1. — La «déstalinisation» fut une série d'opérations HP na x E successeurs de Staline pour surmonter les CT Re RAR un règne de celui-ci, qui avaient atteint un degré explosif en PRES Eee ont 17 les «démocraties populaires ». La crise prit un caractère aigu a 1e RE tant en U.R.S.S. et dans les autres Etats ouvriers que dans les P.C. 3 talistes. : : A “
La direction Khrouchtchev qui parvint à se consolider à la direction LUS de J'U.R:S-S. en juillet 1957, s'efforça de surmonter la crise par ee cn économiques et politiques, et en définissant une ligne de ps a Hour lee tions des Etats ouvriers et pour celles des Partis SRE al el nn pe et des limites à une « déstalinisation » qui puisse se faire d'une se os Re elle. Cette ligne de regroupement se trouve dans la SES AGDE e ANR l'occasion du 4) anniversaire de la APR soRE par les dirig à l'exception de ceux de la Ligue des Communistes. T AE à
Ce document, exposant « les qualités et les défauts » de a cation du passé au « culte de la personnalité » de Staline Sas a de ee me E sa vie, c'està-dire se plaçait en deça du rapport Khrouc ne et réprouvait toute tentative de resrone dans 2 en des on RE
LS: i eut été préjudiciable au pouvoir à que. oc m PP ta poitaue L « ro ponee Fe RS subo: dination aux besoins de la diplomatie soviétique du mou s A
La ligne ainsi définie au 40° anniversaire restait intégralement dress ae régime bureaucratique pour l'U.R.S.S. et les autres Etats Han RE monolithique pour les partis communistes dans le monde. Elle oRsUes Re de défense, un barrage contre la démocratie ouvrière, que ce sol vriers où dans les Partis communistes: % ; ï
Cette tentative de la direction Khrouchtchev de stabiliser le PANOIE ie : Dose gratie à un nouveau niveau He PE MDP partis communistes, à incontestable i ir l'autorité des directil des " ne a te certain succès, qui s'exprima au 21° Congrès du P.C. de l'URSS janvier 1959). : L * ! A À Mais il ne s'est ainsi établi qu'un équilibre très relatif ss na cu soviétique, la bureaucratie et les masses ainsi qu'entre les dive Hd b one et un équilibre non moins relatif entre la direction de L'URSS. she Ce dicton des Etats ouvriers et des Partis communistes. Pendant ces en ee d'une certaine stabilisation ont aise ae Na Pt Rd Pan te lee ie élevé que les. anciennes et tendront i énéralement à un niveau po e anciennes € : ner "ce du régime bureaucratique les formes politiques indispensables i ï é i iti U.R:S.S. et les voies de création étiser la voie de la révolution politique en les : ae onvelle direction révolutionnaire internationale du prolétariat.
2. — Outre les contradictions proprement internes au monde CHE pet celui-ci un fait absolument nouveau. Roue la ponte ire dAEIDE Ron ï uelques années, de forts mouveme rÉve 1 oee nt Fe la Pointe du combat révolutionnaire, qui SÉbeppee se Ro Êe bureaucratie soviétique, et qui sont poussés à rechercher une doc se nue hors de ce contrôle. Les exemples les plus GA CTÉEnqRe, nu er neo inci évolutionnaires actuels : la Révolution al nne, le P.C. De doncne Dieiale h. de se développer, et la Révolution cubaine, où algérien ne possède plus aucune chance 4 es Re On EN ini ne jouent un rôle que parce qu'ils suivent le mo n ù ane une disposition à en prendre le contrôle. C'est également le cas de divers mouvements en Afrique noire. : ; i iè foi i de entier voient contester, i ur la première fois, les communistes du monde 4 Le ere “ee de put groupes Ce au See, ReoEqus Re ten ji. i ires de masse q t À mais par des mouvements Aa Fh nr pe rigeant de Moscou qui econnu combat contre le monde capitaliste, le rôle di ù SCOU RE e è ï i s du Kominform. Ainsi se trouve imp T après la dissolution du Komintern pui: 2 b ; Le one Res Ï ts révolutionnaires la question d'’ e à ee nt ation Ceci est venu s'ajouter au fait que la direction tion révolutionnaire internationale. Ceci est v j ie RAR Ne tchev, après avoir pratiquement condamn actioi e L ee one réussi à ramener la direction de la Ligue des Communis tes Yougoslaves dans l'orbite de Moscou, laissant ainsi une plaie toujours ouverte dans le monde communiste proprement dit. ;
LES PRINCIPALES CONTRADICTIONS DU MONDE COMMUNISTE ACTUEL
3. — Par suite de la montée des masses dans les Etats ouvriers, de la montée de la Révolution coloniale, et des nouveaux rapports de force entre la révolution et la contre-révolution sur le plan des masses et des Etats, de nouvelles contradictions se développent dans le monde communiste actuel, qui mettent en cause l'hégémonie et la politique de la direction soviétique sur ce monde, et préparent ainsi le terrain Pour une nouvelle étape vers le renouveau du communiste.
