ceux qui objectent que notre tactique nous dissout dans les différents mouvements et estompe, sinon efface, les perspectives de l'Internationale en tant que telle; nous répondons :

La IVe Internationale fut lancée après que das événements historiques culmi-mant dans la défaite sans combat du prolétariat allemand devant Hitler (dans les années 1928-1933) eurent démontré qu’il était alors absolument illusoire de concevoir une régénération théorique marxiste-révolutionnaire de la III Internationale dominée par le stalinisme, c’est-à-dire par l'idéologie de la bureaucratie soviétique.

La proclamation de la IV* Internationale ne fut pas un acte arbitraire, mais un acte nécessaire qui découlait de la logique des événements, qui correspondait aux nécessités nouvelles. Elle représentait la formulation claire et la défense pratique, par des fractions de militants marxistes-révolutionnaires conscients dans les tinq continents, du programme du marxisme révotutionnaire trahi et abandonné par les staliniens.

€e programme du reste n'est pas statique, élaboré une fois pour toutes. Sur la base d'une série de principes du marxisme révolutionnaire formulés par Mars et Lénine, ét ensuite par Trotsky, il s'élabore constamment, il se développe, il s'enrichit de la nouvelle expérience révolutionnaire des masses et de nouveaux développements mondiaux, Mais pour qu'il puisse se maintenir tel, c'est-à-dire vivant; assimilant constamment de nouveaux éléments, il doit exister non en tant que texte intangible élaboré par tel ou tel, mais en tant qu’activité théorique et politique collective d’une avant-garde prolétarienne révolutionnaire mondiale, participant effectivement au mouvement et aux luttes des masses,

D'où la nécessité de la IV* Internationale conçue non seulement en tant que programme mais aussi en tant qu'avant-garde organisée du prolétariat international, sans organisation de laquelle le programme risque de rester lettre morte <t de s'ossifier. /

D'autre part, il ne faut pas minimiser l'utilité et l'efficacité de l'action de groupes restreints de militants révolutionnaires, même dans l'immédiat, même là où ils représentent encore de toutes petites minorités de la classe et de ses formations politiques.

La IV‘ Internationale n’a pas agi seulement en tant que programme, en tant que force vivante pouvant continuer à élaborer le programme du marxisme révolutionnaire, mais aussi en tant que force politique agissant dans l'immédiat, semant - des idées justes, catalysant les énergies révolutionnaires de la classe dans des domaines spécifiques capables d'entraîner toute la classe, facilitant la progression vers le véritable marxisme révolutionnaire d'éléments centristes encore confus de toute l'avant-garde prolétarienne.

T1 suffit de regarder dans l’activité quotidienne des sections de la IV* Interna: tionale de par le monde dans le passé pour s’apercevoir de la justesse parfaite de cette appréciation du rôle de la IV* Internationale. Nous avons semé des idées justes, nous avons contribué à catalyser l'énergie révolutionnaire des masses à telle époque, dans tel pays, dans telles usines, dans tel syndicat, nous avons contribué à faciliter l'évolution vers le marxisme révolutionnaire d'éléments confus, centristes de l'avant-garde. (Résultats du travail entriste dans le passé par exemple).

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Ducs)

QUATRIEME

Mais le rôle dd la IV° Internationale ne se limite pas même à cela. Dans la mesure où la montée révolutionnaire mondiale s'amplifie et s’achemine vers la victoire mondiale de la révolution prolétarienne et du socialisme, le programme et l’organisation de l’Internatsonale s'affermiront.

La victoire mondiale de la révolution prolétarienne et du socialisme ne peut pas se concevoir comme la somme arithmétique de victoires partielles obtenues par le programme et les formations centristes. Elle sera la victoire du marrisme Tévo-lutionmaire intégral.

