Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

De la réunification au Xe Congrès 1963-1979 › La réunification : le VIIe Congrès mondial et après (1963-1965)

La situation internationale et les tâches des marxistes révolutionnaires

mai 1964 · Comité exécutif international · La réunification : le VIIe Congrès mondial et après (1963-1965) · 9 016 mots

Chine Afrique Algérie et Maghreb

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(Résolution adoptée par le Comité Exécutif International de la IV® Internationale — Mai 1964)

Le présent texte, adopté par la session du CE. de mai 1964 n'entend pas reprendre l'ensemble de la situation internationale ; se basant sur la résolution politique adoptée par le Congrès Mondial

Au cours de l'année qui a suivi le Congrès Mondial de réunification (juin 1963), l'Union Soviétique et les Etats Unis ont poursuivi leurs efforts visant à réaliser des compromis sur un certain nombre de questions importantes (signature du traité de Moscou; conférence de Genève pour le désarmement ; accord pour la réduction de la production de matières fissiles ,etc.). Ils y ont été et ils y sont poussés par une série de facteurs puissants, dont l'équilibre relatif auquel a abouti la course nucléaire ; la nécessité d'une certaine « rationalisation » des armements ; la nécessité de me pas accroître ultérieurement le fardeau économique que ces armements constituent ; l'opportunité de limiter le danger des retombées radioactives, etc. Ils sont en méme temps stimulés par l'intérêt respectif de cristalliser, dans la mesure du possible, la situation au palier actuel et de renforcer leur hégémonie nucléaire dans leur propre camp.

Toutefois, les résultats atteints par le traité de Moscou sont très limités, du fait que les stocks nucléaires sont restés intacts-et peuvent même être accrus sans violation du traité, que les essais souterrains continuent, que la dissémination des armes nucléaires n'est pas interdite, que la « force de frappe multilatérale » de l'OTAN se prépare activement. Les négociations de Genève d'ailleurs s'étérnisent, sans aboutir à des résultats concrets.

de Réunification, il a pour objet de faire le point au sujet des principales questions qui ont surgi et des développements qui se sont produits au cours de l'année écoulée.

En deuxième lieu, aussi bien les Etats-Unis que l'Union Soviétique ont intérêt à essayer d'exploiter les difficultés du camp adverse, et par conséquent de garder les mains libres pour le faire.

En fait, les tendances centrifuges dans chaque camp n'ont cessé de s'accentuer. Elles sont déterminées en dernière analyse par l'existence d'intérêts spécifiques différents et par des divergences sur la stratégie et la tactique à suivre dans un certain nombre de problèmes majeurs. Ainsi, à côté de la stratégie soviétique et de la stratégie américaine, il existe une stratégie chinoise et une stratégie gaulliste qui exercent déjà l'une et l'autre une influence incontestable. La France a développé une ligne propre concernant non seulement les problèmes économiques et olitiques européens, mais aussi ceux re-atifs à certaines régions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine (notamment la « meutralisation » du Vietnam) ; pour pouvoir mieux exploiter le différend sino-soviétique sur le plan aussi bien économique que politique, elle en est arrivée à la reconnaissance diplomatique de la RP. de Chine. Les Chinois, pour des raisons évidentes, ont des perspectives beaucoup plus substantielles. Ils ont joué et ils jouent un rôle majeur au Laos et au Vietnam, Poussés en même temps par la nécessité de remplacer, au moins partiellement, les relations économiques avec l'URSS et les autres Etats ouvriers euro-

QUATRIEME péens ,très gravement compromises, et par la nécessité dé manœuvrer avec certains Etats nouvellement indépendants, ils sont même en train d'ébaucher une orientation propre sur le terrain de la diplomatie et des rapports avec des Etats capitalistes (tournée ‘africaine de Chou-En-Laï ; relations avec la Birmanie ; ouvertures économiques au Japon, etc.).

Mais c'est surtout l'évolution dans certains secteurs cruciaux qui risque de pro-voquef de nouvelles tensions graves et de nouveaux conflits extrêmement dangereux, y compris entre l'Union Soviétique et les Etats-Unis. À. Cuba, une nouvelle crise est en cours et les impérialistes, soit directement, soit surtout par le truchement de leurs agents contre-révolutionnaires cubains et latino-américains, ont déclenché de nouvelles attaques contre la révolution. Au Vietnam, les progrès de la guérilla du peuple vietnamien, et les échecs de la réaction indigène et impérialiste, ont abouti de nouveau à une situation extrêmement tendue que rendent encore plus critique les développements récents au Laos.

La crise de la direction américaine précipitée par l'assassinat de Kennedy constitue un élément de complication supplémentaire, entre autre à cause de l'incer-

Auù cours de la période considérée, le secteur de la révolution coloniale n'a cessé de suivre sa dynamique propre, caractérisée par des crises structurelles insurmontables, des luttes ininterrompues et, en général, une progression constante des forces anti-impérialistes et révolutionnaires.

Les développements plus récents à Zanzibar, et surtout l'unification avec le Tanganyika, confirment que la lutte des révolutionnaires se heurte à des obstacles sérieux. Dans la dynamique africaine d'aujourd'hui, il est possible que l'influence révolutionnaire se déplace de Zanzibar au Tanganyika et que l'expérience révolutionnaire amorcée dans l'île s'étende dans un pays beaucoup plus large et plus peuplé ; mais il reste le fait qu'à l'étape actuelle, l'opération d'unification a été conçue plutôt dans le but d'enrayer le mouvement zanzibarien et, comme telle, a été saluée par les milieux impérialistes et néocolonialistes.

En Amérique latine, l'opération majeure amorcée par l'impérialisme avec la soi-disant « Alliance pour le progrès » a désormais fait définitivement faillite ; il n'y a eu dans aucun pays un redressement économique quelconque, la crise sociale et politique sévit plus que jamais à l'échelle du continent, la voie « réformiste démocratique » s'est avérée impraticable, les classes dominantes indigènes conti-titude et de la tendance à l'attente jusqu'aux élections présidentielles de novembre. Les décisions prises par Johnson indiquent jusqu'à présent la volonté de maintenir le dialogue avec l'Union Soviétique, mais en même temps de dureir la ligne dans certains secteurs (Amérique latine), ce qui n'exclut pas la possibilité d'une révision dans le sens d'un compromis ou de replis partiels dans d'autres secteurs.

D'autre part, de nouvelles perspectives en politique internationale pourraient se dessiner en Europe, avec l'arrivée proba-bable au pouvoir du gouvernement travailliste, dont l'orientation internationale dans le contexte actuel ne pourra pas s'identifier complètement avec celle des Tories, et avec l'accentuation de certaines tendances autonomes dans le camp soviétique (Roumanie). Une autre série de problèmes se pose sur le plan économique entre les Etats-Unis et le Marché commun européen (Kennedy round), sans parler de l'ensemble des problèmes extrêmement graves et urgents qui se précisent plus généralement sur le plan du commerce mondial (détérioration constante des termes d'échange, au détriment des pays sous-développés fournisseurs de matières premières).

nuent à recourir aux méthodes les plus réactionnaires d'exercice du pouvoir, les masses et les avant-gardes sont de plus en plus poussées à une lutte carrément anti-impérialiste et anticapitaliste.

