1. La Préconférence panaméricaine et du Pacifique, après examen du rapport des
délégués canadiens, salue la fusion heureuse de la majorité avec le noyau actif de
la minorité sur la base d'un programme d'action adopté pendant le congrès de
Chicago.
2. La Préconférence approuve l'action entreprise par les camarades canadiens en
formant un groupe politique socialiste (GPS) déclaré dans la Fédération
coopérative du Commonwealth (CCF) sur la base d'une déclaration sur la
question de la guerre.
3. La Préconférence, après discussion avec les délégués canadiens, propose le plan
d'action suivant pour l'avenir immédiat :
a. Les camarades canadiens doivent continuer à concentrer leurs efforts
principaux sur le travail dans la CCF, en agissant par une lutte politique et
programmatique complète en vue du congrès national de la CCF, avec la
perspective de compléter l'expérience dans cette organisation réformiste en
déclin et de réorganiser la section canadienne de la IV° Internationale.
Les pertes d'adhérents et l'activité déclinante de la CCF ont augmenté le
poids spécifique des éléments petits-bourgeois et la cristallisation d'une
bureaucratie droitière. Tandis que notre ligne générale est orientée vers un
rapide rétablissement d'une section canadienne de la IV° Internationale, la
possibilité subsiste de continuer un travail concerté dans la CCF dans les
provinces où les conditions objectives sont plus favorables qu'à Ontario.
b. Les camarades doivent se consacrer à renforcer notre fraction dans la CCF et
le groupe par une éducation systématique et l'action disciplinée et concertée
dans tous les domaines de leur activité. Le groupe politique socialiste attirera
certainement quelques éléments centristes confus qui, à une étape
ultérieure, spécialement lors d'une scission, s'opposeront à notre
programme. Par conséquent il est d'une grande importance de combiner le
travail d'éducation de nos nouveaux adhérents avec une vigilance
révolutionnaire vis-à-vis du centrisme.
c. Les camarades doivent sans tarder faire des tentatives pour développer le
groupe politique socialiste en une tendance nationale dans la CCF, en
établissant le travail commun avec nos camarades de Vancouver, de
Winnipeg et d'ailleurs.
d. Les camarades doivent élaborer des documents politiques du GPS afin de
constituer une ligne de démarcation entre les réformistes, les centristes et
eux-mêmes sur tous les problèmes importants, nationaux et internationaux.
e. La Préconférence exprime la ferme croyance que cette activité doit être
réalisée grâce à un bulletin régulier imprimé ou ronéotypé (chaque semaine
ou deux fois par mois) plutôt que par des bulletins occasionnels. On doit
donner un nom à ce bulletin qui pourra ultérieurement être utilisé comme
organe de l'organisation indépendante, de façon à continuer la tradition de
notre lutte révolutionnaire dans la CCF. Les camarades de Vancouver doivent
être invités à collaborer à la création de cet organe.
f. Étant donné la possibilité d'une attaque organisationnelle prématurée de la
part de la bureaucratie de la CCF, nos camarades doivent être prêts à
répondre à toute manœuvre organisationnelle en montrant énergiquement
le fond politique des questions, afin d'établir clairement l'essentiel de notre
position de principe. L'expérience de nos camarades français, belges et
américains doit être étudiée sous ce rapport.
4. Il est tout à fait probable que l'organisation dans une organisation indépendante
ne se fasse pas avec des forces suffisantes pour rendre possible la création
immédiate d'un parti, mais seulement d'un groupe de propagande élargi. Des pas
préparatoires pour la nouvelle activité de ce groupe doivent être faits dès
maintenant.
a. En systématisant et en étendant notre travail syndical mené par une
collaboration amicale et une ferme application du centralisme démocratique
entre le Comité international exécutif et les militants syndicaux.
b. Étant donné le ferment existant dans les rangs staliniens, il faut faire des
efforts pour établir les contacts dans leurs organisations dans un but
d'information et, si possible, de travail fractionnel organisé. Le nouvel organe
du GPS doit mener une vigoureuse et persévérante campagne contre le
stalinisme, tel qu'il apparaît dans la CCF et en dehors. Les possibilités de
meetings publics contre les staliniens doivent être aussi examinées, en
exploitant la « démocratie » de la CCF jusqu'à ses plus extrêmes limites.
c. Concernant le groupe Field, la Préconférence considère que la discussion
politique avec ce groupe ne peut avoir lieu qu'en se tenant sans équivoque
sur la plate-forme et les principes de la IVe Internationale. Tandis que nos
discussions politiques avec les membres de la CCF ont besoin d'être
conduites dans un esprit d'éducation patiente, le but de toute action relative
au groupe sectaire et fossilisé de Field doit être d'en gagner les éléments
progressifs et de l'affaiblir. Les progrès de notre travail dans la CCF et le
rétablissement ultérieur d'un groupe indépendant, lié à la fondation de la IVe
Internationale à la conférence prochaine, placeront nos camarades dans une
bonne situation pour gagner les éléments progressifs du groupe Field' grâce
à une attaque politique énergique contre leur stérilité et leur isolement
international. Bien que la nécessité du front unique d'action occasionnel ne
soit pas exclue, elle ne doit pas être étendue au point de redonner du prestige
fictif à la direction de ce groupe stagnant.
5. Au sujet du développement possible de l'Association pour les relations ouvrières,
la Préconférence suggère que l'on prépare une information ultérieure et que des
discussions aient lieu au Canada comme à New York pour prendre une position
définie. Il faut agir de la même façon pour apprécier les possibilités d'appliquer
aux conditions canadiennes un programme d'action élaboré d'après les thèses
internationales (le programme de transition) adoptées par la section américaine
lors du Plénum du Comité national d'avril.