Documents de la IVe Internationale

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Des scissions à la réunification 1952-1963 › Le IVe Congrès mondial et après (1954-1957)

L'étape actuelle de la situation internationale et les tâches de la IVe Internationale (résolution politique)

juillet 1954 · IVe Congrès mondial · Le IVe Congrès mondial et après (1954-1957) · 7 829 mots

Allemagne Grande-Bretagne

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Les documents du 4° Congrès Mondial

I

L'étape actuelle de la situation internationale et les tâches de la IV° Internationale (Résolution politique)

L'étape à laquelle parvient maintenant la situation mondiale est caractérisée par: — l'acheminement de l'économie capitaliste restaurée et qui est en train a épuiser le stimulant des dépenses d'armement, vers la déprassion et la crise; l'aggravation dans ces conditions de la concurrence entre capitalistes pour les marchés ; la création d'une puissante machine de guerre de l'impérialisme, de l'impérialisme américain en particulier, prête à fonctionner avec un grand rendement ; l'isolement accentué des forces impérialistes réactionnaires au sein dés masses prolétariennes et coloniales ; les progrès de l’économie du camp anticapitaliste et la nouvelle orientation donnée à la politique économique, aux conséquences ultérieures politiques et sociales importantes, dans les pays oui le composent ; la montée des masses dans ces pays, en interaction puissante avec la montée révolutionnaire des masses dans les pays capitalistes métropolitains, coloniaux et semi-coloniaux. + Au fur et à mesure que cette étape se dévelopera, sa dynamique sera celle d'un affermissement plus puissant du rapport de forces global en faveur de la Révolution. Elle ouvre, en effet, les perspectives de nouvelles explosions révolutionnaires en Europe même — en France et en Italie en particulier, au Japon, dans les pays coloniaux et semi-coloniaux, dans la mesure où l'économie capitaliste s'enlssrait À ression. TER Feie en même temps se préciserait la tentation de l'impérialisme, de l'impérialisme américain en particulier, d'éviter le désastre d'une crise économique majeure en précipitant la lutte armée, en vue de provoquer ainsi la défaite décisive de la Révolution et de réaliser sa domination mondiale. F En effet, sur la question précise des perspectives ét des délais de guerre, la différence essentielle entre la période qui précéda le conflit de Corée, ou celle où se produisit ce conflit même, et l'étape présente cônsiste dans J'existence actuelle d'une machine de guerre et de préparatifs de guerre de l’impérialisme considérablement avancés, et la menace de crise de l'économie capitaliste qui se concrétise à la suite de l'épuisement très avancé du stimulant des dépenses militaires et du réarmement, Nous entrons ainsi dans une période critique de ce point de vue qui, tout en pouvant, dans certaines conditions, s'étaler sur quelques années, peut aussi dans autres conditions, particulièrement dans le cas d’un vrai danger de crise économique majeure, voir se précipiter la lutte armée générale.

LA SITUATION ECONOMIQUE MONDIALE lannée 1954 s'est ouverte pour les pays capitalistes sur un horizon économique Duche de toutes parts et orageux. L'économie américaine, stimulée jusqu'à présent par les énormes dépenses militaires en particulier ainsi que par l'extension du crédit à l'intérieur et à l'extérieur, atteint de nouveau un plafond. $ s C'est en réalité de cette question que dépendra pour beaucoup la politique d'ensemble de l'impérialisme américain. Dans la mesure où celui-ci aura ie sentiment de“pouvoir contrôler le recul économique et le maintenir dans des limites relativement restreintes, il pourra étaler toujours ses plans de guerre. Mais au cas où il se verra menacé d'une crise brusque, il risquera de perdre le contrôle de lui-même écipiter la lutte armée. . SR dont dispose l'impérialisme américain afin d'éviter une telle chute grave sont encore puissants: disponibilités et crédits militaires supplémentaires, autres dépenses étatiques possibles pour travaux publics, construction, prêts à l'étranger afin de relancer le commerce mondial et les exportations américaines. Le degré de conscience auquel est parvenu l'Etat capitaliste en matière de fonctionnement de l’économie et du rôle de son intervention, ‘est infiniment supérieur à celui presque inexistant des années 30. x Ë Toutes cés considérations doivent inciter à la prudence quant à la forme et à l'ampleur du recul économique amorçé aux Etats-Unis. Elles ne doivent pas cependant faire disparaître la constatation principale : TR à — les conditions générales de l’économie américaine et capitaliste mondiale

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Sont actuellement celles du déclin de cette économi rÉ À à crise éeono een mie et du mürissement d'une I autre part, une dépression même relative par rapport aux sommets actuel de l'économie américaine pèsera lourdement aussi bien aux Etats-Unis a srtouts Ge dot ou rs amplifiée, sur le reste de l’économie capitaliste, A x en effet elle aussi parvenue d s l = ration des Ro ne P: ans son ensemble au niveau de satur conomie capitaliste européenne stagne et est incapable de trouver un no élan. L'exception de l'Allemagne est due à l'importance des besoins de son HRRDE intérieur, si dévasté 7 la guerre, et aux succès remportés dans sa concurrence contre les autres capitalistes, Mais elle aussi est en train d'atteindre un plafond. en pourra cependant lui accorder, pour un certain temps, un nou-L'économie capitaliste européenne ne prosresse La plus dans son ensemble. Le FREE partiels d'un pays se traduisent par le recul d'un autre sur les Harchée MOnGiaux. Des palliatifs à cette Situation des pays européens n'existent que dans le ir où il y aurait de nouvelles dépenses militaires, financées en premièr lieu par les nl A Un QU toners Est-Ouest, de toute manière limité. ke eme-Orient, le Japon, ayant restauré son économi, marchés d'antan, est menacé d'une crise sans issue. ir Doi d’entre eux qui caressent toujours 1’ iti de faire progresser leur industrialisation, Manque désespérérement d. re et sont obligés, pour les obtenir, de se plier aux exigences de Washington.

Les progrès de 1 économie du camp anticapitaliste contrastent avec l'essouffle-ment et la dépression qui s'emparent de l’ensemble de l'économie capitaliste. La comparaison risque de devenir encore plus accablante précisément durant cette période de déclin et de crise de cette dernière qui est ressentie avant tout par les masses travailleuses des pays capitalistes, coloniaux et semi-coloniaux.