S'est plus particulièrement accentuée la crise de certaines organisations et directions nationalistes et nationalistes révolutionnaires qui avaient polarisé à une étape donnée la majorité où la partie la plus dynamique du mouvement des masses. Après l'évolution lamentable de l'Action Démocratique vénézuélienne et de l'APRA péruvienne, devenues en réalité des piliers du conservatisme et des alliés sûrs de l'impérialisme américain, le MNR bolivien s'est désormais discrédité aux yeux des masses et a souffert une grave scission avec le départ de l'aile gauche lechiniste, tandis que l'expérience improvisée de la direction Bosch à Saint-Domingue s'est avérée absolument éphémère. En Argentine, le courant péroniste, exclu du pouvoir depuis une longue période, n'a pas connu l'usure dont ont souffert des mouvement similaires et maintient son emprise sur les masses, mais il a tout de même subi des échecs et est sérieusement affaibli par une grave crise intérieure. Au Brésil, où l'inflation galopante et une crise structurelle aiguë avaient poussé une aile du mouvement nationaliste traditionnel, à laquelle s'était rallié le président Goulart

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INTERNATIONALE lui-même, à attaquer certaines positions des couches les plus conservatrices, la tentative réformiste sur une ligne nationaliste, malgré quelques mobilisations spectaculaires des masses, a tourné court et succombé à là riposte rapide d'une coalition réactionnaire saluée par le State Department.

Il est vrai q'une direction qui se veut réformiste et anti-oligarchique est installée au pouvoir au Pérou avec Belaunde, représentant notamment de la bourgeoisie industrielle. Mais cette direction s'est imposée à un moment où la situation était déjà devenue critique dans le pays, et où des réformes timorées ne pouvaient plus amorcer des solutions, fussent-elles précaires et partielles, ou capturer un mouvement de masse qui désormais vise des solutions radicales. En effet, les « réformes » de Belaunde, notamment dans les campagnes, n'ont fait en partie que sanctionner une situation de fait, et en partie ont agi comme un stimulant supplémentaire à la lutte des paysans pour l'occupation des terres qui a Connu un nouvel essor malgré le coup subi avec l'arrestation d'Hugo Blanco. En même temps, la lutte et la maturation du mouvement dans les villes n'ont pas connu d'arrêt, et des liaisons de plus en plus directes s'établissent, à différents niveaux et sous des formes différentes, entre le secteur prolétarien et plébéien urbain et le secteur paysan rural, renforçant ainsi la nécessité d'un Front Unique entre toutes les organisations révolutionnaires, dont les meetings et déclarations communes du FLN ,du MIR et du FIR ont donné un premier exemple valable.

Après les grandes luttes des mineurs d'août et de décembre 1963 — qui auraient pu avoir une autre issue et être en réalité le prélude à la conquête du pouvoir si les masses avaient eu une direction révolutionnaire — la Bolivie est entrée dans une nouvelle phase où de multiples issues sont possibles même à une échéance très rapprochée et en rapport avec les élections présidentielles qui se préparent. En effet, une victoire éventuelle de “Paz Estenssoro impliquerait un équilibre de pouvoir axé plus carrément sur la droite, même si on ne veut pas considérer la possibilité d'un coup militaire d'extrême-droite qu'on ne saurait exclure dans le cas d'une crise de direction prolongée et aiguë. Une victoire de Lechin pourrait inaugurer une nouvelle étape d'expérience nationaliste révolutionnaire que la pression des masses pourrait pousser assez loin. Toutefois, cette expérience éventuelle ne saurait non plus stabiliser la situation bolivienne et elle serait assez rapidement caractérisée par des conflits de tendances et par l'aspira-tion des masses à des solutions anticapitalistes, socialistes.

Dans un certain nombre de pays où subsistent soit des dictatures de vieux style (par exemple au Paraguay et dans quelques républiques de l'Amérique centrale), soit des gouvernements conservateurs réactionnaires (par exemple en Colombie), la lutte souterraine des masses et des groupes d'opposition n'est absolument pas étouffée ; le plus souvent, elle s'élargit, devient plus efficace et atteint parfois le niveau de l'organisation de guérillas (Guatemala, Nicaragua, Colombie, etc.). Dans ces conditions, des développements à la Cuba sont tout à fait possibles dès qu'un certain nombre de conditions seront réunies. D'autre part, les événements de Panama ont rappelé à l'impérialisme américain que sa domination est désormais remise en question même là où les rapports de force devraient lui être relativement plus favorables.

Au Venezuela, comme, toute proportion gardée, en Argentine, l'impérialisme et la bourgeoisie indigène considèrent avoir remporté ur succès en assurant l'installation d'un rouveau président par la voie électorale. S'il est vrai que, par rapport aux perspectives qui existaient auparavant, l'élection de Leoni fut un soulage-ment pour Washington et que le boycottage de la part du FALN a eu un écho plus limité que celui escompté, s'il est vrai surtout que la bataille reste particulièrement difficile du fait que l'impérialisme qui a des intérêts énormes dans le pays ne saurait y renoncer sans avoir recouru à tous Ses moyens, la crise politique et sociale subsiste, le mouvement des masses n'a rien perdu de sa vitalité et le mouvement de guérillas n'est pas écrasé. La discussion critique actuellement en cours sur les expériences passées devra aider à préciser une orientation de lutte non seulement anti-impérialiste mais en même temps anti-capitaliste, et à rectifier certaines erreurs tactiques, tout en maintenant et en renforçant les forces armées solidement implantées dans la campagne.

Le Chili reste toujours un cas très spécifique pour les raisons connues, mais il n'est absolument pas à l'abri des vagues de fond qui secouent le continent. La direction conservatrice actuellement au pouvoir est en pleine crise. La bourgeoisie et les couches dominantes en général s'interrogent sur la solution de rechange, le mouvement de masse attend des élections une victoire du front unique (FRAP) qu'il considère devoir être.une victoire de classe, une issue anti-impérialiste et anti-capitaliste. Les fermentations révolutionnaires. se précisent dans des secteurs critiques des partis traditionnels et dans les groupements d'avant-garde qui s'esquissent. Les élections seront un épisode très important aussi bien du point de vue des développements objectifs que de la maturation des masses. S'il paraît très impro-k

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INTERNATIONALE bable que la bourgeoisie ne cherche à éviter où à contrecarrer une victoire éventuelle d'Allende par toutes sortes de manœuvres, des subterfuges « constitutionnels », une « neutralisation » interne d'un gouvernement du FRAP par l'alliance avec les « radicaux » bourgeois, voire par des coups réactionnaires, une telle victoire se rait en tout cas un tournant capital dans la vie politique du pays.

