1. Environ deux ans après la rupture entre le Parti communiste yougoslave et le
Kominform, les signes d'amplification de la crise du stalinisme se multiplient de par le
monde et les tendances générales du développement de cette crise se précisent plus
clairement.
Une période nouvelle est ouverte dans le développement du mouvement ouvrier
international. Une analyse correcte doit contribuer à intervenir dans le processus
objectif pour cristalliser les nouvelles forces révolutionnaires qui surgissent de cette
crise du stalinisme, sur une plate-forme politique permettant la reconstruction d'un
puissant mouvement marxiste-révolutionnaire international.
2. Pour la première fois depuis la dégénérescence bureaucratique de l'URSS et de la IIIe
Internationale, il est possible, grâce aux nouvelles conditions objectives, d'élargir le
front de l'avant-garde marxiste-révolutionnaire et de reconstruire sur une large échelle
le mouvement révolutionnaire international.
La raison fondamentale qui rend actuellement possible une telle évolution réside
dans la combinaison historique de l'aggravation du déséquilibre et la crise du
système capitaliste, et de l'aggravation de la crise du stalinisme, dans les conditions
nouvelles créées par la dernière guerre.
Avant celle-ci, le capitalisme et le stalinisme avaient atteint un équilibre relatif dans
lequel ils se renforçaient réciproquement l'un et l'autre. Les bouleversements que la
guerre a provoqués à l'échelle internationale, la rupture de l'équilibre sur tous les plans,
l'entrée en action ou la fermentation révolutionnaire d'énormes masses, tant en Europe
qu'en Mie et dans les autres parties du monde, ont créé une situation d'un dynamisme
tel que ni le capitalisme ni la bureaucratie soviétique ne parviennent à la contrôler
effectivement.
Au contraire, cette nouvelle situation se développe fondamentalement aussi bien contre
le capitalisme que contre la bureaucratie soviétique. En effet, tous deux représentent des
forces historiques réactionnaires incompatibles avec les impératifs historiques actuels
qui peuvent se résumer ainsi : nécessité d'une organisation rationnelle et harmonieuse
de la vie économique et sociale internationale qui respecte la libre disposition des
masses de chaque nation et des rapports des nations entre elles.
3. Contrairement aux théories pessimistes développées sous l'influence des traits de
dégradation sociale et de barbarie inhérents aux contradictions du régime capitaliste et
à sa décomposition avancée, et de la soi-disant toute-puissance de la bureaucratie
stalinienne, notre mouvement international base ses perspectives révolutionnaires et
édifie son action sur la suprématie du processus objectif révolutionnaire de notre époque,
et son dynamisme ; sur l'impossibilité pour la bureaucratie soviétique d'étendre et de
consolider internationalement son contrôle du mouvement révolutionnaire ascendant
nourri constamment par le processus objectif Cette attitude est pleinement confirmée à
l'heure présente par les diverses manifestations de la crise du stalinisme auxquelles nous
assistons.
4. Dans les pays capitalistes d'Europe et d'Amérique, aussi bien que dans les pays du
« glacis » et les pays asiatiques, la crise ouverte ou potentielle du stalinisme est due en
dernière analyse au fait que le contrôle direct et absolu que le Kremlin entend exercer
pour servir exclusivement les intérêts de la bureaucratie soviétique se heurte à
l'ampleur, au dynamisme et l'expérience du mouvement des masses, qui n'a connu
depuis la guerre aucune défaite décisive, aucun écrasement de portée internationale.
Ce conflit fondamental entre les intérêts réactionnaires de la bureaucratie soviétique (et
les moyens bureaucratiques avec lesquels elle les défend en utilisant le mouvement
ouvrier) d'une part, et le libre développement de celui-ci, d'autre part, revêt des formes
spécifiques suivant les trois catégories des pays mentionnés.
