Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Rapport d'organisation des communistes internationalistes d'Allemagne (IKD)

mai 1940 · La conférence extraordinaire de la IVe Internationale (mai 1940) · 841 mots

In English: Organizational Report of the Internationalist Communists of Germany (IKD) — traduction assistée par machine.

Le déclenchement de la guerre a rendu plus difficile une étroite collaboration des groupes et des membres du Comité central de l'IKD (communistes internationalistes d'Allemagne), qui se sont réfugiés dans des pays différents. Une réorganisation s'imposait. La direction organisationnelle et administrative a été transférée à New York. Le rapport qui suit a pour objet de donner des informations concernant les relations avec les différents groupes et leur position par rapport à la lutte fractionnelle aux États-Unis qui a rendu nécessaire la tenue de cette conférence extraordinaire.

Les vingt camarades en France ont tous été internés. Parmi eux, J. [Johre] membre du CC, a pris position contre Shachtman.

Le groupe d'Anvers, en Belgique, a jusqu'à ces derniers temps très bien fonctionné. La gestion et la réalisation de Unser Wort lui avait été confiée, mais il a dû renoncer à cette responsabilité après l'arrestation de H. Les membres du groupe ont adopté une résolution majoritaire contre la résolution Held (d'Oslo) dont ils ont eu connaissance. D'autres camarades en Belgique et en Hollande sont en contact étroit avec le groupe d'Anvers. On compte quinze camarades en tout.

Le groupe de Londres comptait jusqu'ici quatre personnes, mais a annoncé récemment le recrutement d'un nouveau contingent de jeunes camarades. Le camarade M., qui correspond avec nous au nom du groupe, s'est prononcé contre la minorité américaine.

Les groupes de Scandinavie, de Copenhague, de Stockholm, etc., sont en contact étroit et suivi avec Oslo. H., membre du CC, est à présent en sécurité. Le groupe d'Oslo est le seul dans l'IKD qui, tout en conservant la position de défense inconditionnelle de l'URSS, ait adopté une position sur la guerre russo-finlandaise comparable jusqu'à un certain point à celle de Shachtman. Cependant, Held, par courrier, s'est vigoureusement opposé à toute scission dans le Socialist Workers Party à cause de ces divergences et se prononce pour « l'unité avec la fraction Cannon ».

Il y a encore d'autres groupes en Argentine, en Bolivie et au Mexique. Seul ce dernier a pris position sur la lutte fractionnelle aux États-Unis, en se rangeant aux côtés de la majorité. Nos camarades en Suisse y travaillent avec la section suisse. À New York, le groupe a recruté un certain nombre de jeunes avec lesquels une intervention systématique dans d'autres groupes d'émigrés a été entamée. La majorité de ce groupe est pour la position de la majorité américaine.

La publication de Unser Wort, organe bimensuel, est assurée. Unser Wort ainsi que la publication de la brochure de H. David sur la guerre ont beaucoup augmenté notre influence aux États-Unis. Les victoires des nazis en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Scandinavie et dans les opérations en cours en Belgique et en Hollande ainsi que la censure très stricte en France et dans les colonies anglaises ont évidemment restreint considérablement la diffusion de Unser Wort en Europe, mais n'ont pas réussi à empêcher le journal de parvenir dans ces pays.

Nous espérons que nos amis des pays occupés par les nazis réussiront à surmonter la difficile situation actuelle. Il faut déplorer que le Secours International n'ait pas fait preuve de la compréhension et de l'énergie nécessaires pour aider nos camarades, qui sont tous des militants éprouvés, à échapper à cette dangereuse situation.

Au moment de la prise du pouvoir par le fascisme, la section allemande comptait 1 000 membres. Seuls 50 d'entre eux ont émigré. En Allemagne même, il y avait au début un contact étroit entre les groupes et la direction à l'étranger. En dépit des conditions d'illégalité, Unser Wort y était assez largement diffusé. Mais depuis plusieurs années maintenant, les relations normales avec nos camarades en Allemagne ainsi qu'entre les groupes sont rompues. Il faut estimer que la moitié des militants sont partis. Au moins 150 sont arrêtés.

D'autres, nous avons reçu des informations, jusqu'au moment du déclenchement de la guerre, prouvant qu'ils sont loin d'abandonner la lutte et qu'ils se préparent pour l'insurrection à venir. Nous tenons même d'un camarade que, sur son lieu de travail, il a organisé un groupe avec plusieurs anciens membres du KPD (stalinien). On peut présumer que d'autres camarades ont des contacts de ce genre.

En complément, voici un intéressant extrait d'une lettre que nous avons reçu le mois dernier d'un membre de l'IKD : « J'ai reçu récemment un rapport assez détaillé de chez moi, dans le Rhin. D'après ce compte rendu, un sentiment de découragement extrême envahit toutes les couches de la population. La guerre des nerfs semble atteindre de plus en plus les Allemands eux-mêmes. En voici un signe extraordinairement intéressant : les églises, catholiques et protestantes, connaissent une telle affluence tous les dimanches qu'elles refusent du monde, tandis que l'assistance est plutôt maigre aux réunions et manifestations nazies. Par l'entremise d'une camarade à S., qui vient de purger une peine d'emprisonnement de trois ans, nous avons encore une fois rétabli les contacts avec un certain nombre de camarades dans les prisons, surtout à X. et Y. Nos amis demeurent, comme avant, fermement à nos côtés, et ont même gagné de nouveaux amis dans les prisons. »

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 1, p. 340–342 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

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