La tendance aux crises sociales et poti-tiques et à l'instabilité permanente sera sans aucun doute la tendance de base en Amérique latine aussi bien dans les mois qui viennent que pour un avenir plus éloigné. En effet, à cause des conditions bien connues et notamment de l'évolution défavorable des « termes d'échange », il n'y a aucune possibilité d'une amélioration substantielle et d'une stabilisation quelconque de la situation économique. Aucune opération « réformiste démocratique » d'une portée réelle n'est possible du fait de la situation objective, des résistances acharnées des couches oligarchiques, de l'attitude timorée aussi bien des bourgeoisies indigènes que de l'impérialisme qui ou bien veulent éviter tout sacrifice même partiel ou bien craignent d'être débordés. Des crises de direction, des crises politiques graves, des changements et des oscillations brusques dans des directions opposées (tentatives réformistes désespérées in extremis et coups réactior naires) ne manqueront pas de se produire sur tout le continent.

Les conditions seront donc en général favorables aux mouvements des masses et aux luttes révolutionnaires. Mais là condition des succès sera que le processus de réflexion critique, de réorientation, de clarification, de regroupement, d'unification, qui est commencé ou qui se développe déjà dans plusieurs pays (Venezuela. Perou, Chili, Colombie, et même Argentine et Brésil) donne, à une échéance relativement proche, des résultats substantiels par la formation d'organisations ou de mouvements larges, liés aux masses aussi bien paysannes que prolétariennes et plébéiennes ,avec une plate-forme organique-ment anti-impérialiste et anti-capitaliste, et une orientation nettement « insurrectionnelle », avec une structure interne démocratique, condition de développement de l'esprit critique indispensable et de cohabitation de différentes tendances éventuelles. Il est clair que, sans la création d'une véritable direction révolutionnaire des masses, même des conditions objectives éminemment favorables ne seront pas exploitées et des situations de crise prolongée et de désagrégation économique et sociale pourront se produire. À l'exemple de la Bolivie déjà indiqué dans le passé s'est ajouté, au moins en partie, le cas argentin. Il est d’ailleurs hors de doute que le succès récent des forces réactionnaires au Brésil ne fut dans une large mesure possible qu'en raison de la carence du mouvement des masses qui reste fragmenté, hétérogène, et ne peut pas compter — probablement à quelques exceptions régionales près — sur une direction unificatrice véritable.

En Asie, les conditions les plus explosives restent concentrées, à l'étape actueile, dans le sud-est du continent. La situation au Vietnam n'a pas besoin d'être soulignée ; personne ne conteste la faillite lamentable de l'expérience néo-colonialiste dans le sud du pays, la force croissante du Front de Libération qui domine largement dans les régions rurales, l'impasse de la politique de l'impérialisme américain qui est devant le choix d'enregistrer carrément son échec par l'adoption d'une politique dite de neutralisation ou de poursuivre une guerre extrêmement dangereuse qu'il n'a aucune possibilité de gagner, Au Laos, les forces anti-impérialistes contrôlent désormais des positions décisives. Soldant l'échec, la solution « neutraliste » prônée par la bureaucratie soviétique ensemble avec des puissances impérialistes à fait faillite. Au Cambodge, sous la pression de la montée révolutionnaire dans les pays voisins et de ses propres masses, Sihanouk lui-même a dû esquisser un cours neutraliste accentué et utiliser un langage démagogique « socialiste ».

En Birmanie, l'équipe au pouvoir a précisé une orientation gauchiste visant à. nationaliser les propriétés du capital étranger et même du capital indigène sur une large échelle. Si elle était traduite dans la réalité, elle donnerait au pays une structure de capitalisme d'Etat très particulière. En même temps, le gouvernement s'est efforcé jusqu'ici avec un succès limité de mettre fin aux mouvements de guérillas existant depuis plusieurs années, sur la base d'accords politiques, y compris avec les différentes tendances communistes, et il a accentué une politique étrangère de rapprochement avec Pékin.

L'opération néocolonialiste de la Grande Malaisie, dont la précarité en soi est en tout cas évidente, malgré les conditions relativement favorables existant sur le territoire péninsulaire, s'est heurtée à la résistance de Sukarno. Une crise majeure reste possible si les tentatives de compromis continuent à échouer — cela d'autant plus que Sukarno qui ne réussit pas à surmonter sous quelque forme que ce soit [a crise économique et n'envisage naturellement pas une réforme agraire radicale, est poussé à chercher une échappatoire dans la surenchère démagogique et la mobilisation nationaliste contre les ennemis extérieurs.

En Inde, les difficultés et les conflits au sein du parti du Congrès qui a enregistré quelques échec électoraux, se mul-QUATRIEME

INTERNATIONALE plient, le problème de la succession de Nehru reste d'ailleurs ouvert et constitue un élément potentiel de crise majeure. La situation économique du pays ne s'améliore pas ; en réalité le rythme de croissance économique a tendance à diminuer de façon à rester inférieur au taux de Lsissu.ce de la population. Dans ces conditions, les rapports du gouvernement et du parti du Congrès avec les masses ne pourront que devenir plus difficiles et aucune solution ne sera apportée par les manœuvres du Congrès et des proclamations « socialistes », purement verbales d'ailleurs. Le fait est que, malgré les gains remportés par les conservateurs par leur campagne chauvine anti-chinoise en tin 1962, les difficultés économiques et l'intégration croissante de l'Inde dans le système militaire de l'impérialisme ont déja provoqué une certaine reprise du mouvement des masses qui s'est exprimée entre autres, à l'occasion d'élections partielles, surtout à Calcutta, Ce contexte devrait stimuler le processus de réorientation et de réalignement de la gauche. Entré dans une phase nouvelle à la suite de la rupture de fait du PC, et restant le problème numéro | pour le mouvement prolétarien et paysan, il ne pourra représenter une alternative révolutionnaire réelle qu'à condition de surmonter le désarroi politique et la fragmentation organisationnelle actuels.

Dans les pays arabes, si le processus révolutionnaire a désormais atteint même les zones les plus arriérées (révolution au Yemen, mouvement « réformiste » en Arabie séoudite), dans des pays cruciaux (Irak, Syrie) où le nasserisme a marqué des points aux dépens du Baath, les couches nationales bourgeoises n'ont pas réussi à trouver des formules viables, même temporaires. La crise de direction reste aiguë et le mouvement des masses maintient potentiellement sa force, malgré certains reculs.