5. Dans les pays capitalistes d'Europe et d'Amérique, la crise du stalinisme se manifeste par
la désaffection (depuis 1948 en particulier) des masses à l'égard des partis
communistes, ou par la perte de la confiance aveugle dans la direction stalinienne. La
désaffection est illustrée principalement par les résultats de toutes les élections qui ont
eu lieu depuis cette date, qui démontrent la stagnation, le recul et parfois même
l'écrasement de certains partis communistes. La perte de position et d'influence
syndicales et la baisse des effectifs et des tirages de la presse des PC ne sont pas moins
significatives de leur affaiblissement général dans ces pays.
Cette désaffection qui porte avant tout sur la clientèle petite-bourgeoise des PC est
due, d'une part, à un facteur objectif : l'amélioration relative de la situation économique
consécutive au Plan Marshall, et d'une manière générale au changement du rapport de
forces en faveur de la bourgeoisie dans les pays en question ; et, d'autre part, à un
facteur subjectif : la politique suivie par les PC depuis la liquidation de la guerre.
Cette politique s'est développée essentiellement en contradiction avec le
développement de la situation objective. Elle fut opportuniste et droitière entre 1944-
1946, à un moment où la potentialité et même l'activité révolutionnaire des masses
avaient atteint leur point culminant. Elle devint aventuriste dans ses méthodes et
sectaire à partir de 1947 en présence d'un fléchissement net de l'activité
révolutionnaire dû au changement relatif de conjoncture et à leur méfiance à l'égard
de la direction stalinienne, en raison de son cours précédent opportuniste et droitier,
qui avait gâché les chances révolutionnaires exceptionnelles existantes à la fin de la
guerre.
Dans les deux cas, la politique des directions des PC était subordonnée aux intérêts
de la bureaucratie soviétique et à ses rapports avec l'impérialisme.
Mais, à l'encontre de ce qui se passa avant la guerre, où la passivité et même la
prostration du mouvement ouvrier (consécutives aux défaites subies) favorisaient le
maintien de l'emprise bureaucratique en son sein, actuellement le niveau élevé auquel
se situent la potentialité et l'activité révolutionnaire du prolétariat et des masses
coloniales permet aux masses de faire une expérience critique du stalinisme et de mûrir
à chacun de ses tournants opportunistes.
6. Dans les pays du « glacis », la désaffection des masses à l'égard du stalinisme est le
résultat d'une expérience directe du stalinisme au pouvoir.
Cette expérience a commencé au lendemain de l'entrée de l'Armée rouge dans ces
pays et de l'étranglement bureaucratique de la montée révolutionnaire qui eut lieu
à ce moment. Elle se poursuivit ensuite à travers l'installation bureaucratique
fortuite au pouvoir de l'appareil stalinien et le contrôle de l'économie de ces pays
qui, tout en éliminant la bourgeoisie de ses positions politiques et économiques,
aggravèrent les conditions de travail des masses en les privant de toute possibilité
d'organisation et d'expression démocratiques.
Dans ces pays, les masses réagissent contre le régime bureaucratique et policier, qui
tient avant tout à la bureaucratie soviétique, par une opposition passive. Celle-ci
empêche de les mener docilement dans le sillage de la politique gouvernementale et
crée des difficultés supplémentaires à la solution des problèmes auxquels ont à faire
face les « démocraties populaires ».
7. Mais les manifestations de beaucoup les plus importantes de la crise du stalinisme
dans ce pays sont constituées par les procès et les épurations qui atteignent les milieux
dirigeants même des PC.
Les procès montés à Tirana, Budapest, Sofia, ont décapité les PC de ces pays et les
ont privés d'une série d'éléments dirigeants les plus liés à la base des partis et au
mouvement révolutionnaire que ceux-ci ont dirigé pendant la guerre. D'autre part, une épuration s'amplifiant a déjà profondément désorganisé les partis
communistes de toutes les « démocraties populaires », particulièrement ceux qui
représentaient une force réelle : le PC bulgare, le PC tchécoslovaque, le PC polonais.
Dans le seul PC bulgare, plus de quarante dirigeants de premier plan de ce parti, parmi
lesquels les dirigeants les plus populaires par leur action durant la guerre, ainsi que
douze membres du CC élus en 1948 au Ve Congrès ont été exclus récemment.