Le différend sino-soviétique, méme sous les formes où il se présente et se développe jusqu'à ce jour, est la manifestation la plus éclatante et la plus importante de ces contradictions ‘qui ont mis en cause les problèmes essentiels de la politique du mouvement communiste sur les rapports internationaux, les rapports avec le capitalisme mondial, avec les bourgeoisies nationales des pays coloniaux et semi-coloniaux, sur les voies de conquête du pouvoir, les voies construction du socialisme& dans les pays où le capitalisme a été renversé, etc.
D'ores et déjà l'unité de vues des Partis communistes est mise en cause soit explicitement, soit implicitement, sur les questions suivantes :
A) Les dangers de guerre et la coexistence pacifique.
‘Sur la question des rapports internationaux, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la ligne de la direction soviétique, sous Staline comme sous Khrouchtchev, aussi bien dans les moments de « détente » qu'à ceux des plus grandes tensions de la « guerre froide », a été invariable arriver à un accord avec le capitalisme mondial, à tout prix, y compris en sacrifiant des mouvements révolutionnaires dans le monde; les Partis communistes et le Mouvement de la Paix faisant pression dans les Etats capitalistes en vue d'obtenir un infléchissement de la politique étrangère dans un sens favorable aux propositions de la diplomatie soviétique. D'où l'orientation fondamentale de tous les Partis communistes depuis la fin de = guerre : à la lutte pour le pouvoir par le renversement de l'Etat bourgeois a été substituée la lutte pour la paix, par accord avec des ailes de la bourgeoisie, tant dans les pays capitalistes que dans les pays coloniaux et semi-coloniaux
Entre Staline et Khrouchtchev, les différences ne proviennent que de l'évolution du rapport des forces en faveur des Etats ouvriers. Du temps de Staline, quand l'URSS. ne possédait pas encore les engins nucléaires, ce fut l'appel de Stockholm. Avec Khrouchtchev se mène une propagande pour le désarmement, présenté comme un résultat accessible, devant alors assurer une simple compétition économique et une lutte idéologique entre les deux camps.
L'orientation opportuniste, pacifiste, petite bourgeoise, ainsi poursuivie par les P.C. et leurs compagnons de route n'avait pas été contestée, surtout pas par les Yougoslaves. En raison des conditions internationales et nationales dans lesquelles se développe la révolution permanente en Chine, la direction chinoise a mis en cause l'orientation fondamentale soviétique sur le plan des rapports internationaux. Les Chinois sont pour la coexistence pacifique entre Etats, et sont aussi en faveur de pois pour le désarmement. Mais ils contestent, à juste titre, les idées de oscou sur les ailes pee Fe aux ailes bellicistes dans la bourgeoisie : ils contestent aussi la possibilité d’un désarmement en régime capitaliste, IIS rappellent que la guerre est un phénomène inhérent au capitalisme, qu'il ne faut pas être dupes des propos pacifiques des dirigeants capitalistes, qu'il ne faut donc pas semer d'illusions dans les masses à ce sujet, et qu'il faut exploiter les refus de pro] sitions de désarmement pour éduquer les masses dans le sens de la lutte contre le capitalisme.
Sans tirer les conclusions relatives à l'orientation des Partis communistes dans les pays capitalistes de façon explicite, les Chinois s'opposent ainsi de manière juste aux conceptions essentielles de Moscou, bien que leur argumentation soit défectueuse ou ‘dangereuse sur certains points (l'impérialisme américain « tigre de papier », sousestimation des dangers pour l'humanité d’une guerre nucléaire).
B) Attitude envers les révolutions coloniales et envers les bourgeoisies nationales des pays coloniaux et semi-coloniaux.
La direction soviétique n'est guidée dans cette question que par des considérations diplomatiques, en dehors de toute notion de solidarité anti-impérialiste et de solidarité de classe. Ainsi en face de la Révolution algérienne, le gouvernement soviétique, dans l'espoir de parvenir à obtenir un accord avec de Gaulle, a longtemps considéré la question algérienne comme une « affaire française ». Au contraire, le gouvernement chinois a reconnu le G.P.R.A.