En Afrique, la lutte continue dans les derniers bastions du colonialisme et du racisme vieux style. En Afrique du sud, les répressions et les diversions de Verwoerd n'ont aucunement atteint leur but et le mouvement de résistance se radicalise tout en cherchant toujours sa voie et son unité, et en n'ayant pas encore pu passer à une lutte armée pouvant être considérée comme le début de la révo-lütion. En Angola la guérilla enregistre une reprise incontestable et un élargissement géographique ; un courant de la direction du FLNA, déçue par les néocolonialistes et par une série d'Etats africains, s'est vue contrainte de s'orienter vers d'autres sources, y compris vers les Etats ouvriers et avant tout la Chine.

Au Congo, l'impasse du gouvernement Adoula est complète, les forces néo-colonialistes exploitent à fond la division et la balkanisation du pays. Toutefois, dans les secteurs piébéiens des grandes villes le mouvement rational lumumbiste a une influence très large, et surtout dans quelques regions du pays se développe une résistance armée. Sur ce plan, le mouvement dirigé par Mulelé a déjà atteint une remarquable ampleur. Il s'est étendu de la région d'origine au Kouilou vers le Kivu, le Nord-Katanga, le Maniéma et le Kasai .Au Congo-Brazzaville, d'autre part, une révolte populaire a balayé NAS quelques mois l'un des régimes néo-colonialistes les plus détestés, celui de l'abbé Youlou.

Mais c'est surtout à Zanzibar que le mouvement révolutionnaire à remporté un succes très imuartant avec l'écroulement iepide de l'écha.audige mis sur pied pour assurer le pouvoir d'une couche uominan-des forces populaires sous une direction avancée qui a déjà envisagré la nationalisation du sol.

La révolution à Zanzibar a eu des répercussions immédiates dans d'autres pays de l'Afrique orientale. Au Tanganyika, en Ouganda et au Kenya se sont produits des mouvements d'origine et de nature différentes, mais sans doute propulsés par les événements de Zanzibar. L'intervention des troupes britanniques demandée par les gouvernements indigènes eux-mêmes a confirmé en même temps la précarité des bases néo-colonialistes jetées par l'impérialisme avant son repli ainsi que la faiblesse des régimes établis et leur peur devant des mouvements de masse. (Au Tanganyika, une grève générale devait avoir lieu le jour de l'intervention, et le Kenya était le théâtre de mouvements d'occupation de terres). Les révolutionnaires africains ne peuvent que condamner de là manière la plus explicite et la plus claire une telle intervention ainsi que des interventions éventuelles d'une soi-disant force unitaire africaine qui jouerait en réalité un rôle conservateur et réactionnaire.

Un autre rempart du néo-colonialisme britannique, le Nigeria, a montré des signes croissants d'instabilité et de crise avec des développements importants sur le plan des syndicats et de l'organisation politique des masses,

Les Etats arabes africains doivent compter de plus en plus avec l'influence de la révolution algérienne. Au foc, après avoir joué le rôle d'instrument d'agression militaire, le roi utilise une répression farouche contre l'opposition. En Tunisie, Bourguiba tâche en même temps de resserrer son régime, d'amorcer des opérations «réformistes » démagogiques, et d'établir de meilleures relations avec le gouvernement algérien. Nasser poursuit et acçentue son cours à gauche, en amplifiant encore les mesures radicales de na-

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INTERNATIONALE tionalisations visant aussi bien ce qui restait des positions impérialistes que le grand capital indigène, et en prévoyant une composition « populaire » des organismes représentatifs. Le régime reste toutefois extrêmement bureaucratique et ne recherche pas à cette étape également une active mobilisation des masses.

En Algérie, après la nouvelle vague des mesures révolutionnaires d'octobre 1963, le premier congrès du FLN à approuvé un nouveau programme sans aucun doute plus précis, plus étoffé, plus inspiré des conceptions du socialisme scientifique et du marxisme révolutionnaire que le programme de Tripoli pourtant déjà remarquable. Le Congrès a sanctionné ce que les Algériens appellent leur « option socialiste » £t a confirmé le rôle dominant de la direction Ben Bella, qui ne cesse de se battre pour une solution socialiste, antibureaucratique, démocratique des problèmes cr se posent à la révolution. Par son

“emple — ses réussites à l'intérieur, dont l'autogestion agricole, et son attitude envers les problèmes de la politique internationale — la révolution algérienne, qui est sur la voie de l'instauration d'un Etat ouvrier, représente un stimulant puissant pour tous les peuples arabes et tous les peuples du continent africain.

Il me faut, toutefois, pas oublier que des obstacles sérieux entravent encore le développement de la révolution. L'impérialisme, surtout français, maintient en Algérie des positions économiques et financières-clés et les forces conservatrices indi-

En URSS, les tendances économiques mentionnées dans le texte du Congrès Mondial de Réunification n'ont pas connu de modifications importantes. Le développement économique en général se poursuit à un rythme supérieur à celui des Etats-Unis et d'autres puissances capitalistes, mais le taux d'augmentation du tre-venu national a encore diminué, les déséquilibres et les goulots d'étranglement sont loin d'être surmontés, la productivité du travail a été inférieurs aux prévisions dans toute une série de cas malgré le renouvrau technologique constant, les progrès de c:'‘ains secteurs industrels importants (dont la chimie, des biens de consommation) se sont avérés insuffisants par rapport aux besoins les plus urgents. L'agriculture, «last but not least», s'est confirmée être le véritable talon d'Achille du système, D'où la nécessité pour la direction bureaucratique elle-même — qui subit de plus en plus la pression de larges secteurs de la population qui, dans quelques cas, s'est concrétisée par des manifestations ouvertes de mécontentement et de protestation — d'amorcer de nouveaux gènes sont encore relativement fortes dans certains secteurs (grands et moyens propriétaires, commerçants grands et moyens). En même temps, les milieux réactionnaires tâchent d'exploiter à des fins réactionnaires l'idéologie religieuse de l'Islam.

Finalement, ce qui n'est pas moins important, la majorité des paysans pauvres du pays n'a pas encore tiré des bénéfices directs et concrets des mesures révolutionnaires et continue à vivre dans des 3. * périoles : et la masse des chômeurs reste imposante, d'où la possibilité de spéculations et de manœuvres contre-révelutionnaires. Le danger existe d'autant plus que l'appareil d'Etat n'a pas connu de changements radicaux, et que le parti, tout en étant doté aujourd'hui d'un programme très avancé, n'est pas encore structuré et ne fonctionne pas encore d'une façon vraiment démocratique et efficace.

Dans la période qui s'ouvre, les cadres et les dirigeants les plus conscients du -LN devrort dorc engager une lutte résolue et audacieuse contre tous les conservateurs et les réactionnaires qui, tout en n'osant pas s'opposer ouvertement au programme et à l' « option socialiste », s'efforcent d'entraver la marche de la révolution par toutes sortes d'obstructions et même de sabotages. La mobilisation des masses, toujours prêtes à défendre les intérêts essentiels de la révolution, sera de nouveau et en dernière analyse le facteur déterminant dans la bataille de toute cette phase.

rajustements et de prendre de nouvelles mesures spectaculaires (investissements massifs dans l’industrie chimique, nouvelle révision de la politique agricole).