La campagne d'épuration menée activement par les hommes à la solde du Kremlin
se développe sur le thème de la lutte contre les déviations « nationalistes »,
lesquelles consistent à. mettre en doute le rôle « progressif » de la bureaucratie,
même à s'opposer au contrôle que celle-ci exerce sur ces pays, et à ne faire confiance
qu'aux forces propres de chaque pays.
8. En réalité, il s'agit de la manifestation d'un nouvel aspect de la crise du stalinisme
dans les pays où les circonstances ont permis l'ascension des PC au pouvoir, ouvrant
des perspectives nouvelles quant à l'évolution et à l'avenir du stalinisme en général.
Cet aspect est confirmé aussi bien par la rupture du PCY avec le Kremlin que par ce
qui se passe actuellement dans les PC des autres « démocraties populaires »
(particulièrement qui possèdent une force propre). Il réside dans la tendance que
manifestent les PC au pouvoir possédant une force réelle à s'affranchir de la tutelle
de Moscou et à agir d'une façon autonome.
Ce mouvement auquel les PC semblent se laisser entraîner s'explique par le conflit
entre les intérêts de la bureaucratie soviétique et les intérêts propres des masses
dans chaque pays ; la politique d'exploitation du Kremlin qui aggrave les difficultés
rencontrées par les partis communistes dans la gestion de l'économie et la politique
de ces pays et entrave leur libre développement ; le fait que les partis communistes,
directement responsables du gouvernement de ces pays, subissent la pression des
masses et ne peuvent plus comme autrefois agir comme de simples agences de
transmission des directives du Kremlin sous peine de se priver complètement de
l'appui des masses.
Pour faire face à la menace que représente cette tendance à s'affranchir de son
contrôle, le Kremlin détruit les partis communistes en tant qu'organismes tant soit
peu autonomes, et les remplace par des appareils de fonctionnaires directement
sous ses ordres.
L'impossibilité dans laquelle se trouve le Kremlin d'adopter une tactique plus
souple, de manœuvrer avec plus d'élasticité en raison du monolithisme
bureaucratique du système aggrave davantage la crise.
Tel est le sens des événements qui marquent la situation dans toutes les
« démocraties populaires » et les partis communistes respectifs.
En l'absence de conditions subjectives favorables analogues à celles de la
Yougoslavie, la crise dans le « glacis » s'enlise dans un long processus convulsif, les
procès succédant aux procès, les épurations aux épurations, sans qu'il soit possible
de voir réunis dans un avenir immédiat tous les facteurs nécessaires à une résistance
victorieuse au Kremlin et au détachement de la tutelle réactionnaire de celui-ci.
Cependant, à travers cette crise, la prise de conscience du rôle contre-
révolutionnaire du stalinisme dans les masses du « glacis », et du monde en général,
mûrit rapidement.
9. Dans les pays asiatiques en révolte, le stalinisme semble parcourir une phase
ascendante, les masses coloniales confondant la victoire de Mao-Tsé-Toung avec une
victoire stalinienne.
En réalité, le développement organique des révolutions coloniales qui sont en cours
en Asie comporte un dynamisme qui va fondamentalement à l'encontre de la
possibilité pour le stalinisme, c'est-à-dire la bureaucratie soviétique, de s'identifier
avec ces mouvements, de les juguler et les utiliser exclusivement pour ses propres
intérêts. Les récents incidents dans le PC japonais sont un indice de la crise latente
dans les PC des pays asiatiques.
La crise du stalinisme en Asie est encore potentielle mais elle est inévitable. Elle
réside dans le développement spécifique des partis communistes de Chine, du Viêt-
Nam et d'autres pays asiatiques en révolte, qui sont entraînés par le dynamisme
propre du mouvement révolutionnaire des masses qu'ils dirigent loin des objectifs
et du contrôle direct du Kremlin. Elle implique pour notre mouvement des
considérations théoriques et pratiques qui se trouvent résumées dans la résolution
relative au développement des révolutions coloniales en Asie.