Pr 7, di mr QUATRIEME INTERNATIONALE
La direction soviétique recherche ct apnuie les bourgeoisies nationales ou des fractions de celles-ci qui favorisent sa ligne de « coexistence pacifique » avec l'impérialisme. Les Partis communistes sont conduits par elle à soutenir ces « alliés » et à leur subordonner les intérêts et les luttes des masses ouvrières et paysannes, Les exemples les plus frappants sont ceux du Kerala en Inde, et de l'attitude imposée au P.C. irakien envers le gouvernement Kassem. Pour justifier cette conduite, les « théoriciens » de KhrouchtChev ne font que répéter ceux de Staline sur l'étape démocratique bourgeoise de la révolution dans ces pays et du rôle progressif que la bourgeoisie jouerait dans ces révolutions.
Sans répudier formellement ce que fut la conception fondamentale de leur parti pendant plus de vingt ans, celle de la révolution par étapes, les Chinois, à la fois en raison de leur propre expérience et de leurs rapports avec des gouvernements bourgeois de pays coloniaux et semi-coloniaux, mettent en avant une conception de « révolution ininterrompue » qui tend à encourager l'action de classe des masses ouvrières et paysannes de ces pays, indépendamment des directions bourgeoises et contre elles. Il ne s'agit pas d'une attitude absolument nette et principiellement fondée en dehors de toute considération de politique extérieure de l'Etat chinois. Mais, sur ce point aussi, l'orientation des Chinois est dirigée dans une voie juste.
C) Les voies parlementaires et pacifiques au socialisme.
Dès le 20° Congrès, Khrouchtchev avait explicité une conception sous-jacente à l'activité des Partis communistes dans la plupart des pays capitalistes, notamment en France et en Italie, celle de la conquête du pouvoir par des voies pacifiques et parlementaires, la question de la destruction de l'Etat bourgeois étant en outre estompée. La réserve, relative au fait que ces voies pouvaient se trouver bloquées en cas de résistance acharnée du capitalisme ou de certaines de ses fractions, n'était qu'une clause de style, la politique des Partis communistes ne se basant que sur les voies parlementaires et pacifiques, et les P.C. n'étant organisés, comme les partis sociaux-démocrates, que pour cette perspective.
Cette conception, admise chaleureusement par les directions des Partis communistes, avait soulevé des inquiétudes et des résistances à la base de ces partis. Les Chinoïs, sur cette question, tirent les formules équivoques dans le sens opposé à celui adopté par Khrouchtchev. Ils insistent sur la résistance inévitable du capitalisme, et sur les raisons qui font du Parlement bourgeois un obstacle à la transformation révolutionnaire de la société. Ils insistent également sur la nécessité de la construction d'un nouvel Etat, celui de la dictature du prolétariat.
D) Les « modèles » de construction du socialisme.
Au lendemain de la guerre et surtout après le déclenchement de la « guerre froide », lorsque les « démocraties populaires » furent assimilées structurellement, celles-ci commencèrent à copier servilement le modèle soviétique, chacune se mettant à construire son « socialisme dans un seul pays » (industrialisation outrancière, collectivisation forcée dans l'agriculture, etc.).
La première résistance à ce copiage, dans lequel toutes les erreurs staliniennes étaient renouvelées et amplifiées, vint des Yougoslaves qui élaborèrent leur propre voie. D’autres résistances se manifestèrent en 1956 avant tout en Hongrie et en Polo-e. Enfin, les Chinois suivent, avant tout grâce aux « Communes», une voie dif-érente de construction du socialisme.
Ainsi existent et se confrontent trois différents « modèles » de construction du socialisme : le modèle soviétique, le modèle chinois, le modèle yougoslave.
Chacun de ces modèles, tout en comportant des caractéristiques inhérentes aux conditions du pays où il se développe, part de conceptions dans les rapports sociaux qui sont différentes et même opposées, et ainsi les masses des Etats ouvriers ont la possibilité à la fois de confronter ces conceptions et de juger leurs résultats.
Le modèle soviétique pèse par son ancienneté et par les résultats économiques et techniques déjà atteints, qui font de l'U.R.S.S. la deuxième puissance dans le monde. Mais, malgré toutes les réformes opérées depuis la mort de Staline, il est marqué essentiellement par le poids de la bureaucratie dans la société soviétique, son omnipotence dans tous les domaines, son caractère profondément conservateur, ainsi que ar les tendances à l'intérêt personnel qui sont dominantes dans la bureaucratie. En outre, le passé stalinien (notamment la collectivisation forcée de l'agriculture et les épouvantables épurations) est à son passif, dans les Etats ouvriers de l’Europe orientale et dans le mouvement ouvrier de l'Europe occidentale.