.. D'autre part, dans la mesure où persisterait la nouvelle politique économique inaugurée par les successeurs de Staline, comportant un développement plus équilibré de l’économie, un renforcement de l'industrie légère productrice d'objets de consommation, et une amélioration de l'agriculture collectivisée, ainsi que des rapports économiques entre l'Etat prolétarien et la paysannerie, et une extension des rapports commerciaux avec le marché capitaliste international, elle pourrait effectivement améliorer considérablement le niveau de vie des masse détendre les rapports avec la paysannerie, et préparer une évolution plus normale de l'ensemble de l’économie vers des niveaux supérieurs. Cependant, plus l'économie gestion de l’économie, participation qui ne peut être obtenue s F < du Donvasr pe de la bureaucratie, is PRE EEE < reconstruction économique de la Chine nouvelle, tout en n’en étant encor qu'à des débuts très modestes par rapport aux véritables besoins de l’immense ; semble être comprise d'une manière plus juste qu'au temps des épigones de Lénine

2 ini peut assurer une marche moins saccadée et moins pénible pour les masses-

LES RAPPORTS INTERNATIONAUX

Tandis que la coalition impérialiste dirigée par Washington mainti: 10} à front contre les Etats du camp soviétique, que M ÉaLe américain non tieulier renforce et étend le réseau de ses bases aériennes et navales et des alliances militaires de par le monde, enveloppant de manière plus serrée ue E Sens ur les marchés mondiaux ainsi que les

2 s inter-im es en géné É i sance ele général s'avivent chez les principales puis-ans les pays coloniaux et semi-coloniaux la résistance des mass à RE et aux régimes de compradores là où ils Sxistent, ne faiblit Ayant restauré leuf économie et épuisé en grande i ë L Lui s : partie le palliatif d directe américaine, les principales puissances capitalistes luttent me ie he dors en ne elles RAR à disponibles, avec une virulence d’au-exacerbée qu'elles se sentent menacées r FH er £es par l'approche de la crise et par

Naéiisée 0

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QUATRIEME

Le fardeau du réarmement que leur impose Washington, les restrictions au commerce avec l'Est, combinés au protectionnisme toujours rigoureux du marché américain et à la pénétration constante de Wall Street dans leurs propres marchés coloniaux et même métropolitains, ne font qu'attiser davantage les tiraillements inter-impérialistes.

Le relèvement de l'Allemagne heurte directement les intérêts des bourgeoisies anglaise et française dans des régions aussi importantes, entre autres, que le Moyen-Orient, l'Amérique latine, les pays de l'Est.

Le Japon dispute à l'Angleterre les marchés îe l'Extrême-Orient et même de l'Afrique.

Les Etats-Unis commencent à sentir eux-mêmes les contrecoups désagréables de la restauration, avec leur propre aide, d'économies capitalistes concurrentes.

Une expansion de leur part sur le marché mondial beaucoup plus importante que celle d'à présent, pourrait atténuer la menace de crise aux États-Unis. Elle se heurte cependant aux mesures protectionnistes des autres puissances capitalistes —- la zone sterling et la balkanisation économique de l'Europe étant parmi les plus grands obstacles dans ce domaine — ainsi qu'à l'incertitude politique et sociale règnant dans les pays coloniaux et semi-coloniaux

Au premier plan des antagonismes interimpérialistes se placent celui qui existe entre les Etats-Unis et l'Angleterre et celui qui existe entre la France et l'Allemagne,

Dans son expansion mondiale, l'impérialisme américain butte fatalement sur le camp. économique retranché qu'est la zone sterling. Cependant, usant de sa ‘supériorité militaire écrasante Sur l'Angleterre, 11 cherche et arrive à attirer dans son orbite des Dominions (Canada. Australie) et des pays coloniaux et semi-coloniaux sur lesquels s'exerçait jadis l'influence prépondérante de Londres,

C'est dans les pays islamiques du Moyen-Orient et de l'Extréme-Orient (Egypte, Irak, Iran, Pakistan) que Washington est actuellement en train de supplanter l'influence anglaise.

Appuyés sur les positions qu'ils ont acquises en Espagne, au Maroc en Turquie, les Etats-Unis poussent leurs tentacules à travers les pays islamiques ci-dessus mentionnés, jusqu'aux frontières des Indes.

Cette politique leur procure à la fois des avantages économiques par l'exploitation des richesses de ces pays et l'ouverture de leur marché, et des avantages militaires,

Le réseau des bases aériennes et navales et des alliances militaires américaines s'étend aux régions les plus propices au développement de la stratégie périphérique qui retient la préférence de l'état-major américain comme étant la plus conforme avant tout aux intérêts et aux possibilités de l'impérialisme américain. Ce réseau permet d'autre part d'exercer une pression accrue aussi bien sur les alliés suscep-

- tibles de défaillance, comme la France et même l'Angleterre en Europe, ainsi que sur l'Inde en Extrême-Orient qu'il s'agit de faire se départir de sa politique neutraliste actuelle et d'incorporer dans le système militaire occidental,

L'Angleterre enregistre cette évolution en y résistant, mais de manière inefficace. Elle est, en définitive, obligée d'y céder et de la subir en $’arrangeant pour sauvegarder une position de brillant second. Elle compte à ce sujet plus particulièrement sur l’aide que peut lui apporter le commerce est-ouest, le commerce avec la Chine en premier lieu, et sur la pression qu'une telle politique de sa part peut exercer sur Washington. :

La France ne subit pas moins la pression des Etats-Unis qui s'exerce sur elle à travers une importante aide financière (guerre d'Indochine, commandes off-shore), la peur que lui inspire une Allemagne réarmée et appuyée par Washington, et la précarité de plus en plus grande de ses positions en Afrique du Nord.

L'antagonisme France-Allemagne a ses racines dans le déséquilibre économique entre l'Allemagne capitaliste qui a retrouvé son dynamisme d'antan et la France capitaliste en perte de vitesse constante. Les tentatives d'une partie de la bourgeoisie française pour maintenir l'Allemagne divisée et surtout démilitarisée et sous tutelle, sont en définitive vouées à l'échec. ‘

Elles ont cependant jusqu'ici réussi à retarder le réarmement de l'Allemagne et nourrissent toujours les efforts — ét les illusions — dé la diplomatie du Kremlin de diviser de manière importante sur cette question la coalition atlantique.