Aussi bien pour faire oublier, au moins en partie, les déboires de sa politique agricole et son incapacité prolongée de faire face aux besoins accrus en biens de con-semmation, que pour contrecarrer l'offensive chinoise en frappant les Chinois au int où ils sont visiblement les plus faibles, la direction khrouchtchevienne a renouvelé au cours des derniers mois les attaques contre Staline ,annonçant entre autre de nouvelles réhabilitations qui, probablement, sont un prélude à d'autres réhabilitations encore plus spectaculaires. Ces mesures ainsi que la mesure d'exclusion qui. semble avoir frappé Molotov et Malenkov sont naturellement appliquées dans le style de la « libéralisation » propre à l'équipe khrouchtchevienne qui s'efforce de contrôler de très près le processus, de briser dans l'œuf toute tendance spontanée potentiellement dangereuse, y compris par le recours à certaines méthodes répressives, et surtout ne fait aucune concession

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INTERNATIONALE substantielle sur les terrains les plus dé cisifs (démocratie ouvrière dans les entreprises et la direction de l'économie, démocratisation des organismes politiques, démocratisation des organismes, démocratisation du parti, etc.).

Dans les démocraties populaires européennes, les tendances économiques générales se sont en gros confirmées pendant l'année 1963. Dans ces pays aussi le secteur agricole a enregistré un taux de croissance tout à fait insuffisant sinon carré-ment inexistant, avec toutes les conséquences qui s'ensuivent même sur le développement industriel, le commerce extérieur, le niveau de vie des masses, etc. En Yougoslavie, des déséquilibres graves, des irra-tionnalités dans les investissements — très souvent conséquences de tendances « loca-listes » —, une hausse des prix que n'a pas compensée la dynamique des salaires, ont posé des problèmes, créé des inquiétudes et des malaises, suscité même des grèves, qui ont amené le Plenum récent de la Ligue des Communistes à esquisser une autocritique serrée et à amorcer des mesures de rajustement. Le Congrès qui se prépare aura Une importance très grande pour déterminer la situation dans le pays et l'orientation actuelle de la direction Tito.

En Chine, l'amel'ération de la situation économique se confirme mais, si dans l'agriculture les progrès ont éte tangibles, dans l'industrie, à en juger même sur la base des données officielles, la croissance s'est modérée. D'autre part, si la direction Mao continue une certaine propaga égalitaire et anti ibureaucratique, et insiste sur l'idée d'une majorité et d'une minorité, elle n'a pas jusqu'ici esquissé un tournant Vers un desserrement de 5on emprise bureaucratique rigide, malgré la présence probable de pressions et tendances dans ce sens au sein même du parti.

Mais c'est surtout la prolongation et l'aggravation extrême du conflit sino-soviétique qui influence et infivenceront profondément à cette étape la situation et la politique des Etats ouvriurs et des partis communistes.

Sur ie plan théorique et politique, les positions des Chinois s2 sent précisées davantage tant par la répétition et la précision de certains thèmes avancés par eux depuis quelques années que par l'esquisse et le développement de motifs nouveaux. Rappelons notamment a) la critique d'un des pivots de la conception stalinienne, à savoir la stricte dépendance des Partis communistes du P.C. de l'Union soviétique ; b) la critique de la stratégie khrouchtchevienne misant avant tout sur la compétition économique et non sur les luttes révolutionnaires des masses ; c) l'idée qu'un compromis éventuel de là part de l'Etat soviétique avec des pays capitalistes ne devrait pas impliquer une politique de compromis de la part des partis communistes opérant dans les pays capitalistes en question ; d) la critique des rapports économiques entre l'URSS et les autres Etats ouvriers, du fait qu'ils impliquent, derrière le mas-que de la collaboration socialiste inter-tiationale, le sacrifice des exigences de développement et surtout d'industrialisation de certains Etats ouvriers les plus arriérés ; e) la critique du traité de Moscou qui aurait marqué une « alliance » entre Moscou et Washington en violation des accords existants entre l'URSS et la Chine et qui viserait à imposer une tutelle soviétique à tous les Etats ouvriers dans le domaine militaire ; f) la dénonciation assortie d'exemples concrets des conséquences funestes de la ligne droitière que la direction soviétique a imposée à différents partis communistes (Irak, France, Algérie, Cuba, Inde, Brésil), la critique plus détaillée de la révision de la conception léniniste de l'Etat de la part des khrouchtcheviens partisans des voies pacifiques au socialisme, et la demarde d'une révision du texte de la déclaration de 81, considérée désormais équivoque sur ce point important ; g) là nécessité d'un débat public et la notion qu'il peut exister des majorités et des minorités dans le mouvement ouvrier international, et que les minorités peuvent avoir raison.

En même temps, les Chinois ont précisé davantage d'autres positions que la IV® Internationale a condamnées dès le commen-cermient, et notamment :

a) un jugement sur Staline intrinsèque-ment erroné et contradictoire dans sa formulation :

ü) une défense de la conception ultra-bureaucratique stalinienne d'après laquelle la lutte de classe s'aggrave et la dictature du prolétariat doit être renforcée pendant la période d'édification socialiste (ce qui est opposé à la conception léniniste de la démocratie prolétarienne et de son développement) ; è c) une interprétation tout à fait unilatérale du XX Congrès dont ils ne sais-sissent que les traits droitiers et révisionnistes ; d) une caratéristique sociologique aberrante de la Yougoslavie comme pays où le capitalisme aurait été instauré sous forme d'hégémonie d'une « bourgeoisie bureaucratique compradore » ; e) une conception étriquée et tout à fait bureaucratique de l'art et de la culture dans un Etat ouvrier.

Il faut ajouter que la polémique contre la direction soviétique à acquis souvent des formes outrancières, sectaires et ultragau-che. Mais c'est surtout l'idée d'une soi-disante tendance très prononcée à la res-fauration du capitalisme en URSS et l'ex-

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INTERNATIONALE plication de la politique droitière de Khrouchtchev par l'influence des forces capitalistes, internationales et indigènes, qui représentent une erreur ou une déforma-tion majeure de la part des Chinois. Il est évident que, si les dirigeants chinois en arrivaient à caractériser l'URSS comme un Etat capitaliste, ils commettraient la même erreur que celle commise par des petits groupes ultragauche et sectaires, ce qui dans leur cas pourrait impliquer des conséquences pratiques extrêmement graves, à savoir une stratégie de lutte contre l'impérialisme et l'URSS sur le même plan. Un tel cours remettrait en question tout l’acquis objectivement positif de la polémique chinoise jusqu'à, maintenant.