10. Toutes ces manifestations de la crise générale du stalinisme sont dominées dans
l'immédiat par l'importance du développement de la révolution yougoslave. La
rupture du PCY avec le Kominform fut non seulement que dans tous les PC,
particulièrement d'Europe, elle a permis d'amorcer dans ces partis des courants
critiques qui atteignent même leurs sommets.
Les répercussions de l'affaire yougoslave ont déjà profondément disloqué le Parti
communiste allemand, en particulier son organisation d'Allemagne occidentale,
ainsi que les milieux dirigeants du PC espagnol.
En Autriche, en Grèce, en France, en Italie, les résultats visibles de l'affaire
yougoslave sont pour le moment moins spectaculaires, mais la fermentation qui
existe fraye le chemin à la construction d'oppositions et à l'amorce de courants
critiques qui sont possibles pour la première fois depuis longtemps dans ces partis.
11. Mais ce qui présente le plus grand intérêt dans l'affaire yougoslave, c'est l'évolution
progressive propre du PCY qui a résulté de la rupture, évolution qui contient
potentiellement la plus grande chance du mouvement ouvrier international depuis
la Révolution russe pour renaître sur la plate-forme du marxisme révolutionnaire.
Confirmant l'affirmation faite par notre internationale dès l'éclatement de l'affaire
yougoslave que la rupture d'un parti stalinien avec le Kremlin entraîne
nécessairement une différenciation par rapport au stalinisme, laquelle dans
certaines conditions peut s'avérer éminemment progressive, le PCY a suivi un cours
qui dépasse, deux ans à peine après la rupture, les pronostics les plus optimistes.
Les progrès idéologiques réalisés par le PCY et les réalisations correspondantes en
Yougoslavie prouvent la profondeur du mouvement révolutionnaire qui a porté ce
parti au pouvoir et les qualités remarquables de son équipe dirigeante. Ces progrès
sont en outre d'autant plus appréciables qu'ils se réalisent dans une conjoncture
internationale où s'exerce une énorme pression conjuguée de l'impérialisme et de la
bureaucratie soviétique sur la révolution yougoslave, tandis que l'aide du prolétariat
reste encore très faible.
12. Le trait général de l'évolution du PCY et de la Yougoslavie est une affirmation de plus
en plus claire et puissante (dans le domaine des idées et de l'organisation politique et
économique du pays) de l'essence éminemment démocratique de la dictature du
prolétariat, qui comporte une lutte persévérante contre la dégénérescence
bureaucratique.
Dans la mesure où le PCY persévérera dans cette voie et, en se débarrassant des
derniers vestiges idéologiques staliniens, retrouvera le lien organique entre la
progression de la révolution yougoslave et la révolution mondiale, ce qui exige le
regroupement des forces révolutionnaires sur l'échelle internationale, il deviendra le
tremplin le plus puissant d'où partira l'assaut décisif contre le stalinisme en crise.
Une telle évolution favoriserait d'autre part l'organisation de la nouvelle opposition
communiste qui monte dans les partis staliniens et avec laquelle il est permis
d'envisager actuellement la construction dans un avenir proche de formations mar-
xistes-révolutionnaires pour toute une série de pays.
La révolution yougoslave et notre internationale
13. Le caractère d'avant-garde révolutionnaire prolétarienne de notre internationale lui a
permis d'adopter, dès le début, seule entre tous les autres courants du mouvement
ouvrier, une attitude juste et efficace à l'égard de la rupture du PCY avec le Kominform
et de l'évolution de ce parti.
Grâce à la compréhension théorique correcte du stalinisme que possède notre
mouvement, il a pu dès le début saisir le sens de la rupture et s'engager tout entier
dans l'action pour la défense de la révolution yougoslave.
Distançant de loin dans la compréhension de la crise du stalinisme tous les autres
courants qui, faute de base théorique sérieuse, ont fait preuve en cette occasion du
confusionnisme et du sectarisme le plus grand, notre mouvement a démontré dans les
faits qu'il est le plus sensible aux tendances réellement révolutionnaires qui jaillissent
à travers les différentes expériences du mouvement des masses et qu'il est capable à
la fois d'apprendre de celles-ci et d'adopter à leur égard une attitude propre à faciliter
leur progression vers les positions fondamentales du marxisme révolutionnaire.