Le modèle chinois est avant tout marqué par l'expérience des Communes. Malgré un fonctionnement bureaucratique qui a ses causes à la fois dans les conceptions de la direction et dans les conditions de retard économique et culturel de la Chine, l'expérience des Communes a pour base une tentative de mobilisation des masses sur une base collective, pour des buts collectivistes, et non sur la base d'un intérêt strictement individuel. L'expérience des Communes doit permettre de faire sortir par cet effort collectif l'ensemble de la société chinoise de l'état très arriéré qui la caractérisait. En même temps, elle permet des progrès considérables sur le plan social, notamment sur le plan de la libération de la femme de l'état d’ ê riorité dans lequel elle se trouvait en Chine. Le modèle chinois en D D considérable sur les pays s’affranchissant du joug colonial, qui y trouvent des enseignements précieux pour leur propre développement par l’appel à la participation collective des masses. Par contre, le modèle chinois est redouté par la direction Khrouchtchev qui voit dans l'exemple des Communes un danger potentiel à échéance plus lointaine pour l'autorité de la bureaucratie et gui cherche à le discréditer en l'identifiant faussement avec la collectivisation forcée de Staline.
Le modèle yougoslave est le premier « modèle » qui épi imi À E £ F r « mo qui, en dépit de ses limites et insuffisances, s'efforce de s'appuyer sur 1 initiative et le libre er des masses à la ville comme à la campagne, de favoriser le contrôle et la gestion des ouvriers nistes Yougoslaves sont combattus par les di i ; 7 s directi des Partis communistes. p ctions des autres Etats ouvriers et
E) La coordination insuffisante des planifications des Etats ouvriers.
Si on ne trouve plus dans les rapports entre l'U.RIS.S. et les autres Etats sl les abus et grossièretés qui attisèrent le conflit soviéto-vougoslave jusqu'à la te puis les tensions notamment avec la Pologne et la Hongrie, il subsiste cependant des contradictions et des tensions, dont Gomulka s'est fait récemment l'écho à une session du Comité Central du Parti polonais.
Le Comecon n'est paS un organisme de planification globale des économies des Etats ouvriers, il ne fait qu'assurer une certaine division du travail. La raison en est que les bureaucraties dirigeantes de chaque Etat ouvrier, et en tout premier licu la bureaucratie soviétique, ont des intérêts avant tout nationaux et visent aux résultats. considérés par elles les meilleurs, pour leur propre position dans leur pays, et ce même au détriment des autres. En Europe orientale, c'est la direction la plus désavantagée dans cette situation, la direction polonaise, qui a signalé le danger.
Le développement de l'éconbmie de tous les Etats ouvriers rendra de plus aiguë la contradiction entre le caractère avant tout « national » de la Ra de par pays, et les besoins de ces économies à avoir une planification internationale. Le développement de cette contradiction sera un facteur important de mise en cause de l'hégémonie de l’Union soviétique sur les Etats ouvriers de l'Europe orientale, et par suite, contribuera aussi au développement de la crise du stalinisme. ah U
Ces nouvelles contradictions du stalinisme mettent décisivement fin à monolithisme des Etats ouvriers et des Partis communistes. Sauf le cas cie slavie, c'est dans le sein du monde communiste et sans ruptures pendant toute une période que se sont manifestées et que s'affrontent des contradictions gigantesques. Prises comme un tout, ces contradictions commencent à tracer une politique révolutionnaire face à la politique opportuniste des dirigeants soviétiques, tant sur le plan national que sur le plan international : contrôle et gestion ouvrière, progression du socia-Hisme dans les campagnes, rapports égaux et de collaboration entre Etats ouvriers, soutien des «masses coloniales y compris contre leurs bourgeoisies nationales, voies rounnaies au socialisme, lutte pour la paix par la lutte révolutionnaire ‘contre
Mais aucune des forces de masse qui aujourd’hui est en contradicti politique de la direction soviéti ne D son opposition d'une He dat à fait conséquente et ne rassemble l'ensemble de ces contradictions en une critique globale et fondamentale du stalinisme. Au contraire, la direction soviétique peut, dans une grande mesure, jouer les uns contre les autres. É
En outre, aucune de ces forces ne met formellement en Caus. i ER » auc n e la conception monolithique des partis, ne défend le droit de tendance dans les partis, sans HR du droit à la pluralité des partis ouvriers dans les Etats ouvriers.
