Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Amendements présentés par la délégation du POR argentin à la résolution sur l'Amérique latine (rejetés)

Third World Congress, Paris, late août–early septembre 1951 · Le IIIe Congrès mondial (16-25 août 1951) · 1 678 mots

In English: Amendments Submitted by the Delegation of the Argentine POR to the Resolution on Latin America (rejected) — traduction assistée par machine.

Chapitre L Considérations générales.

Troisième paragraphe : « à travers la première guerre impérialiste (...) en Uruguay, au Chili. »

1. Supprimer Mexique : étant donné que 50 % de la population paysanne a une petite

intervention dans le marché, comme vendeur et acheteur.

2. Modifier la rédaction pour montrer comment, avant la guerre impérialiste de 1914-

1918, les relations capitalistes étant déjà prédominantes en Argentine (la plupart des

plus importants frigorifiques étaient déjà construits, ainsi que l'usine argentine

d'espadrilles, les grandes entreprises d'électricité, les brasseries, beaucoup d'usines

métallurgiques, de céréales et les principales voies de chemin de fer existaient déjà, la

vie du capitalisme tournait entièrement autour des banques et des entreprises

financières). À partir de « relations capitalistes de production (...) », changer comme

suit : « elles ont accéléré le rôle prédominant des relations capitalistes de production

dans tous ces pays (...) ».

Quatrième paragraphe : « En même temps (...) les caractériser comme des pays capitalistes. » Supprimer et changer comme suit : « Pendant ce processus de développement capitaliste, de modification en faveur du capitalisme indigène et d'industrialisation, on a pu vérifier ces phénomènes :

a) une entrée de masse du capital yankee, investi de façon préférentielle dans l'industrie

latino-américaine ;

b) apparition des capitaux indigènes qui ont légèrement modifié le capital investi dans

l'industrie au profit du capital national (approximativement entre 70 et 80 % du

capital investi en ce moment dans l'industrie argentine est impérialiste) ;

c) liens économiques, techniques, chaque jour plus importants entre les capitaux plus

forts nationaux et les secteurs impérialistes ;

d) la crise économique terrible de l'impérialisme européen et de l'impérialisme en

général, énormément accélérée par la dernière guerre impérialiste, et la faiblesse de

la bourgeoisie indigène ont obligé les impérialismes européens et l'impérialisme en

général à transférer vers les pays latino-américains les chemins de fer et d'autres

grandes entreprises qui ne leur procuraient pas des bénéfices, seulement des pertes,

et ce pour alléger le poids de la crise. Ceci a modifié sensiblement le rapport existant

entre ce qui est investi dans les pays latino-américains en faveur du capitalisme

national.

Chapitre I.b. Les causes historiques de cette structure.

Premier paragraphe : « Cette structure combinée et variée (...) à celle du Portugal. » Supprimer : « (...) L'Espagne féodale et cléricale (...) » et remplacer par « Une Espagne et le Portugal insuffisamment développés du point de vue capitaliste ; c'est ainsi que ces pays, leurs rois et leurs bourgeoisies joueront un rôle d'intermédiaires entre le capitalisme méditerranéen d'abord, et anglais-français ensuite. » Cette modification est indispensable car autant l'Espagne que le Portugal, lors de la conquête de l'Amérique, agissent sous l'influence du développement capitaliste de l'Europe occidentale et après avoir liquidé l'influence des seigneurs féodaux de leur pays. Mais la contradiction résidait dans le fait que l'Espagne et le Portugal n'avaient pas, atteint le développement du capitalisme national, ni un grand développement de la production, ses secteurs capitalistes les plus importants étaient les exportateurs de laine du nord de l'Espagne, les commerçants et les maisons financières de Barcelone, de Valence, du sud de l'Espagne et de Lisbonne (Portugal) qui étaient liés intimement à Gênes et aux Függers.

Paragraphe 2 : « La conquête espagnole a fractionné (...) et surtout l'impérialisme. »

a) Ajouter aux oligarques fonciers, les commerçants, qui étaient réellement la classe qui

avait démarré la libération et les liens avec l'impérialisme britannique, pour être ensuite

remplacée ou obligée de partager avec l'oligarchie foncière cette relation et cette

domination.

b) Modifier tout le paragraphe en précisant : « Les colonisations espagnoles et portugaises

se ressemblent, elles n'ont pas un caractère féodal mais capitaliste formel, c'est-à-dire

qu'elles font conquêtes et colonisations, non pas pour implanter le féodalisme mais pour

lier ces régions au marché mondial et les faire travailler dans ce but, et ce, avec les

meilleurs techniciens de l'époque ; mais ils ne peuvent pas établir des relations

capitalistes de production étant donné les conditions antérieures. Dès le début de la

colonisation, les conditions d'un développement combiné très élevé existent, ainsi que le

travail pour le marché mondial et dans le seul but d'obtenir des gains. Mais ces

conditions sont basées sur des relations de travail esclavagistes ou semi-esclavagistes et

ne créent pas un marché intérieur. La différence essentielle entre la colonisation

portugaise et espagnole réside dans le fait que la première, n'ayant pas de main-d’œuvre

indigène ni d'exploitations minières, doit avoir recours à la main-d’œuvre noire et au

travail agricole. Pour l'Espagne, c'est le contraire. Le retard de l'Amérique latine, sa

division, même dans le cas du Brésil, vu que ce pays n'est que formellement une colonie

et ensuite un pays unifié, est dû à la relation étroite et à la dépendance par rapport au

marché mondial et non pas au caractère féodal de la colonisation. C'est pourquoi les

régions portugaises et espagnoles de l'Amérique tournent autour de ports liés à l'Europe

et de productions nécessaires à ce marché. Le rôle des grands exportateurs et des

producteurs pour l'exportation est caractéristique des pays latino-américains depuis le

début de la colonisation et se poursuit tout au long de l'histoire de l'Amérique latine. Ce

qui n'élimine pas les caractéristiques féodales, mais elles dépendent de ses liens avec le

capitalisme mondial. Pour ces raisons, qui sont en général les mêmes que dans le sud des