Les dirigeants du P.C.U.S. ont, pour leur part, insisté sur les thèmes connus de leur orientation, en faisant parfois des surenchères verbales dans le but évident de contrecarrer l'action chinoise, notamment dans le secteur de la révolution coloniale, et en exploitant les côtés les plus faibles de leurs adversaires, en particulier leur attitude sur la déstalinisation. Îls viennent maintenant de déclencher une offensive sans précédent qui vise, par une excommunication solennelle, à l'isolement — relatif — de Pékin. ï

Ainsi le conflit en arrive à une scission dont il n'est pas aisé de prévoir dès maintenant la portée et toutes les conséquences. Il est toutefois désormais clair qu'il n'y aura pas que la polarisation Moscou-Pékin et qu'en fait des partis communistes, des secteurs du mouvement communiste — pour ne pas parler d'organisations nouvelles d'origine différente et de formation spécifique — auront tendance à se différencier, à prendre des positions autonomes et à ne pas s'engager à fond avec les uns ou avec les autres. Dans certains cas, une position pareille pourra correspondre aux nécessités spécifiques d'une révolution ou d'un pays (Cuba d'une part, Roumanie d'autre part). Dans d'autres cas, interviendront des considérations tactiques disparates — par exemple les droitiers du PC italien veulent exploiter le désengage-ment éventuel du parti pour donner une preuve supplémentaire de leur « indépendance » et de leur esprit national et démocratique, tandis que les gauchistes du même parti ont intérêt à éviter que celui-ci s'intègre dans la droite internationale khrouchtchevienne.

Tout cela aura pour conséquence de propulser et de faciliter davantage la dialectique interne dans le mouvement ouvrier international et de stimuler l'esprit critique des cadres et des militants les plus conscients. Objectivement ce sera un apport majeur au renouveau révolutionnaire du mouvement communiste.

Il reste cependant vrai que le transfert du conflit actuel sur le plan des Etats pourrait avoir des conséquences facheuses et apporter un affaiblissement, fut-il temporaire ,du front des Etats ouvriers face aux impérialistes. C'est pourquoi la IV* Internationale condamne avec là dernière énergie toute représaille politique et économique d’un Etat ouvrier envers un autre (comme l'attitude de Khrouchtchev dans la question des techniciens et des crédits soviétiques), toute aide militaire à un Etat bourgeois en conflit avec un Etat ouvrier, et toute tentative de subordonner le front des Etats ouvriers à l'hégémonie militaire, voire nucléaire, d'un Etat-guide quelcon-que.

Le conflit sino-soviétique est de plus en plus une indication des conflits et des contradictions qui se produisent dans la phase de transition entre le capitalisme et 1: socialisme, et qu'il serait tout à fait erroné de considérer comme étant purement politiques et idéologiques. En réalité, il s'agit de conflits politiques, économiques et sociaux qui dépendent en dernière analyse des différences de conditions historiques, des différences de structures politiques et mêmes économiques, des différences dans la formation des cadres et des militants, et des expériences vécues par le mouvement communiste et le mouvement ouvrier en général. Ces conflits qui, dans certaines limites, sont sans doute inévitables, se produisent sous la forme explosive actuelle dont le ton polémique outrancier n'est que la rnanifestation extérieure — du fait qu'à une seule exception partielle près, les Etats ouvriers ont connu une dégénérescence ou une déforma-tion bureaucratique et que la lutte se concentre maintenant entre deux bureaucraties, placées dans un contexte différent et dont les intérêts peuvent par conséquent se différencier et même s'opposer, comme l'ont démontré des questions ou des événements majeurs (attitude envers l'impérialisme américain, conception de base de la stratégie du passage au socialisme à l'échelle mondiale, problèmes de la coordination économique, traité de Moscou, attitude dans le conflit sino-indien, etc.). Le soitien critique que la IV® Internationale assure aux communistes chinois dans leur lutte contre la direction Khrouchtchevienne ne signifie aucunement un oubli de la nature bureaucratique des deux directions (qui se reflète, entre autre, dans les attaques des deux côtés contre le trotskysme, et les accusations réciproques de trotskysme) ni une sous-estimation du caractère absolument négatif de certaines thèses chinoises, mais il découle du fait que la direction chinoise opère sous l'impulsion de stimulants différents de ceux avi conditionnent la direction khrouchtchevienne et que, grâce à ces stimulants, elle prend sur des questions de fond des positions objectivement plus progressistes, à savoir correspondant davantage aux nécessités de la défense des Etats ouvriers

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INTERNATIONALE dané leur ensemble, du développement des luttes révolutionnaires et de la lutte contre les tendances droitières dans le mouvement communiste.

À Cuba, les grandes réalisations économiques et sociales de la révolution ont ultérieurement consolidé l'attachement des masses au nouveau régime dont la direction s'est confirmée comme la plus sensible aux aspects et aux exigences essentiels de l'édification socialiste et en même temps aux nécessités de la lutte révolutionnaire mordiale (notamment en Amérique latine).

Sur le plan économique, l'industrie a connu des succès remarquables avec un taux d'expansion élevé, tandis que l'agriculture, qui pourtant a résolu les probl mes sociaux les plus dramatiques qui affli-geaient traditionnellement le pays (avant tout le chômage et le sous-emploi), piétine sur place et se trouve sérieusement entravée par des difficultés et des contradictions multiples.

Du point de vue politique, la tendance

Aux Etats-Unis, l'assassinat de Dallas s'est produit à un moment où la politique intérieure de Kennedy se trouvait dans ure impasse et où le kKennedysme en était réduit à son aspect « idéologique ». La crise de direction ouverte a été partielle-merit contrôlée par l'habileté de Johnson, vieux routier du congrès, par l'absence d'une figure de l'opposition républicaine susceptible de présenter une alternative et du fait que Johnson paraît assuré de gagner les élections. Ce qui prévaut donc, c? font plitôt des ajustements, des rectifications, d'autant plus que des secteurs conservateurs du Congrès se sont montrés prêts à faire à Johnson des concessions qu'ils ne voulaient pas accorder à Kennedy.

Un intérêt et une importance considérables doivent être accordés au développement d'une pression grandissante d'un secteur du capitalisme américain en faveur d'un changement majeur en politique extérieure. Elle a été manifestée par des personnalités aussi importantes que les sénateurs Mansfield et Fullbright, par des commentateurs aussi « respectables » et influents que Lippmann, et par le puissant New York Times qui a repris le thème presque sous forme d'une campagne. Jusqu'à présent, l'administration Johnson a gardé ses distances envers la mise en question persistante de l'efficacité de la politique extérieure des Etats-Unis. Ceci est peut-être dû avant tout au désir de Johnson de ne pas fournir pendant la campagne électorale des arguments sur la

« mollesse envers le communisme » à révolutionnaire et antibureaucratique la plus conséquente (dont Fidel Castro, Gue-vära, etc) a marqué des points contre les tendances bureaucratiques représentées notamment par les anciens dirigeants du PSP. (communistes staliniens) qui maintiennent toutefois le contrôle de quelques secteurs importants (agriculture, syndicats, formation idéologique).