Nous voyons dans différents domaines se manife. L iti i:
d Ster l'opposition entre les exigences du progrès des Etats ouvriers et la politique du « socialisme dans un sul pays » qui reste le fond de l'orientation et de la pensée de toutes les directions des
) L 1 de Parti communiste le probl de la révolution permanente sous la combinaison de ses trois aspects : ban dé la dictature du prolétariat pour résoudre en passant les tâches démocratiques
D int coma it ES
EN : QUATRIEME INTERNATIONALE bourgeoises, développement par bonds (par « grands bonds ») dans tous les domaines de la vie sociale, expansion internationale de la révolution victorieuse sur le pläñ national. cn
Ainsi les contradictions du stalinisme sont arrivées à un degré de maturité poli: tique éminemment favorable pour que se pose en termes plus concrets la question de la révolution politique et du renouveau du mouvement communiste, ainsi que celle de la nouvelle direction révolutionnaire internationale de masse. gu
PROBLEMES ET CONTRADICTIONS DE LA SOCIETE SOVIETIQUE
4. — La tendance générale manifestée par la direction soviétique depuis la mort de Staline dans le sens du relèvement des conditions de vie, S'est maintenue et développée. La direction a dû tenir compte des tendances égalitaires qui avaient été férocement réprimées du temps de Staline. Il lui a fallu relever les bas salaires, mais les inéga: lités restent encore très grandes. L'amélioration du niveau de vie des masses. supprime ou atténue les revendications les plus élémentaires, mais celles-ci font place à de nouvelles revendications, Les travailleurs sont de plus en plus conscients de la contradiction énorme entre la puissance économique de l'Etat soviétique et Je niveau de vie encore modeste qui est le leur (voir diverses remarques lors d'une discussion sur la question des spoutniks). Ceci explique l'insistance avec laquelle Khrouchtchev promet de dépasser le niveau de vie américain, et aussi sa campagne pour la « détente » afin Fe transférer une partie des grosses dépenses militaires dans le domaine des besoins es masses.
Des revendications et des exigences se manifestent de plus en plus au sujet de la qualité des produits de consommation. Celle-ci jusqu'alors était négligée, toute la qualification étant orientée vers l’industrie lourde, les besoins militaires et les objectifs s'y rattachant (projectiles célestes).
Il faut relever que, dans les mouvements qui se sont produits au Kazakstan, les ouvriers ont accordé une grande importance aux revendications d'ordre social et culturel (crêches, théâtres, cinémas, terrains de sport….).
Dans le domaine de la vie des entreprises, le pouvoir a pris diverses mesures qui pouvaient en soi être considérées comme libérales (pouvoirs de certains organismes syndicaux à l'entreprise, remise de la gestion de certaines institutions aux entreprises ou aux syndicats….). Quel puisse être l'usage que les ouvriers pourront faire de ces mésures dans un avenir encore indéterminé, celles-ci n'ont pas été le produit de mouvéments de base, mais ont été de façon générale dictées par les besoins d'une meilleure gestion qui reste de type bureaucratique. Elles sont arallèles aux mesures de décentralisation prises dans l'économie en général, dans la planification, les vieilles formes de centralisation à outrance étant incompatibles avec des organismes extrêmement développés et étendus.
La bureaucratie est l'objet de critiques nombreuses, en tant que formes et mé thodes de direction et non — du moins d'une façon ouvertement exprimée — comme catégorie sociale. La classe ouvrière soviétique, si forte numériquement et répandue sur un très grand nombre de centres urbains, n'a pas exprimé jusqu'à présent des revendications de démocratisation dans les entreprises, qui constitueraient normale-ment le pont vers des revendications d'ordre pRque plus générales visant au rétablissement de la démocratie soviétique dans l'Etat ouvrier.
L'économie agricole étant toujours le point faible de l'économie soviétique, la direction a à la fois cherché à améliorer les conditions de la paysannerie. en stimulant l'intérêt personnel du kolkhozien, et à faire pression sur elle par la production obtenue par la mise en valeur des « terres vierges ». Les résultats obtenus par ces deux moyens ont été médiocres, et il ne pourra en être autrement aussi longtemps que la paysannerie aura affaire à un pouvoir bureaucratique.
