Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Sur le groupe Molinier

septembre 1938 · La conférence de fondation de la IVe Internationale (3 septembre 1938) · 994 mots

In English: Statement of the IS on the Molinier Group — texte anglais publié à l’époque.

1. Sur la base d'une lettre formelle du Parti communiste internationaliste (groupe la

Commune - Molinier), demandant son admission dans les rangs de la IV°

Internationale, des contacts ont eu lieu entre une commission spéciale désignée

par le Secrétariat International et une délégation de ce groupe. Ces contacts ont

été finalement suspendus par suite du refus du groupe « La Commune » d'accepter

par une réponse catégorique les propositions précises que le SI lui avait soumises,

en particulier la plus importante et la plus ferme : l'élimination inconditionnelle

de Raymond Molinier de toute participation à la section française de la IV°

Internationale et à la IV° Internationale en général.

2. Il est nécessaire de rappeler que Molinier a été exclu par la Conférence

internationale de 1936 pour sa conduite absolument incompatible avec

l'appartenance à une organisation prolétarienne révolutionnaire, expressément

pour tentative d'utiliser l'argent obtenu par des moyens douteux et incontrôlés,

en vue d'imposer son contrôle personnel sur l'organisation.

3. Lorsqu'en liaison avec la conférence mondiale récemment tenue, le PCI s'est de

nouveau adressé à la IV° Internationale et a formulé une demande d'admission. Il

fut décidé par les instances compétentes de clarifier cette question une fois pour

toutes, en apportant à sa solution une volonté nette et loyale d'aboutir dans un

sens positif. Pour mener à bien les négociations nécessaires et pour que des

manœuvres dilatoires ne fussent pas rendues possibles, le SI décida de présenter

une résolution en sept points précis contenant les conditions de la fusion entre

les deux organisations. Préliminairement, des tentatives du groupe Molinier

d'engager le Secrétariat international dans une « discussion générale » furent

repoussées par la commission du SI qui demanda que le groupe précise son

attitude envers la IV° Internationale, les décisions de ses conférences et sa

discipline. La délégation du PCI se décida alors à envoyer une lettre formelle de

demande d'admission à la conférence, en déclarant se soumettre à sa discipline.

4. Le SI répondit à cette lettre par la résolution suivante :

« Le SI ayant reçu la lettre du PCI datée du 14 septembre, demandant son

admission dans les rangs de la IV° Internationale, propose que la question soit

résolue de la manière suivante :

1. Les membres du PCI seront immédiatement admis dans le POI (section

française de la IV° Internationale). —

2. Les membres du PCI recevront une représentation adéquate au Comité

central et au Bureau politique du POI avant le congrès. —

3. La base de l'unification est fournie par les décisions de la Conférence

internationale, qui sont obligatoires pour tous les membres de la IV°

Internationale. —

4. Le cas personnel de Molinier ayant été décidé par la Conférence

internationale en 1936, décision qui n'a pas été changée ou modifiée par

celle de 1938, celui-ci reste complètement en dehors de la section française

unifiée. —

5. Comme membres affiliées au POI, les membres actuels du PCI auront les

pleins droits de participer au prochain congrès du POI et à la préparation et

discussion qui le précèderont. —

6. Les détails organisationnels de la fusion doivent être réglés par le Comité

central élargi du POI (y compris la représentation des membres actuels du

PCI, sous le contrôle du SI). —

7. Toutes les autres questions de divergences politiques ou organisationnelles

doivent être résolues dans le cadre de la section française unifiée, en accord

avec les règles normales qui s'y rapportent (résolution adoptée par le SI dans

sa séance du 16 septembre 1938).

5. Dans la première réunion de la délégation du SI avec les représentants du PCI,

ceux-ci ont exprimé la crainte de représailles envers ses membres dans la

section française unifiée. Pour donner des assurances sur cette question, la

délégation du SI a exprimé par écrit, sous sa seule responsabilité, sa volonté

d'ajouter un autre point (le 8e) à la résolution, comme suit : « Une fois la

résolution du SI acceptée par le PCI le SI déclare qu'il s'oppose à ce que soient

prises des mesures disciplinaires contre aucun camarade sur la base des

disputes passées » (Trent, Legrand, Lebrun, Busson, 18 septembre 1938).

6. Dans les discussions qui suivirent, il devint parfaitement clair que le point 4

(élimination de Raymond Molinier) était le seul point de contestation. La

délégation du PCI demanda que l'on donne des assurances officielles pour la

réintégration possible de Molinier dans l'avenir. Cette demande fut rejetée

catégoriquement pour cette raison que le SI n'a aucun pouvoir de modifier une

décision de la Conférence internationale et que l'exclusion de Molinier a été

faite sans conditions. (Des camarades américains, membres de la délégation du

SI, déclarèrent, sous leur responsabilité personnelle, que si Molinier acceptait

loyalement les décisions concernant son cas, renonçant à toute participation

directe ou indirecte à la vie de la section française et opérait un changement

radical dans son activité et sa conduite personnelle, dans ces conditions ils

interviendraient pour que son cas personnel soit examiné ultérieurement par

l'organisation internationale, et aideraient personnellement à sa réintégration

éventuelle. Les camarades américains soulignèrent que leur déclaration

n'exprimait que le sentiment personnel qu'ils éprouveraient pour tout

camarade s'efforçant sincèrement de rectifier sa conduite et que leur

déclaration n'avait et ne pouvait avoir aucun caractère officiel.)

7. C'est sur ce point que les négociations échouèrent. La délégation du PCI refusa

de donner une réponse catégorique aux résolutions du SI et proposa de les

accepter simplement « comme une base de discussion ». Dans ces conditions,

les négociations, n'ayant manifestement aucune perspective de réussite, furent

rompues. Il est plus clair que jamais que toute la question du PCI et du journal

la Commune n'a aucun contenu politique, mais est purement et simplement la

question personnelle de Raymond Molinier et de ses affaires financières.

La porte de la IV° Internationale reste ouverte, avec la pleine assurance des droits démocratiques normaux, pour les militants du PCI qui sont prêts à accepter les résolutions et à observer sa discipline.

Mais elle est fermée à Raymond Molinier.

Déclaration du Secrétariat international

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 1, p. 263–265 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

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