La France est placéa, ainsi que l'Italie, au centre de la nouvelle crise révolutionnaire.

La crise coloniale, l’épuisante guerre du Vietnam, l'appareil productif restreint et vétuste de la métropole, les frais exagérés de distribution qui grèvent les produits, par surcroît souvent concentrés entre les mains de monopoles malthusianistes, sont autant de causes qui affaiblissent l'impérialisme français et nourrissent le mécontentememnt et la révolte des masses.

La désunion et la faiblesse de la bourgeoisie qui en résultent se reflètent dans l'incapacité de celle-ci, malgré l’approfondissement de la crise, à constituer un Etat fort à façade parlementaire, et encore moins une dictature militaire ou . fasciste. Ceci ne veut pas dire que, dans les coulisses, les pires forces réactionnaires ne machinent pas de tels projets ; mais, devant la base de masse très restreinte que de telles tentatives risquent de trouver, et au contraire devant l'hostilité des masses ‘sous forme active et révolutionnaire qu'elles catalyseraient, ces forces hésitent toujours et reculent.

En réalité l’ensemble de ces conditions caractérise une situation pré-révolution-

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INTERNATIONALE A]

QUATRIEME naïre en France, grosse d’explosions brusques. L'obstacle principal pour qu'une telle situation évolue en une situation carrément révoutionnaire qui poserait et résou- -drait la question du pouvoir, réside dans la couardise et la trahison des directions traditionnelles social-démocrate et stalinienne du prolétariat. C'est le refus de celles-ci de s'unir dans l’action pour des objectifs de classe, dans la perspective et le but d'un gouvernement commun, en dehors de toute alliance avec la bourgeoisie, afin d'appliquer un programme minimum de revendications prolétariennes et anticapitalistes, qui estompe les perspectives des masses et décourage celles-ci.

Mais la pression des masses sur ces directions, nourrie par les conditions: intolérables et sans amélioration possible auxquelles les condamne le régime capitaliste décrepit, ne se relâche pas. Elle agit à l'intérieur de ces partis, sur la masse de leurs militants et de leurs cadres moyens, particulièrement sur ceux du parti communiste, accélère leur politisation et les pous£e à l’action résolue aux côtés des masses et pour des objectifs de classe.

Les directions traditionnelles veulent et espèrent circonscrire les luttes dés masses dans le cadre de leurs propres objectifs restreints capitulards. Mais ia dynamique de ces luttes dans les conditions présentes dépasse ces objectifs et ouvre la perspective révolutionnaire, celle de la Révolution prolétarienne, de ses objectifs, de son programme.

En Italie, les problèmes insolubles du chômage et de la réforme agraire, conjointement à la stagnation de la production et à la cherté de la vie, condamnent chaque jour d'une manière plus criante le régime capitaliste responsable,

L’instabilité gouvernementale s'est emparée aussi de la bourgeoisie italienne, malgré l'appui qu'elle reçoit du Vatican. citadelle de la réaction, et de Washington. L'équilibre politique parlementaire est rompu paf la masse renforcée du front unique des communistes et des socialistes nenniens d'une part, et par les fascistes de l’autre. Seule la politique timorée des directions Togliatti-Nenni éternise l'équivoque, l'immobilisme et en définitive risque de travailler objectivement au renforcement des courants réactionnaires et fascistes.

Restaurée dans sa puissance économique, l'Allemagne capitaliste ne peut se résigner ni à sa division actuelle ni à la perte des territoires de l'Est. Elle s'achemine vers la reconstruction, sous une forme ou une autre, le sa force militaire, reconstruction qui seule peut prolonger la conjoncture économique favorable actuelle — qui sinon toucherait à-sa fin — et lui offrir la base d’une politique étrangère dynamique, correspondant à sa puissance réelle sur l'échiquier international.

La position économique et militaire centrale de l'Allemagne fait d'elle une fois de plus la plaque tournante de la situation européenne et des rapports Est-Ouest. Intégrer l'Allemagne remilitarisée dans la coalition occidentale est un objectif majeur de la.politique américaine. Neutraliser l'Allemagne, d’une manière où d'une autre, est par contre l'objectif majeur de la politique soviétique en Europe. A

Dans ces conditions Sa remilitarisation effective. signifiérait une aggravation certaine de la situation internationale et rapprocherait singulièrement les délais d'éclatement de la troisième guerre mondiale.

Cette remilitarisation reste également l'objectif numéro 1 de la bourgeoisie allemande sur le plan intérieur ; sans elle, cette bourgeoisie ne dispose pas d'un ‘appareil d'Etat effectif face au mouvement ouvrier pratiquement uni dans les syndicats et la social-démocratie. Si les élections parlementaires ont permis à Adenauer de consolider ses positions grâce à l'appui des classes moyennes satisfaites par le « boom » économique, elles ont également montré la polarisation de classe des forces politiques qui, dès un changement de la conjoncture économique, ou à l'occasion d'une crise politique (unification) ou financière, risque de déclencher une puis sante montée du mouvement ouvrier.

L'Angleterre trouve de plus en plus de difficultés à maintenir le niveau économique auquel elle est parvenue à la suite de l'effort tenace fourni par ses masses

- sous les gouvernements travaillistes d'après-guerre et de la conjoncture jusqu'alors favorable pour son expansion sur les marchés mondiaux.

La baisse des prix et la mévente des matières premières de ses colonies (dont la vente lui procurait la plus grosse partie de ses revenus en dollars). la concurrence à nouveau acharnée de l'Allemagne et du Japon, les efforts de ses propres masses prolétariennes pour revaloriser leur pouvoir d'achat détérioré par l'augmentation du coût de la vie à laquelle a abouti la politique économique lite libérale des tories, sont autant de causes qui essouffient l'économie anglaise et l'acheminent vers la dépression. La perspective d'un nouveau gouvernement travailliste entamant des réformes anticapitalistes réelles, est ainsi ouverte. P

Au MOYEN-ORIENT, l'Egypte et l'Iran sont deux places où agissent de puissants ferments révolutionnaires. Dans les deux pays les forces indigènes réactionnaires s'appuyant sur l'impérialisme américain cherchent à mater ia résistance des masses par la violence et la dictature, parées de couleurs anti-impérialistes. Mais elles sont toujours loin d'avoir stabilisé la situation.