L'intelligenzia, bien que ses revenus aient été réduits, reste une couche sociale très privilégiée, mais toujours à la condition qu’elle se montre conformiste à l'égard du pouvoir. Dans le domaine de la production littéraire et artistique, après une période de « dégel », la direction Khrouchtchev, tout en affichant une apparence de libéralisme et en renonçant à certaines extravagances s ques à Staline, a procédé à un resserrement du contrôle sur les intellectuels. Elle craint qu'à travers ceux-ci, la critique politique du régime bureaucratique se fraye une voie. Les notions de « littérature de parti », d’« art de parti », sont maintenues, bien qu'avec des marges plus larges que du temps de Staline, Le fait important est qu'il y a une résistance dans l'intelligenzia au rétablissement des contrôles. En outre, à côté de la production littéraire et artistique officielle, il existe une production non conformiste qui circule d’une façon semi-clandestine.
Dans la jeunesse, surtout dans la jeunesse universitaire, müûrissent dès maintenant de nouveaux courants, de nouvelles tendances absolument non conformistes. C'est de là que ressurgiront lés mouvements révolutionnaires qui lutteront pour lé il w visions ;
| véritable « rétour à Lénine ». L'existence de telles tendances s'est manifestée sous nee une et en ces circonstances, mais pour le moment encore à un stade pl moryonnaire (études pour retrouver la véritable histoire de la Révoluti russe, hostilité à l'intervention en Hongrie...). + a Diverses couches de la bureaucratie, surtout les plus élevées, ont connu à la ois une limitation aux plus outranciers et aux plus exorbitants de leurs privilèges, Se une stabilité, une garantie du lendemain, inconnue du temps de Staline. I] n'y a pl us d £purations massives, La question d'être « dans la ligne » a un caractère de plus en plus formel. La considération la plus importante est « l'efficacité » dans le poste Sous peine de renvoi à un échelon inférieur.
. Le libéralisme actuel ne signifie pas que la bureaucratie dans son ensemble ait voix politique. Seuls quelques très hauts fonctionnaires sont associés aux discussions qui ont lieu au Comité Central du Parti. Cet organisme seul a retrouvé par rapport au Presidium (ex-Bureau Politique) des droits qu'il avait complètement perdus; c'est l'avait minorisé au Presidium. L'appareil d'Etat, Î i ê " qu’un instrument d'exécution des écisions du cé ee ee
Les conditions nouvelles de relâchement des ra rts sociaux font i du Parti qui constitue le seul ciment politique de Rte été soviétique a nee que jamais par rapport aux diverses iété. Néanmoins cet appareil, plus FAR UEMenE le CCS étant le seul organisme vraiment politique dans le pays, il est probable que c'est en lui que s’exprimera au début une grande crise politique de la Société soviétique. Le C.C. actuel est constitué, à de rares exceptions près, par des Li nouvelles, sans passé politique et sans attaches politiques véritables.
, L'importance et l'insistance accordées par les dirigeants soviétiques pou: - tre dans la presse du parti les conceptions détendbes par les Chinois. Fe pus ments à ce sujet portés dans les organisme du parti, permettent de penser qu'il y avait dans, le P.C. de l'UR.S.S. des courants qui partageaient les points de vue des Chinois ou S'orientaient dans le même sens cu'eux à l'égard de la politique de « coexistence pacifique » et de ses résultats. Rien ne permet d'affirmer là qu'il s'agissait d'ex-Staliniens, de partisans de l'ancienne tendance dite « anti-parti ». Il s'agirait plutôt de manifestations provenant de nouvelles couches, prouvant ainsi qu'il se produit ue GATE depuis le 21° Congrès, la maturation d'une nouvelle phase de crise du
LA SITUATION DES PARTIS COMMUNISTES ! DANS LES PAYS CAPITALISTES
5. — La crise des années 1956-57 avait pris un peu partout dans ces parti spectaculaires. et dans certains cas il avait Hene fallu procéder à He nr de dirigeants ou d'équipes dirigeantes. Mais, d’une façon générale, les directions avaient réussi à reprendre le contrôle de leurs organisations, bien que la plupart du temps celles-ci étaient très affaiblies soit par des départs individuels nombreux, soit par des Scissions. Là où il y avait de grands Partis communistes disposant d'une influence considérable sur la classe ouvrière, On n'avait assisté nulle part à une détérioration profonde des rapports avec les masses travailleuses à la suite des disCussions liées au « culte de la personnalité ». Quant aux petits Partis communistes dont l'influence sur les masses était faible, la crise de 1956-57 a presque partout pro:
. voqué des départs nombreux et une perte appréciable de ce qu'ils pouvaient €éncore
Avoir comme influence.