États-Unis, ne surgissent ni un grand marché interne ni une grande bourgeoisie

industrielle latino-américaine, ce qui a permis que les rebellions contre la dépendance

vis-à-vis de l'Espagne et du Portugal caractérisant le XIXe siècle soient récupérées par les

oligarques fonciers et les commerçants créoles et surtout par l'impérialisme. »

Chapitre I, alinea d. : « La lutte de classes et les forces motrices de la révolution en Amérique latine. »

Paragraphe 2 : « Dans la classe dominante (...) commerçante et industrielle. » Ajouter : « (...) Une couche importante de propriétaires fonciers (...) et de grands producteurs capitalistes liés à la terre et aux exploitations fondamentales du pays ».

Paragraphe 3 : « Entre ces couches (. .) dans les pays plus industrialisées. » Ajouter à la fin : « comme conséquence du développement du marché intérieur ».

Paragraphes 4 et 5 : « Par ailleurs (...), une résistance face à celui-ci. » Les modifier comme suit : « Les relations des différentes couches de la bourgeoisie nationale avec l'impérialisme et avec chacun des secteurs impérialistes, changent selon l'attitude qu'adopte l'impérialisme ou un secteur impérialiste — par rapport à elles et avec la mobilisation de masse. Il n'y a donc pas une attitude permanente d'un secteur, par exemple la bourgeoisie industrielle, qui lutterait constamment contre l'impérialisme, il y a une attitude relative, qui dépend de la relation existant à un moment donné.

« La production bourgeoise nationale (pour le marché interne et mondial) et le marché interne dépendent en Amérique latine de façon substantielle et ferme des exportations et de la production tournée vers ce but. Voilà la différence entre les pays latino-américains et d'autres pays coloniaux ou serai-coloniaux en Asie, la Chine ou l'Inde. Par ailleurs, la production industrielle spécialement consacrée au marché intérieur, les tissus, les produits métallurgiques, etc., dépend des machines, des pièces de rechange, de la matière première impérialiste, c'est-à-dire des capitaux impérialistes.

« Le développement du marché intérieur constitue non seulement une condition nécessaire pour la bourgeoisie industrielle, mais aussi pour les capitalistes liés à la production de la terre, qui remplacent, ou tendent à le faire, les marchés impérialistes avec leurs restrictions et leurs crises dans la vente de leurs produits.

« Les vieux impérialismes européens étaient et sont toujours de bons acheteurs des produits latino-amérirains et de mauvais vendeurs : des produits manufacturés compétitifs de production nationale, des machines et des produits de l'industrie lourde sont beaucoup plus chers L'impérialisme yankee est un mauvais client, mais il vend mieux : il ne fait pas une compétence aussi directe à l'industrie légère des pays latino-américains et les produits de l'industrie lourde sont à un meilleur prix ; par ailleurs, c'est le seul impérialisme qui ait des capitaux à offrir aux bourgeoisies nationales.

« Les pays latino-américains, avec un développement industriel important, et avec une production agricole et d'élevage et de mines destinée au marché mondial sont directement liés à l'impérialisme, leurs achats portent atteinte à l'industrie nationale et an marché intérieur, ainsi que leurs demandes de capitaux. Par ailleurs, ce sont justement les bourgeoisies de ces pays, avec un développement industriel assez important, qui ont les meilleures possibilités de spéculer avec l'impérialisme

« La bourgeoisie contrôle la production nationale de ces pays (agricole, d'élevage, industrielle), surtout son secteur plus fort agricole, a des frictions avec l'impérialisme, notamment yankee, mais qui ne prennent un véritable caractère de lutte contre l'impérialisme que quand sa propre existence est en danger. »

Chapitre III « Tâches générales et spécifiques du mouvement prolétarien marxiste révolutionnaire en Amérique latine »

Tâches générales. Paragraphes 4, 5 et 6 : « Quant au socialisme

une position plus à gauche. » Remplacer par : « Les conditions de vie des masses sous le régime actuel, les pousseront à se polariser autour des partis qui lui paraîtront être plus à gauche. Voilà pourquoi en Amérique latine, dans l'actuelle période de polarisation et d'accroissement des luttes ouvrières et populaires, le stalinisme recevra du renfort, car il apparaît comme un parti qui s'oppose dans ses programmes aux pactes avec l'impérialisme et plus à gauche ».

Les paragraphes 4 et 5 continuent : « Seule l'absence prolongée de véritables partis marxistes prolétariens révolutionnaires peut favoriser le développement du stalinisme ou d'autres partis petits-bourgeois dans ces pays-là. »

Tâches spécifiques. Sous-chapitre Argentine, paragraphe 2, ajouter : « démocratisation des syndicats » et « indépendance vis-à-vis de l'État ».

Sous-chapitre Chili, paragraphe 2, ajouter dans la première phrase : « Nous étudierons, étant donnée la faiblesse de notre pénétration dans le mouvement ouvrier, les avantages de faire un travail préalable dans les milieux éloignés ou qui ont de faibles liens avec le stalinisme, avec le but d'utiliser ces mêmes secteurs dans le travail général que signale la résolution ».

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 4, p. 223–226 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

Une erreur sur cette page ?