En Iran la faillite de la politique inconsistante, à la fois opportuniste et sectaire, du parti Toudeh a facilité la chute de Mossadegh à droite. En Egypte, Neguib essaya de freiner les dangers des réformes Sociales commencées par iui-même, en voulant faire des concessions au vieux régime féodocapitaliste et obtenir une aide diplomatique et financière de Washington. Cette tentative fut entravée par l'action des: masses. Ceci s'exprima dans le conflit Naguib-Nasser.

Dans les colonies françaises de l'AFRIQUE DU NORD et les colonies britan-

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QUATRIEME LEN PE CR-NR AMI RO ENS PILE niques en AFRIQUE NOIRE, les mouvements émancipateurs des masses indigènes, malgré une répression féroce et l'impotence de leurs directions bourgeoises ou petites-bourgeoises, ne fléchissent pas. La phase de la lutte armée a commencé dans ces pays. À . C'est l'AFRIQUE DU SUD qui gémit sous la férule de Malan, archi-réactionnaire et raciste, et qui devient dans ces conditions la base de prédilection des états-majors impérialistes pour toute l'Afrique. È

En EXTREME-ORIENT, la guerre de libération du Vietnam se développe victorieusement brisant les efforts vraiment colossaux qu'a fait la coalition impérialiste pour vaincre. La victoire du Vietminh insufflera un nouvel élan à toute la Révolution coloniale,

Aux INDES, la situation économique empire, et chaque jour la banqueroute de la politique intérieure du gouvernement du Congrès ne devient que plus évidente. C'est la politique extérieure « neutraliste », « pro-asiatique » et « anti-impérialiste » personnelle de Nehru qui contribue encore à donner du prestige au régime auprès des masses. Mais le pays s'achemine de toute manière inexorablement vers [a crise révolutionnaire. Seule ja crise de la direction révolutionnaire des masses imprime au processus un rythme démesurément saccadé et tortueux.

L'INDONESIE se trouve dans une position analogue, quoique la situation économique y soit meilleure et la misère des masses moins effrayante. Cependant, les perspectives économiques inquiétantes, la mainmise et la pression toujours grandes de l'impérialisme hollandais sur le pays, la faiblesse de la bourgeoisie indigène, empêchent la stabilisation d'un ordre politique bourgeois central et éternisent l’agitation révolutionnaire.

De tous les pays &Evtréme-Orient, le JAPON est le plus proche de l@ crise révolutionnaire.

Ayant restauré son économie, mais restant privé de ses marchés d'antan, trai-nant encore dans £a structure sociale de puissants vestiges féodaux, le prestige de ses classes dominantes étant fortement entamé par la défaite, il arrive de plus en plus difficilement à contenir le mécontentement et la révolte de ses masses encore plus appauvries et exploitées.

En AMERIQUE LATINE, tandis que les gouvernements féodaux-capitalistes ou céux de la bourgeoisie industrielle qui nourrit des velléités d'indépendance nationale, se courbent à nouveau, sous la pression de la Conjoncture économique défavorable, devant les exigences de Washington, principal acheteur de leurs produits et principal prêteur des capitaux dont ils ont impérieusement besoin, les masses sont en train de franchir une étape dans leur politisation et dans une prise de conscience de classe plus claire. «

Dans certains pays, comme en Bolivie, au Guatemala, en Guyane britannique, le mouvement révolutionnaire des masses à atteint un haut niveau. Il n'est freiné que par l'impotence de sa direction actuelle petite-bourgeoise et la faiblesse encore marquée du parti marxiste-révolutionnaire, particulièrement dans ces deux derniers pays.

L'évolution de la situation en AMERIQUE DU NORD jette son ombre sur l'ensemble de la situation du monde capitaliste et la situation internationale en général. Marquée par la menace grandissante de la dépression et de la crise économique, et par l'accentuation du climat intérieur réactionnaire depuis la victoire républicaine, elle représente de loin la base réactionnaire la plus importante et la plus active dans le monde. .

L'état-major de la classe capitaliste des Etats-Unis qui, sous Eisenhower, gère plus directement que jamais les affaires du pays, s'efforce de mater à i'intérieur toute réaction possible des masses et d'interdire tout esprit critique, afin de soutenir ainsi plus efficacement sa politique internationale d'expansion mondiale, de lutte active contre tout nouveau progrès de la Révolution, et de préparation à la guerre générale contre-révolutionnaire.

Dans le cadre de ces préoccupations le mac-carthysme est une tentative de polariser le mécontentement, le désarroi et l'incertitude des masses petites bourgeoises américaines citadines et paysannes et de couches très arriérées du prolétariat devant la tension internationale, les perspectives de guerre et la menace de crise économique, et de donner ainsi une base de masse à la politique de réaction et de guerre de la bourgeoisie américaine. À Ë

Sa menace ne se préciserait cependant que dans le cas d'une dépression prolongée, jetant dans le désespoir des millions d'hommes, ainsi qu'avec l'éclatement de la guerre. La bourgeoisie américaine tient dans ce sens constamment en réserve le mac-carthysme. mais d'autre part elle hésitera longtemps à le lancer contre la force organisée et encore intacte du prolétariat dans les syndicats et à provoquer ainsi leur résistance et leur hostilité ouvertes. Il est, par contre, plus probable qu'elle continuera à se servir du mac-carthysme comme un moyen de pression pour renforcer son Etat et empêcher la politisation des ouvriers organisés, tout en leur accordant des concessions économiques afin de mieux les associer à la préparation et à l'effort de guerre.

La situation dans les pays du camp anticapitaliste est contradictoire ot complexe. Les raisons fondamentales qui agissaient du temps de Staline pour nourrir le mécontentement des masses et leur opposition au régime politique — bureaucratique et policier — subsistent toujours d'une manière générale. Mais d'autre part l3 disparition de l'homme qui incarnait le despotisme et qui, de toute manière, par son rôle

QW ÜUATRIEME INTERNATIONALE bonapartiste spécifique au sein de la bureaucratie, faisait obstacle àu développément des nouvelles tendances créées par les progrès économiques et culturels accomplis en URES, et à leur jonction avec les succès révolutionnaires internationaux, a rendu la situation plus fluide.