Le processus objectif révolutionnaire, l'extrême aggravation de la crise du capitalisme, son auto-décomposition en quelque sorte, peuvent faciliter ici ou là la prise du pouvoir, la victoire par un parti même centriste. Mais on ne peut, pas concevoir la victoire mondiale du socialisme comme l'effet de victoires partielles, conjoncturelles, exceptionnelles, d'un tel genre

En réalité, la qualité du programme, des idées, de la direction de la révolution, doit changer, se rapprocher d'un programme et d’une direction marxiste-révolution. naire afin que la révolution, atteignant les régions et les masses économiquement et culturellement plus développées, y gagne et s’y consolide, . Dans ce sens l'évolution vers la victoire mondiala de la révolution et du socialisme se rapproche de la IV° Internationale, Elle se rapproche tout d'abord sur le plan du programme et des idées. Car le programme et les idées de la IV” Interna-gone ne sont autres que ceux du marxisme révolutionnaire appliqué & notre ‘poque,

Quiconque s'engage sérieusement dans la révolution, malgré ses tâtonnements et égarements empiriques, est obligé de se rapprocher plus ou moins de ce programme ot ces idées, Le développement de la révolution coloniale et de la victoire en Chine en. particulier, démontre, par exemple d'une manière magistrale, la justesse de la théorie trotskyste, marxiste-révolutionnaire de la révolution permanente. Ainsi le P.C. chinois s'est vu obligé d'infléchir pratiquement sa politique dans un sens qui rejoint des positions fondamentales du trotskysme,

La logique de la situation internationale, de son évolution, nous pouvons le dire, est lrotskysSte, quatrième internationaliste,

À une étape supérieure de la révolution mondiale, maintenant inévitable, la conversion du programme et des idées encore confuses, centristes, au véritable marxisme révolutionnaire, c'est-à-dire trotskyste intégral, apparaîtra encore plus claire, En ce sens la victoire inévitable du programme et des idées de la IV" Internationale est inséparable de ta victoire mondiale de la révolution.

Mais que dire de la IV® Internationale en tant qu'organisation 7

Naturellement la victoire mondiale de la révolution ne sera pas l'œuvre exclusive des noyaux nationaux actuels de la IV* Internationale, mais de leur fusion intime avec des forces révolutionnaires plus larges. De cette fusion surgiront les nouveaux partis révolutionnaires de masse de demain, ainsi qu’une nouvelle forme du parti mondial, de l'Internationale,

Dans ce processus organique, notre contribution est à la fois celle du programme, des idées Et des cadres. Malgré leur nombre restreint, les cadres trotskystes constituent des noyaux importants, dans certains endroïts déjà même décisifs, pour la formation des partis révolutionnaires de masse, Et ceci non seulement à cause de leurs idées mais aussi, et peut-être plus, à cause de leur incrustation déjà sérieuse dans le réel mouvement des masses dans chaque pays.

Là où le mouvement des masses est en quelque sorte indépendant, où ni le stalinisme ni le réformisme ne constituent d'obstacles majeurs, les trotskystes doivent jouer et jouent déjà (comme en Bolivie, en Amérique latine en général, à Ceylan, etc.) le rôle du véritable parti révolutionnaire de masse, de qui dépend dans les quelques années qui viennent la victoire de la révolution dans ces pays.

Ailleurs, ils agissent à l'intériéur du réel mouvement des masses influencé par les réformistes ou les staliniens, en tant qu'éléments conscients catalyseurs à la fois de l'énergie révolutionnairé des larges masses et des processus moléculaires qui s'opèrent dans la conscience des éléments les plus avancés. ?

Ainsi, en résumé, nous pouvons dire que le rôle de la IV* Internationale à consisté et consiste à maintenir vivants, en élaboration constante, le programme et les idées du marxisme révolutionnaire, à catalyser par l'activité quotidienne de ses membres incrustés dans le réel mouvement des masses de chaque pays l'activité révolutionnaire d'au moins certains secteurs de la classe, de faciliter la progression idéologique d’autres éléments encore confus de l'avant-garde afin de gagner des forces révolutionnaires plus larges pour la construction de partis révolutionnaires à marxistes de masse dans ces pays, de mener dans certains pays, dès maintenant, la lutte à la tête des masses pour la prise du pouvoir et la victoire complète de la révolution.

Ainsi la IV! Internationale apparaît, aussi bien sur le plan du programme qu® de l'action, comme la force organisée la plus consciente qui contribuera le plus eff nue à la victoire mondiale complète de la révolution et du socialisme, + Cette victoire, d'autre part, en se réalisant s'identifiera avec la victoi _IV* Internationale. ei RE +

Source : Quatrième Internationale, vol.12 n°1-2, janvier-février 1954 · scan (Radar, 16-014-00064).

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