‘ Depuis cette époque, on constate ï ï D oque, « ite partout une crise chronique, marquée par un aiblissement de l'autorité des directions, la mise en doute de la Me de par es couches plus ou moins larges, des manifestations sporadiques d'opposition dans 4 DRE de pes et sue dans certains cas, quand des circonstances dans le viennent poser les problèmes avec une certaine acuité i i pese En nEut té, des manifestations de En ce qui concerne les importants Partis communistes d: itali \ e s CC ans les pays capitalistes, pen Re l'éventail de toutes ces différentes manifestations F5 la Re du ne manquerait pas de soulever une grande crise dans ce parti; état parti communiste italien est celui qui poursuit une politique systé i
! ar Ê stémat ment droïtière (avec, le cas échéant, des virages à gauche), fe . ete certain libéralisme en ce qui concerne la vie politique intérieure:
».— le Parti communiste indien n'a jamais cessé d' ivisé i i ÿ Ï à ja é d'être divisé idéolo l'échec au Kerala et le différend snosoviétique ne pouvant manquer dope
— le Parti communiste brésilien qui a connu dans le passé plusieurs crises très importantes, se trouve à nouveau divisé par une grande lutte de tendances, dans laquelle les divergences nées sur la politique brésilienne se combinent aux problèmes soulevés dans le différend sino-soviétique;
. — le Parti communiste indonésien qui à aussi connu dans le passé des crises sérieuses, a procédé, dans la dernière période, à des variations brusques (appui à la politique de Sukarno, soutien de la position des Chinois par les syndicats S.O.B:S.I. à la réunion de la F.S.M. à Pékin, à nouveau politique droitière envers Sukarno), qui s’axpliquent probablement comme le reflet de divergences au sommet de ce parti.
Même si les effets visibles du différend sino-soviétique sous forme de crise ouverte sont actuellement limités au P.C. brésilien ot à quelques autres partis dans des pays coloniaux et semi-coloniaux, il est inévitable qu'à la longue ce différend — que les directions chinoise et soviétique ne sont pas parvenues à aplanir — nourrira toutes les contradictions qui existent dans les Partis communistes, et tendra à y faire surgir de grandes crises. D'abord parce qu'il soulève des problèmes concernant la politique générale des Partis communistes à l'échelle nationale et internationale. Ensuite, en raison du poids même de la Chine sur la scène mondiale.
LA IV° INTERNATIONALE ET LA NOUVELLE PHASE DE LA CRISE DU STALINISME
6. — La nouvelle phase de la crise du stalinisme qui est en train de mürir confirme les analyses fondamentales des Congrès Mondiaux précédents et leurs principales pérspectives. Elle rend plus impérieuse la tâche de notre mouvement d'exploiter cette phase nouvelle pour faire progresser dans les milieux staliniens qui constituent, aussi bien dans les Etats capitalistes que dans les Etats ouvriers, la plus riche réserve da militants ouvriers proches du marxisme révolutionnaire, les idées de celui-ci, y hater la formation de partis marxistes révolutionnaires de masse, préparer ainsi la révolution politique dans les Etats ouvriers et la renaissance d’une direction internationale du mouvement de masse.
a) En Union soviétique et dans les Etats ouvriers. — La plupart des points formulés dans le Programme de la IV* Internationale de 1938 et dans les thèses du 5° Congrès Mondial restent à l'ordre du jour
— la lutte contre les inégalités sociales, car n'ont disparu que quelques abus trop criants. Dans ce domaine, le « retour à Lénine » exige plus que jamais la limitation des traitements au salaire d'un ouvrier qualifié;
— la lutte contre l'oppression politique qui n'a pas disparu avec la suppression de l'omnipotence du NK VD. Toutes les organisations et institutions en U.R.S.S. ne sont pas des organismes libres, indépendants du pouvoir d'Etat. La restauration de la démocratie ouvrière reste la tâche principale de la révolution politique : rétablissement des libertés essentielles (réunion, association, presse...), autonomie des organisations syndicales, et droit à la pluralité des partis soviétiques. Sans l'existence de ces droits, il ne peut y avoir de véritables soviets et une véritable démocratie soviétique.
— Sans démocratie soviétique il ne peut y avoir une réorganisation de l'écono-m'e soviétique qui la place sous la gestion effective des producteurs.
— Le rétablissement de la vérité sur l’histoire de l’U.R.S.S., du Parti bolchevik et de l'Internationale communiste, n'est pas une simple exigence d'honnêteté scientifique, mais une nécessité politique indispensable pour permettre aux masses soviétiques et aux communistes du monde entier de retrouver une orientation se ratta-su Es à la politique léniniste des premières années de la Révolution ctobre.