Ses successeurs sont soumis d'une manière plus marquée à, la pression des masses et, afin de maintenir l'essentiel des privilèges et le règne politique de la bureaucratie, sont obligés d'accorder des concessions aux masses, d'élargir les bases de la dictature, en s'efforçant d'associer des couches plus larges de la bureaucratie à l'éxercice des droits politiques, aussi bien en U-R.S.S. que dans les autres äémo-craties populaires européennes, Ce faisant, ils abaissent temporairement la tension qui montait constamment lors du règne de Staline. Mais d'autre part leurs concessions et le sentiment général nouveau dans les masses que le rapport de forces entre elles et la bureaucratie leur est plus favorable qu'elles ne le pensaient, facilitent la renaissance de leur politisation et de leur activité.

Une réalisation tant soit peu importante des promesses économiques de la bureaucratie et une amélioration effective du niveau de vie des masses, leit-motiv actuel de la nouvelle politique économique des successeurs de Staline en URSS, aussi bien que dans le « glacis », auront comme conséquence ultime non de geler à ce palier les rapports des masses avec la bureaucratie pour toute une nouvelle période, mais de poser avec une acuité plus open qu'actuellement les revendications polifiques des masses et de renforcer leur lutte pour le renversement de la diétature de la bureaucratie sur les masses.

Dans les « Démocratie populaires » les plus avancées ‘du point de vue industriel et culturel, comme la Tchécoslovaquie et l'Allemagne orientale, £es phénomènes apparaissent plus clairement qu'ailleurs, les rapports des masses avec la bureaucratie restant naturellement plus tendus et plus explosifs, comme ceci fut magistra-lement démontré lors des événements de mai-juin 1953 dans ces deux pays. Les concessions accordées depuis lors par la bureaucratie à ces masses sont loin d’avoir fait reculer le désir et la nécessité de la Révolution politique. Au contraire, en se combinant avec des mesures de répression et de maintien par la force du régime bureaucratique et policier, malgré les vœux contraires expressement émis par les masses, elles renforceront le sentiment des masses quant à la justesse de leur cause, à la faillite, au discrédit et à la faiblesse de la bureaucratie,

La situation en CHINE. par contre, est différente. La popularité du régime, dan: Ia mesure où son programme économique se réalise et s'amplifie, relevant le pays du chaos et, ne fût-ce que légèrement mais constamment, de la misère, et ouvrant des possibilités créatrices immenses devant la jeunesse, ne fait que croître parmi de larges masses.

L questions de la véritable démocratie prolétarienne et de la politique marxiste-révolutionnaire ne sont pas sensibles aux grandes masses à l'étape actuelle et ne préoccupent très probablement que des milieux restreints d'avant-garde 2rolé-tariénne et communiste. Eiles se poseront cependant fatalement à une étape ultérieure.

D'autre part le parti communiste chinois est tenu solidement par ia direction de Mao-Tsé-Tung qui à éliminé depuis très longtemps toute opposition importante èt qui jouit d'un grand prestige dans sa base et dans les masses, en tant au artisan de la victoire de la révolution et de la reconstruction socialiste du pays. Cépendant. la lutte des classes est loin d'y connaître un apaisement. La permanence de la révolution, les transformätions radicales nécessaires pour aboutir à la revonstruc-tion socialiste du pays, et qui s'étaleront sur toute une période, ranimeront fatalement les luttes sociales aussi bien dans les villes que les campagnes. Les reflets de ces luttes dans l'appareil administratif et le parti communiste lui-même sont également inévitables.

En YOUGOSLAVIE, la tentative de la direction du parti communiste yougoslave de combiner le maintien d'une structure sociale non-capitaliste avec une intégration dans le bloc militaire impérialiste ; sa tentative de combiner une propagande intense sur le « dépérissement de l'Etat » avec entre autre le musellement de la liberté de discussion dans le parti et dans la classe ouvrière, se sont heurtées à des difficultés sans cesse croissantes. La pression de la base du P.C.Y. hostile à l'alliance militaire impérialiste, a obligé la direction de se servir du cas Djilas pour donner un certain coup de frein aux tendances procapitalistes intérieures,

Vus globalement, les rapports entre les pays capitalistes et ceux du camp soviétique restent toujours marqués par l'irréductible opposition de classe &t Vabsence de base objective pour tout compromis général et durable. Fa é i les inquiétudes ES esseurs de Staline, engagés dans une tentative de calmer inqui ie èt eonton cent des masses en És Fe ue conséquences inévitables quant au sort de la. see . Es te Re mondiale, ont assoupli leur attitude diplomatique et multip. etre ë d'arriver à prolonger la « coexistence pacifique », mais L L te ue aivision one du monde, que l'impérialisme coalisé pour sa part trouve toujours inacceptable. é Ra - cette raison, entre autre, l'impérialisme maintient son orien on 8 Berre contre-révolutionnaire et continue ses préparatifs dans ce but.

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QUATRIEME LENMTE CR ON SANTE ON AT TEES

LA SITUATION DANS LE MOUVEMENT OUVRIER INTERNATIONAL ET LES TACHES DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE

La situation dans le mouvement ouvrier international est caractérisé par une eracerbation encore plus grande de la contradiction entre la puissance du mouvement spontané et élémentaire des masses et la couardise, la confusion, limpotence “les directions social-démocrates, réformistes, staliniennes, nationales-révolutionnaires, petites-bourgeoises.

La crise aggravée du régime capitaliste qui s'écroule nourrit constamment le mouvement révolutionnaire des masses métropolitaines et coloniales, et ce malgré les défaillances, l'incapacité et les trahisons de leurs directions.

C'est en cela aue réside la base la plus importante pour faire surgir une nouvelle direction révolutionnaire et résoudre la crise qui a empêché jusqu'à présent le Dane oltnent des forces de la Révolution et leur victoire rapide, complète et urable.

Les dirigeants sociaux-démocrates et les directions bureaucratiques réformistes qui règnent dans le mouvement syndical de pays comme les Etat-Unis, l'Angleterre, etc. s'avèrent avoir dans leur majorité fait cause commune avec la bourgeoisie moribonde et sont définitivement incapables de donner satisfaction aux aspirations anticapitalistes des masses qui les suivent.