11 1 3 pas ce doute que la lutte entre les différentes tendances et orientations —— concernant des problèmes-clés de l'édification socialiste, la structure et l'organisation de l'agriculture, la conception de l'appareil d'Etat, du parti, du rôle des syndicats, la conception de la culture et aussi l'orientation des luttes révolutionnaires en Amérique latine — va se poursuivre et de nouvelles mesures se préparent dans des domaines importants. Sauf une évolution pour le moment imprévisible ou accidentelle, le courant antibureaucratique devrait se renforcer ultérieurement grâce aussi à l'afflux des cadres des nouvelles générations formés dans le climat des années révolutionnaires.

IV l'extrême-droite du Parti républicain. Mais la Maison Blanche fut sans aucun doute avertie bien à l'avance de ces prises de position, notamment au Sénat, et elle les avait peut-être approuvées,

La politique extérieure des Etats-Unis, notamment envers la République Populaire de Chine ,est restée rigide depuis que Truman repoussa les approches faites par le régime Mao lors de son arrivée au pouvoir, Au cours de toutes ces années, des considérations de politique intérieure, liées aux préparatifs d'une nouvelle guerre mondiale, ont bloqué tout changement majeur de politique extérieure, même s'il eut mieux servi les intérêts impérialistes de Wall Street. Avec la rupture ouverte entre Moscou et Pékin, la stupidité d'une telle politique acquit une évidence aveuglante. En refusant de reconnaître la R.P. de Chine, l'impérialisme américain se privait lui-même, entre autre chose, de la possibilité de jouer perfidement les directions des deux Etats ouvriers l'une contre l'autre et d'agrandir le fossé au désavantage des deux à la fois. Aussi, dès l'été 1963, la question de la rigidité de la politique extérieure de Washington est venue de plus en plus au premier plan chez les capitalistes et les porte-parole de ceux-ci aux Etats-Unis qui sont familiarisés avec les réalités mondiales. Lorsque de Gaulle, en reconnaissant la Chine, mit la France en état de tirer quelque profit sur le plan de la politique extérieure, cette question se posa dans toute son acuité aux Etats-Unis, où, d'autre part, une pression supplémentaire est exercée par la perspective d'une admission possible de là Chine aux INations Unies.

Il est donc possible qu'après l'élection de novembre, la politique extérieure des Etats-Unis soit réexaminée et que quelques changements soient apportés. Ceux-ci constitueraient essentiellement le passage d’une sorte de « guerre de tranchées » sur le front diplomatique à ure « guerre de mouvement ». Les objectifs fondamentaux, contre-révolutionnaires et complètement réactionnaires de la politique des Etats-Ünis me changeraient pas. Mais la lutte tactique pour atteindre ces objectifs deviendrait plus subtile, plus insidieuse et même plus dangereuse.

Néanmoins, une reconnaissance de la R.P. de Chine par Washington constituerait une grande victoire pour la cause des peuples colonisés et pour le socialisme mondial. Elle doit rester une revendication du mouvemerit révolutionnaire socialiste, tout comme la normalisation des relations avec le gouvernement de Castro à Cuba.

Si Washington modifiait éventuellement sa politique extérieure sur ces deux questions-clés, le changement devrait être salué par les combattants révolutionnaires partout dans le monde comme un dévelop-pemert encourageant favorable au mouvement de libération nationale et au socialisme. Mais il ne sera favorable qu'à condition seulement que les nouveaux dangers soient clairement reconnus et que des moyens adéquats pour les combattre soient élaborés,

Mais le problème le plus brûlant aux Etats-Unis s'avère être de plus en plus celui de la minorité noire. La marche sur Washington fut surtout une tentative de ‘aile rrodérées pour exercer une pression sur le Congrès en vue d'obtenir l'adoption de la loi Kennedy et pour conserver le contrôle du mouvement. Cette tentative n'a pas donné les résultats recherchés. L'adoption de la loi reste encore indéterminée, tandis que le mouvement s'élargit et s'approfondit. En effet, non seulement la tension reste grave dans le sud, mais la crise <e manifeste dans le nord, où la plate-forme du mouvement noir se trouve nécessairement plus avancée. C'est pourquoi même l'adoption tardive des mesures Kennedy s'avérera insuffisante, étant donné le niveau déjà atteint par le mouvement. L'évolution récente au sein du mouvement des Black Moslems traduit la tendance de couches d'avant-garde du mouvement noir à se placer sur un plan nolitique plus concret et à poser en réalité la question de la formation d'un parti noir (Freedom Now Party). Le problème noir, surtout dans nord industriel du pays, se combine d'ailleurs dans une large mesure avec le problème de la lutte contre le chômage, du fait que les Noirs fournissent la plus grande proportion des victimes d'un chômage prolongé.

Etant donné la nature et l'ampleur déjà acquise par le mouvement, le problème des Noirs ne constitue pas un problème parti= culier et limité, mais il a tendance à. bouleverser de plus en plus toute la structure politique du pays. D'autre part, il est clair que ce mouvement traduit aussi de manière concrète l'influence de la. révolution coloniale et plus particulièrement de la révolution africaine.

Sur le plan économique, les Etats-Unis. ont connu une haute conjoncture qui se prolonge depuis à peu près 40 mois, ce qui représente une durée record dans l'après-guerre. Les perspectives à court : terme laissent prévoir une prolongation ultérieure de la conjoncture actuelle.

Il faut toutefois souligner que cette haute conjoncture n'a pas absolument réussi à réduire le taux très élevé du ch6-mage, qui se chiffre autour de 4,5 millions selon les statistiques officielles, et à. 10 millions selon les calculs des syndicats. Il s'agit en réalité d'un chômage techno logique qui à tendance à s'accentuer davantage et à créer des problèmes graves. qui ont déjà provoqué l'alarme, même d'économistes conservateurs et officiels. Ce: facteur, qui a contribué à la mobilisation des Noirs, frappés par le chômage dans.

une mesure beaucoup plus sensible que les. autres couches de la population, constitue une autre fissure dangereuse dans le sys— tème intérieur jusqu'ici solide du capitalisme nord-américain.

En Europe occidentale, l'euphorie éco-nemique tend à s'apaiser. La progression. économique se: poursuit mais à des rythmes. réduits, avec des goulots d'étranglement de plus en plus évidents et dangereux, avec des tensions intérieures et extérieures ,avec des poussées inflationnistes surtout dans certains pays (France, Italie), avec quelques symptômes d'un début de saturation dans certains secteurs.