14. L'évolution de l'affaire yougoslave, qui a revalorisé objectivement le trotskysme aux
yeux de l'avant-garde révolutionnaire internationale en démontrant la justesse
historique de son programme, a permis d'autre part de parfaire dans l'action notre
propre éducation quant à l'attitude à suivre à l'égard de mouvements progressifs des
masses, de mieux comprendre les étapes concrètes par lesquelles passe l'évolution d'un
courant d'origine stalinien et a porté les coups les plus décisifs aux manifestations du
sectarisme dans nos propres rangs.
De ce point de vue, l'évolution de la révolution yougoslave a fertilisé et continue à
fertiliser la théorie et la pratique de notre mouvement.
15. Soulignant les résultats déjà obtenus par l'action de nos sections pour la défense de
la révolution yougoslave dans une série des pays, notre internationale redoublera
d'efforts dans cette campagne centrale qu'elle mène de par le monde, consciente que
de cette manière elle travaille de son mieux, dans les conditions actuelles, pour
donner une issue révolutionnaire à la crise du stalinisme et œuvrer à la
reconstruction du mouvement marxiste-révolutionnaire.
Entourer la révolution yougoslave d'une large sympathie active de l'avant-garde
révolutionnaire internationale et de la partie consciente de la classe ouvrière, c'est
favoriser l'existence et l'évolution progressive du plus important foyer
révolutionnaire à l'heure actuelle ; c'est propulser d'autant plus et rassembler la
nouvelle opposition communiste qui fermente dans les partis communistes,
précisément stimulés par l'exemple yougoslave.
16. Nos sections réaliseront le front unique le plus large possible avec toute
organisation, groupe ou courant prolétarien qui accorde un intérêt analogue à la
défense de la révolution yougoslave.
Elles maintiendront, amplifieront et compléteront les formes actuelles de leur
campagne, à savoir : faire connaître par leur presse et leurs publications et par la
diffusion des publications du PCY la vérité sur la révolution yougoslave, son évolution,
ses réalisations.
Elles maintiendront, amplifieront et compléteront la dénonciation des calomnies du
Kremlin et du Kominform et mèneront campagne pour que le blocus économique de
la Yougoslavie soit levé, et contre toute autre action hostile qui serait entreprise pour
éteindre et faire disparaître ce foyer révolutionnaire.
Elles dénonceront le danger toujours réel qu'un compromis entre l'impérialisme et
la bureaucratie soviétique ne s'établisse au détriment de la Yougoslavie, et les
agissements hostiles et les diverses pressions que les impérialistes exercent déjà sur
la Yougoslavie en vue de l'assujettir.
Elles amplifieront dans les usines, les syndicats et les milieux progressistes
intellectuels le mouvement pour l'envoi de délégations et de brigades en Yougoslavie
et pour que celles-ci mènent campagne à leur tour.
Elles lieront le mouvement révolutionnaire yougoslave au mouvement international
par des actions communes et des accords de front unique sur les plans tels que la
défense de la démocratie syndicale, le rétablissement de l'unité syndicale mondiale,
la solidarité ouvrière internationale, l'union des intellectuels progressistes,
étudiants, femmes, etc.
17. Ayant triomphé dans un petit pays économiquement et culturellement arriéré, de
majorité paysanne, et pris entre l'impérialisme et le Kremlin, la révolution yougoslave
éprouvera des difficultés à parvenir au moyen de ses propres forces et par son propre
dynamisme à des étapes supérieures si elle reste longtemps isolée, sans un appui actif
du prolétariat international.
De ce point de vue, seule sa jonction avec la révolution mondiale assurera sa
progression constante et son épanouissement socialiste.
Entre-temps, il est du devoir de l'avant-garde révolutionnaire internationale de
venir à son aide sur tous les plans et de comprendre que ses responsabilités ne sont
pas moindres que celles du Parti communiste yougoslave en ce qui concerne le sort
futur de la révolution yougoslave.