Cependant leur base de masse les oblige à tenir partiellement compte de ses aspirations d'autant plus que la conjoncture internationale évolue économiquement vers la crise et politiquement vers une accélération des mesures réactionnaires de la bourgeoisie, et la guerre. À

. Dans ces conditions l'apparition et le renforcement au sein des partis sociaux- ‘démocrates de masse de tendances carrément centristes, sont inévitables. Leur évolution progressive ultérieure dépendra de la puissance du mouvement des masses et de l'influence qu’exercera l'avant-garde agissant dans leur sein.

Les forces marxistes-révolutionnaires travaillant au sein des organisations social-démocrates ou réformistes de masses œuvreront au renforcement de ces tendances, leur donnant confiance en elles-mêmes, les poussant à promouvoir la nécessité de la constitution soit de gouvernements socialistes exclusifs appliquant un véritable programme anticapitaliste minimum, soit de gouvernements communistes-socialistes — selon les rapports de forces concrets au sein du mouvement ouvrier daus chaque pays, et à propulser une lutte effective pour de tels gouvernements,

La politique des partis communistes continue à être dominés par les impératifs de la diplomatie du Kremlin qui cherche à l'étape actuelle à exploiter au maximum les antagonismes inter-impérialistes et à prolonger la « coexistence pacifique » avec l'impérialisme. Cette politique extérieure de la part de l'Etat soviétique, circonscrite dans certaines limites et à certaines formes, aurait une utilité en divisant et en démoralisant le plus possible le camp ennemi et en démasquant devant les masses mondiales les plans aggressifs de celui-ci. Mais quand les partis communistes iden-tifiéent leur politique à celle de l'Etat soviétique et subordonnent les objectifs de clasce permanents et fondamentaux des masses métropolitaines et coloniales aux buts de la diplomatie soviétique, ils aboutissent immanquablement à la desorgani-sation et En pratique à l'abandon de la seule lutte efficace contre la guerre et pour la défense des Etats anticapitalistes : la lutte pour le renversement du régime capitaliste et impérialiste dans chaque pays, menée par le front unique des forces de classe, avec des moyens et des buts de classe.

La règle fondamentale pour conquérir les couches petites bourgeoises citadines et paysannes, aux côtés du prolétariat. conquête nécessaire en vue d'une lutte effective contre la bourgeoisie et pour la prise du pouvoir, consiste äans la réalisation du front unique du prolétariat et son action audacieuse pour le programme et la perspective de la solution anticapitaliste et anti-impérialiste du Gouvernement Ouvrier et Paysan.

Dans une conjoncture internationale comme celle d'aujourd'hui, qui évolue vers la crise économique et la guerre, empire les conditions de vie des masses et pousse celles-ci à rechercher d'une manière encore plus profonde et angoissée des solutions radicales, la faillite des partis ouvriers à promouvoir une lutte effective pour de telles solutions se solderait inexorablement par le desappointement des masses petites bourgeoises le renforcement des courants réactionnaires et même fascistes (en Italie en particulier), et par certaines victoires de la réaction. =

Ls formules staliniennes d’élargissement du front unique ouvrier en différents fronts « démocratiques », « nationaux », etc, soi-disant afin d'englober des masses plus larges, signifient en réalité pratiquement la remise de la direction politique ‘effective de ces fronts à des formations et à des états-majors politiques bourgeois ou petits-bourgeois. la subordination du programme et des moyens de lutte de ‘classe au programme et aux formes de lutte de ces forces. Quoique en général — ‘à cause de la situation objective — cette politique stalinienne ne trouve pas d’interlocuteur bourgeois. elle contribue cependant à obscureir les perspectives et à freiner les luttes des masses.

Les intérêts dits « nationaux », c'est-à-dire ceux qui sont communs à la très grande majorité des masses pauvres et exploitées qui composent toules les nations, sont exprimé et défendus dans le programme de la révolution proiélarienne et par la lutte pour sa victoire, La confusion qu’entretiennent à cet égard les directions staliniennes n'a pour but que de contenir le mouvement des masses dans le cadre

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Q U A T R I £ M E PENSER EN NEA JT CONEN PAS CENTER des objectifs immédiats de la diplomatie soviétique et d'estomper les perspectives révolutionnaires qui renforceraient ce mouvement et lui feraient déborder les directions Staliniennes.

Cependant là où se développe un fort mouvement de masses canalisé par les partis communistes, sa direction a du mal à imposer une telle politique, et elle est obligée de l’infléchir constamment dans des sens contradictoires, afin de maintenir son contact avec les masses prolétariennes pour leur faire croire qu'elle tient compte de leurs propres revendications de classe.

. En même temps la politisation au sein des partis communistes de masse, favorisée par le développement révolutionnaire de la situation et les changements survenus en U-R-S.S. depuis la mort de Staline, ne cesse de croître, ce qui dissout l'ambiance strictement monolithique de jadis et rend le climat plus fluide et plus apte à des diiférenciations idéologiques importantes.

Ainsi se créent les conditions pour des développements décisifs en ce qui concerne la reconstruction d'une nouvelle direction révolutionnaire, lors de l'éclatement de la guerre ou des explosions révolutionnaires d'envergure, explosions possibles dans certains pays métropolitains et dépendants, avant même cette étape.

Tout en restant partout fondamentalement déterminée à l'étape actuelle par les objectifs du Kremlin, la politique des partis communistes diffère précisément d'un pays à l'autre de manière importante selon orientation extérieure ferme, «€ neutraliste » ou hésitante de la bourgeoisie de tel ou tel pays par rapport à la politique propre de Washington.

La tâche principale des forces marxistes révolutionnaires agissant en direction principale des organisations et des mouvements de masse à direction Sstalinienne, est d'activer la politisation de leurs meilleurs éléments de base et de leurs cadres moyens ; d'insister sur la nécessité d’une politique de front unique ouvrier entre les partis communistes et les partis socialistes dans les métropoles, de front unique anti-impérialiste entre les partis communistes, les autres organisations ouvrières et certains partis nationaux-révolutionnaires à direction petite-bourgeoise dans les pays dépendants ; fronts uniques orientés partout vers la prise du pouvoir par ces partis et l'application d'un programme minimum de revendications anticapitalistes et anti-impérialistes, en dehors de toute alliance avec la bourgeoisie, particulièrement dans les métropoles.

