La IV: Internationale fait appel aux travailleurs du monde entier pour qu’ils se dressent contre la répression brutale exercée par la dictature du Chah d'Iran, ramené au pouvoir en 1953 avec l’aide de la C.I.A.
Le tribunal militaire condamne lourdement quiconque est soupçonné d’opposition. A la fin de 1965, deux étudiants accusés sans preuve aucune de complicité dans une tentative d’assassinat du Chah furent condamnés à mort ; la sentence ne fut pas exécutée à la suite de protestations mondiales, mais ils sont emprisonnés à vie.
En mars 1966, quatre condamnations ont été prononcées sous Faccusation de «haute trahison » et de tentative d'organisation d’un parti d’opposition à la monarchie constitutionnelle. Les condamnés sont le professeur K. Maleki à trois ans de prison, et trois membres du Comité Central de la Ligue des Socialistes Iraniens, Reza Chayan, fonctionnaire, à 18 mois de prison, Ali Chansi, ouvrier du bâtiment, à 18 mois de prison, Hossein Sarchar, employé de banque, à 12 mois de prison. Le professeur Maleki, âgé, gravement malade, fut en particulier accusé d’un acte commis 32 ans auparavant et pour lequel il avait été déjà condamné en 1934 à sept ans de travaux forcés.
Plus récemment encore, le tribunal militaire a condamné 54 jeunes Iraniens : l'un, Boudjourni, à la peine de mort, sept aux travaux forcés à perpétuité, et 46 autres à des peines allant de 6 mois de prison à dix ans de travaux forcés.
Tous les procès ont eu lieu pratiquement à huis clos, et en l'absence de garanties élémentaires pour la défense. Fréquemment les accusés avaient été soumis à la torture par la Savak, police politique de la dictature. Des avocats et des journalistes venus de l'étranger n’ont pas été admis à suivre les sessions du tribunal.
I1 faut mettre un terme à cette répression. IL faut arracher la liberté pour toutes les victimes du Tribunal militaire de Téhéran !
La IV: Internationale appelle toutes les organisations ouvrières à participer aux nombreuses actions de protestation qui ont déjà été engagées, à les multiplier, à intervenir auprès des ambassades d'Iran, du Ministère de la Justice à Téhéran pour exiger la libération de tous Jes prisonniers politiques iraniens,
Le 15 avril 1966.