— Sans mettre en cause la nécessité pour le pouvoir soviétique dé négocier avec les Etats capitalistes et d'œuvrer en vue d'éviter un nouveau conflit mondial, le différend sino-soviétique donne une actualité brûlante aux revendications du Programme de 1938 pour une politique internationale révolutionnaire, de soutien inconditionnel des mouvements ouvriers et des mouvements des masses coloniales, contre toute tentative d'arriver, par les procédés de la diplomatie secrète, à un accord global avec l'impérialisme aux dépens des intérêts des masses dans quelque pays que ce soit.
b) Dans les Partis communistes de masse. — L'orientation de travail définie à la suite du 3° Congrès Mondial (entrisme sui generis) s'est trouvée justifiée à la fois par les formes de développement de la crise du stalinisme, au sein des organisations existantes et non par ruptures massives de celles-ci, et par les résultats qui se sont manifestés dans les années de crise 1956-57, c'est-à-dire de formations oppositionnelles tendant à s'organiser pour mener une lutte de tendances au sein des partis communistes. Les voies de formation et d'organisation de tendances au sein des Partis communistes sont entièrement différentes de celles au sein des partis sociaux-démocrates, car il s'agit pendant une longue période d'un travail clandestin, illégal, et non d'une activité admise avec plus ou moins de tolérance. ÿ
La manifestation de plus en plus évidente de conflits entre directions de Partis communistes de pays Hérents ne peut manquer de contribuer à faciliter la formation de tendances au sein d’un même Parti communiste, chaque membre d’un Parti étant ou devant être communiste avant que d'être Français, ralien, Soviétique, Chinois, Yougoslave, etc. Une des premières revendications à ce sujet est la mise à la disposition des membres des Partis d’une documentation complète, honnête. sur les questions litigieuses, par la publication des textes mêmes des directions opposées. C'est la condition première pour que les membres des Partis puissent discuter par eux-mêmes et juger eux-mêmes, €t non suivre par une interprétation abusive de la notion de discipline les points de vue de leur direction nationale.
. Une telle conception ne peut manquer de mener à la nécessité d'une organisation internationale du mouvement communiste et d'éclairer la notion d'un parti mondial de la révolution socialiste basé sur le centralisme démocratique. ‘
Une information honnête, une discussion démocratique à la base, une confrontation internationale des divergences, telles sont les revendications générales dans les Partis communistes, en même temps que nous avançons les positions essentielles pour le rassemblement d'un courant de gauche sur une large échelle dans les Partis communistes de masse. Les lignes générales d'un tel programme se trouvent de plus en plus précisées par les grands probièmes de la situation internationale et par les divergences qu'elle a déjà suscitées entre Soviétiques et Chinois : lutte pour la paix par une lutte pour désarmer le capitalisme en le chassant du pouvoir; soutien inconditionnel des révolutions coloniales et aide aux révolutionnaires des pays coloniaux pour la création d'organisations indépendantes des ouvriers et des paysans, menant une action spécifique de classe; dénonciation de la conception des voies pacifiques et parlementaires, retour aux conceptions défendues par Lénine dans « l'Etat et la Révolution »; lutte pour le pouvoir dans les pays capitalistes sur la base d'un programme de transition et au moyen de la tactique du front unique de toutes les organisations ouvrières.
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En conclusion, les événements depuis la fin de la deuxième guerre mondiale ont de plus en plus confirmé la thèse trotskyste que le stalinisme, c’est-à-dire la subordination du mouvement communiste à la bureaucratie soviétique était un phénomène incompatible avec tout grand développement révolutionnaire. Très rapidement la Révolution yougoslave s'est trouvée en rupture avec le stalinisme. Puis en U.R.S.S. et dans les autres Etats ouvriers de l'Europe orientale se sont manifestées une série de contradictions, sur des revendications immédiates des masses, qui ont provoqué des explosions (Octobre polonais et hongrois). Malgré toutes les tentatives de la direction Khrouchtchev de résorber la crise par un « réformisme » ne manquant pas de dynamisme et s'appuyant sur les énormes progrès économiques et techniques de l’Union soviétique, de nouvelles contradictions mürissent, avant tout en raison du développement de la Révolution chinoise.
Jusqgu'alors, chacune des crises s'était accompagnée de revendications limitées qui se trouvaient contenues dans le programme général de la IV‘ Internationale ou qui allaient dans le sens de certaines de ces revendications. À présent, la nouvelle phase de la crise internationale du stalinisme soulève un ensemble de problèmes qui sont ceux de la révolution mondiale et de la transition internationale Vanle socialisme, et derrière eux, celui de la nouvelle direction internationale de masse. La nouvelle phase de la crise du stalinisme qui mürit sera donc éminemment favorable à la progression du trotskysme et de son organisation, la IV* Internationale.