Dans les pays dépendants, coloniaux et semi-coloniaux, le retard présent à construire de véritables partis de masse marxistes-révolutionnaires — qu'il faut imputer avant tout à la dégénérescence des partis communistes — fait que le mouvement émancipateur des masses dans ces pays emprunte souvent les canaux d'organisations nationales-révolutionnaires à direction bourgeoise ou petite-bourgeoise, Cependant la faillite de ces directions est patente aussi bien dans la conduite d'une lutte effective contre l'impérialisme qu'au pouvoir, là où elles y accèdent.

Dans ce cas, incapables d'accomplir les tâches démocratiques-bourgeoises, elles süccombent vite à la pression de l'impérialisme et des forces réactionnaires indigènes. D'où dans plusieurs cas la tendance des masses prolétariennes à se concentrer autour de leurs organisations élémentaires de classe les syndicats, et à y chercher des solutions dépassant les limites d’une stricte action syndicale,

Dans ces conditions générales la construction d'une nouvelle direction marxiste-révolutionnaire de masse ne se fait sentir que plus impérieusement. Cependant il n’y a aucun moyen de réaliser cet objectif sans s'incruster auparavant dans le réel mouvement de masse dans chaque pays et sans tirer intelligemment profit dans ce but de ses caractéristiques, de son niveau, de son rythme propre de maturation, selon les divers pays.

D'une manière générale la tâche centrale à l'étape actuelle des forces marxistes-révolutionnaires organisées dans le parti mondial de la IV* Internationale est :

la combinaison de la poursuite de leur intégration complète dans le mouvement de masse dans chaque paya avèc la parution et la plus large diffusion, possible d'organes théoriques maræistes-révolutionnaires dans les principales langues auxquelles nous pouvons avoir accès, et plus précisément en anglais, en espagnol, en allemand et en français.

Dans cêtte formule $e trouve résumé l’essentié] d'une activité maxima possible et efficace à l'étape actuelle.

A travers une telle intégration, il sera possible d'accélérer la maturation de courants centristes de gauche au sein des organisations traditionnelles de masse, et de £e lier aux meilleurs éléments de ces courants, La création de la nouvelle direction marxiste-révolutionnaire des masses apparaîtra alors historiquement dans ie passage aux positions du marxisme révolutionnaire de cadres dirigeants de ces Courants entraînant ceux-ci derrière eux. Ce passage sera favorisé à la fois par leur propre expérience et par l'attraction qu'exercera sur eux le programme du marxisme révolutionnaire constamment élaboré, mis à jour et ouvertement défendu par la IV* Internationale.

La poursuite de l'intégration complète signifie donner à chacun de nos militants une fonction, ne fût-ce que modeste, dans le réel mouvement politique et syndical des masses, au niveau et «ous la forme que ce mouvement revêt à l'étape actuëlle dans les divers pays. *

Dans le cas des organisations et mouvements de mafse à direction social-démocrate, réformiste ou stalinienne, cette intégration s'avère relativement facile et dépendante avant tout des qualités subjectives de nos militants, Elle est poursuivie avec succès par toutes les organisations qui ont décidé un tel travail.

QUATRIEME NOR CR LNVAINE CIM ON ALGER

C'est en réalité dans la catégorie des pays à travail dit indépendant que les difficultés d'intégration apparaissent comme étant les plus grandes, I1 s'agit là soit de se montrer capable d'organisér et de diriger un mouvement de masse en dehors de toute concurrence d’autres directions ouvrières rivales, soit de faciliter son affranchissement de directions réformistes, nationales-révolutionnaires bourgeoises ou petites-bourgeoises, et de le porter tout d'abord à une claire conscience de classe, même si ce n'est qu'à un niveau politique élémentaire.

, Dans les deux cas les qualités tactiques de nos organisations, résultat d'une véritable maturité politique, sont mises à une dure épreuve.

Dans les pays du camp soviétique, y compris l'U.R.S.S. les forces marxistes-révolutionnaires, organisées en noyau du parti révolutionnaire qu'il s'agit de construire, mais agissant aussi dans toutes les organisations de masses, les partis communistes, les organisations de jeunesse, les syndicats, défendront comme par le passé le programme de la révolution politique dans ces pays, dont les lignes essentielles restent toujours :

__'de véritables comités démocratiquement élus en tant que base du pouvoir populaire ;

_— assemblée ou Soviet suprême, ayant le contrôle effectif sur le gouvernement ;

— légalisation de tous les partis ouvriers ;

_— indépendance des syndicats par rapport à l'Etat et aux partis ;

— élaboration et application du plan économique par les masses, pour les masses.

Seul le parti marxiste-révolutionnaire défend infatigablement ce programme qui correspond aux aspirations profondes et à l'expérience acquise par les masses de ces pays.

Seul un tel parti à la tête des masses assurera la victoire de ce programme, en renversant complètement par l'action des masses la dictature de la bureaucratie

En CHINE, en YOUGOSLAVIE et au VIETNAM, les formes de propagande, et occasionnellement d'agitation pour un tel programme doivent tenir compte du caractère centriste, de la base de masse, et du prestige toujours grand des partis communistes de ces pays. Les véritables forces marxistes-révolutionnaires dans ces pays s'inscriront en tant qu'opposition de gauche dans ces partis. préconisant leur réforme

Une telle tactique à l'étape actuelle est la seule sensible aux éléments les plus critiques et les plus valables de ces partis et de l'avant-garde prolétarienne dans ces pays. Ces éléments demanderont qu’on passe tout d'abord par une telle expérience avant d'arriver à des conclusions plus définitives sur le caractère et les possibilités de réforme de ces partis.

TACHES PARTICULIÈRES

Nos forces dans les pays capitalistes européens, ainsi qu'au CANADA, en AUSTRALIE, en ISRAEL, au JAPON, aux INDES, à CEYLAN et en INDONESIE auront, dans la conjoncture actuelle d'essor révolutionnaire évoluant vers la crise et la guerre, comme tâche de mener campagne pour le Gouvernement ouvrier et paysan socialiste exclusif, ou communiste-socialiste, appliquant un programme qui reprend l'essentiel des mots d'ordre contre la crise et la guerre du Programme de transition, ainsi que pour le front unique des organisations ouvrières là où la situation cencrète du mouvement ouvrier l'impose.

En Allemagne nos forces agissant à l'Ouest et à l'Est interviennent pour la réunification du pays par l'action commune de la classe ouvrière.

Elles revendiquent le retrait de toutes les troupes d'occupation et à l'Ouest la création d'un gouvernement du S.P.D. pour toute l'Allemagne, dont le programme serait déterminé par les mesures suivantes qu’il réaliserait :

Maintien et défense de la structure et des rapports de propriété anticapitalistes de la zone orientale ; premières mesures de socialisation à l'Ouest pour égaliser la structure des deux parties de l'Allemagne ; socialisation des industries-clefs, des monopoles, dés banques, des institutions de crédit et des entreprises de production et de distribution d'énergie ; destruction de la dictature du S.E.D. dans l'État, l'éco-momie et les syndicats ; garanties pour un développement sans entrave de la démocratie ouvrière dans tous les domaines de la vie économique, culturelle et politique ; contrôle ouvrier sur la production tout d'abord dans les entreprises nationalisées en Allemagne orientale et occidentale en vue de réaliser le contrôle et la gestion de toute l'économie par la classe ouvrière organisée ; désarmement de la bourgeoisie et des forces armées de la bureaucratie du S.E-D. par la dissolution de la Grenz-schutz et de la V.O.P.0.: politique extérieure socialiste active, c’est-à-dire que ce gouvernement devrait prendre l'initiative pour la création d'une Europe socialiste unie, se placerait aux côtés des peuples colonisés luttant pour leur libération, leur donnerait une aide économique et culturelle, et entreprendrait une politique mondiale internationale socialiste.

Pour la création d'un gouvernement S.P.D., nos forces doivent mener campagne pour des élections générales libres dans toute l'Allemagne pour une Assemblée constituante et pour la constitution d'un gouvernement sur la base des résultats électoraux. Dans le S.P.D. elles doivent intervenir pour que ce parti mène clairement cette lutte électorale comme une lutte pour le pouvoir politique dans toute l'Allemagne. Nos forces agissant en Allemagne orientale se prononceront pour l'établissement d’un gouvernément socialiste réalisant un tel programme.

Aux ETATS-UNIS l'organisation trotskyste investira ses forces pour un travail

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4 de propagande quotidien dans tous les milieux polarisant des masses ouvrië politiquement vivants. Elle accordera toute l'attention nécessaire à la te inévitable du secteur syndical touché par les perspectives de dépression et de crise.

Elle mènera intelligemment avant tout une cam pagne persévérantée pour la formation d'un Labor Party basé sur les syndicats et préconisera le front uniaue de toutes les organisations ouvrières, syndicales et politiques, contre la menace réactionnaire du mac-carthysme et pour la défense des libertés démocratiques. Elle mènera une propagande systématique, concrète, contre les préparatifs et les buts de guerre contre-révolutionnaire de l'impérialisme yankee et contre son ingérencé agressive dans les pays étrangers, particulièrement ceux de l'Amérique latine.

En BOLIVIE, l'infléchissement du gouvernement M.N.R. cédant à la roitier et même réactionnaire de la politique pression de l'impérialisme et de la réaction indigène, rend plus impérieux que jamais : une franche dénonciation de ce cours par le Parti Ouvrier Révolutionnaire qui doit dissiper toute trace de confiance en ce gouvernement, y compris dans les « ministres ouvriers » ; l'appel constant à la C,O.B.

et le travail HR politique dé classe indé ue dans son sein afin d'élaborer et d'appliquer une véritable épendante de celle du M.N-R. et d'engager la Centrale dans la voie du Gouvernement ouvrier et paysan ; la campagne systématique pour cette perspective, ainsi que pour le programme d'un tel gouvernement ; la campagne pour des élections générales avec droit de vote à tous les hommes et femmes âgés de dix-huit ans, afin d'élire une Assemblée constituante, et la présentation de listes ouvrières de la C.O.B. à ces élections.

. C'est seulement une telle politique qui pourra contribuer à la différenciation au sein du M.N.R. et obliger son aile gauche à la base (quoique très diffuse et inorganisée) à rompre effectivement avec la droite et avec les dirigeants « ouvriers » bureaucratisés et compromis et à s'engager dans la voie du Gouvernement ouvrier et paysan.

En ARGENTINE, la politisation des masses est en train de franchir une nouvelle étape, et leur desaffection à l'égard du péronisme cédant devant l'impérialisme Yankee s'accentue. Notre organisation doit ouvrir devant elles une nouvelle perspective politique, celle d’un parti ouvrier basé sur la puissante organisation syndicale des masses,

Au BRESIL le noyau de nos forces, en se consolidant, doit s'investir dans un travail de longue haïeine au sein de l'organisation et du mouvement des masses influencées par le P.C, brésilien.

L Au CHILI nos forces auront selon toute probabilité à passer par une étape de travail entriste au sein du P.S.P. dans lequel Se canalisera un courant provenant de l'actuelle politisation des masses.

En URUGUAY, c’est la campagne pour l'unification syndicale, le front unique ouvrier et la création d'un parti ouvrier révolutionnaire de masse, qui seront au centre de la propagande de l’organisation trotskyste.

Au PEROU, l'organisation trotskyste persévérera dans sa lutte juste pour 1e front unique ouvrier et le front unique anti-impi e contre la dictature d'Odria, instrument de l'impérialisme. Elle accordera d'autre part une attention toute particulière au travail dans l'A.P.R.A.

Au MEXIQUE, l'organisation trotskyste aura à définir un visage et une ligne politique claire et à insérer ses forces dans un travail quotidien avant tout parmi les ouvriers organisés dans les syndicats, à

En EGYPTE les trotskystes ne doivent pas commettre l'erreur des staliniens qui, se sont alliés à la gauche du « Wafd » pour réclamer le rétablissement des anciennes libertés qui étaient avant tout la liberté pour les seigneurs féodaux d'exploiter les fellahs. Ils doivent bien plus revendiquer des droits démocratiques en relation avec la poursuite des réformes sociales commencées par le groupe bonapartiste d'officiers groupés autour de Nasser.

D'autre part et de manière générale, toutes nos sections, n'oubliant à aucun moment la tendance de la conjoncture vers la crise et la guerre, sont tenues de per-

- sévérer dans les préparatifs et le perfectionnement de leur structure pour une acti- & vité clandestine, afin de faire face rapidement et efficacement à toute éventualité.

Source : Quatrième Internationale, vol.12 n°6-8, juin-août 1954 · scan (Radar, 16-014-00066).

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