En Grande-Bretagne, le pouvoir tory est à bout de souffle et la victoire du Labour: s'avère la perspective la plus probable. Cette accession des travaillistes ne pourrait être une répétition pure «et simple de l'expérience des années 1945-51 où le. gouvernement travailliste s'est complète ment aligné sur la ligne de la « guerre. froide » et a joué le rôle de stabilisateur. du régime à l'intérieur. Le nouveau gouvernement travailliste sera poussé à é borer une politique extérieure propre et à amorcer un programme économique qui. tienne compte des nécessités des masses. Dans la mesure où il se refuserait dès le. début à se placer sur un tel terrain où dans la mesure où la ligne réformiste s'avérera tout à fait incapable de résoudre , les problèmes fondamentaux, une différen ciation accentuée se précisera dans le bour Party et les Trade Unions qui pol

. raient connaître Une crise majeure avec

E des développements actuellement visibles.

En Italie, l'opération néo-capitaliste dite de centre-gauche ,visant aussi bien une « rationalisation » du système et l'intégration dans le régime d'un secteur du mouvement ouvrier (Parti socialiste), s'est réalisée avec un retard qui l'a en réalité largement compromise dès le départ. Le gouvernement Moro-Nenni s'est trouvé en face de problèmes conjoncturels assez pressants, il est entré assez vite en conflit avec d'importants secteurs de masses en lutte, il a fait des concessions graves aux groupes capitalistes dominants, et son existence paraît précaire, y compris à cause -de confilts intérieurs. Malgré la ligne hésitante et timorée du PC italien et la capitulation du PS, le mouvement des masses a réagi d'une façon active. Sur le plan politique, le PS a payé sa capitulation par une lourde scission, le rouveau parti PSIUP ayant Une base assez large et un poids important dans les organisations syndicales. Sur le plan des luttes économiques, de grandes grèves ont été déclenchées. Pour un proche avenir, la perspective reste “cells d'une instabilité politique et de conflits sociaux aigus.

.En Grèce, la période de stabilité politi- “que relative établie par Karamanlis est ‘terminée. L'expérience Papandreou qui reflète sous une forme générale une tendan-cr à gauche dans le pays, se réalise, mal gré sa majorité parlementaire aux dernières élections, dans des conditions d’instabilité, et des crises politiques sont probables, y

«compris à une échéance proche.

impré-

Confirmant d'une façon générale les tâches définies au Congrès Mondial, le C.E.l. considère que l'attention du mouve- -ment doit être surtout centré sur l'accom- .plissement des tâches suivantes :

— Lutte contre la menace d'une guer- ‘re nucléaire, pour l'interdiction de tous les .armements nucléaires, la destruction des stocks existants, la suspension de toutes ‘les sortes d'essais, pour le soutien des mouvements de masse contre la guerre, pius soecialement de ceux qui, dans une série -de pays capitalistes, luttent pour le désar- .:mement ünilatéral et pour l'élimination de “toutes les bases impérialistes dans le imonde.

— Solidarité active avec les peuples en lutte. contre l'impérialisme, et plus particulièrement à cette étape avec Cuba révolutionnaire, dont la défense dans le monde ntier doit être considérée comme une âche absolument primordiale, avec le peuple du Vietnam qui continue sa lutte ce guérilla, avec le peuple laotien dont l'impérialisme veut étouffer la lutte émancipatrice, et avec la révolution algérienne. si

En Espagne, les tendances à « l'européi-sation » du régime se heurtent à ces obstacles très grands, qui ont été insurmontables jusqu'à présent. Le mouvement des masses continue à exercer sa pression aussi bien par des grèves répétées que par des manifestations Visant la conquête immédiate de droits syndicaux réels.

En France, le régime gaulliste ne cesse de louvoyer face aux manifestations et mouvements de revendications des différentes catégories sociales. Depuis la fin de la guerre d'Algérie, les courants réactionnaires préconisent une politique de repli total sur la France, refusant de donner toute aide matérielle et financière aux pays sous-développés. Les formations et hommes politiques traditionnels de la bourgeoisie sont alarmés par les tiraillements que de Gaulle fait subir à l'alliance atlantique. Politiquement, des cercles bourgeois et petits bourgeois commencent à s'agiter en vue de l'élection présidentielle de la fin de 1965. Sur le plan ouvrier, le fait le plus important est la continuation du rapprochement entre le PCF et le PS Mais ce rapprochement qui pourrait avoir des répercussions très importantes, s'opère très lentement en l'absence de grands mouvements de masse, les deux directions gardent le contrôle de la situation, et ce rapprochement qui n'a pas encore pris la moindre forme organique s'effectue sur une perspective commune à ces deux directions, à savoir celle d'une attente de la fin de de Gaulle pour rétablir un régime de démocratie bourgeoise.

— En Amérique latine, les marxistes s'efforceront de stimuler les nouveaux regroupements de masse qui se dessinent, surtout en Bolivie. Au Perou, les trotskystes devront participer aux mouvements d'occupation de terre et d'organisation des paysans dans la tradition de Hugo Blanco, et poursuivre leur travail opiniâtre dans les syndicats des villes, en tâchant d'établir des liens étroits et constants entre ces deux secteurs de la révolution péruvienne. Au Chili, les trotskystes donneront à la lutte électorale pour la victoire du candidat du FRAP la signification d'une confrontation de classe qui pourrait être le prélude de développements révolutionnaires dans le pays. Au Venezuela, les marxistes révolutionnaires intégrés dans le FALN donneront leur contribution au processus de récrientation qui est en cours, En Argentine, la tâche difficile de construction d'un parti révolutionnaire socialiste doit se poursuivre en accordant une considération particulière aux illusions péronistes du prolétariat. Au Brésil, il faut procéder à une analyse méticuleuse des politiques qui ent

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INTERNATIONALE 17 contribué à frayer la voie au coup d'Etat. Un travail opiniâtre doit se poursuivre, tenant compte de la claire leçon qu'il n'y a au Brésil d'autre alternative que la domination ultra-réactionnaire de l’oligarchie ou une révolution anti-impérialiste et anticapitaliste comme celle de Cuba.

— En Angola, la manière la plus efficace pour les marxistes révolutionnaires d'aider tes combattants de la libération du pays à trouver leur voie vers le programme socialiste est de participer activement dans les luttes conduites par le F.L.N.A. et de les aider à obtenir un soutien matériel pour combattre l'impérialisme portugais, et à déjouer toute manœuvre néocolonia-liste, avant tout de l'impérialisme américain.

— En Algérie, les marxistes révolutionnaires maintiendront leur appui critique au gouvernement Ben Bella et ils collabore-ront à la formation d'une gauche socialiste révolutionnaire qui dirige le F.L.N. Ils lutteront pour une ligne de politique étrangère qui vise à assurer à l'Algérie une autonomie réelle et complète en brisant toutes les influences économiques et financières de l'impérialisme par le recours à l'aide de tous les Etats ouvriers sans distinction aucune, pour la réalisation dans les délais les plus courts du monopole du commerce extérieur, pour la nationalisation des banques, pour la réalisation aussi rapide que possible d'une nouvelle réforme agraire intéressant les secteurs jusqu'ici exclus, pour une structuration effective du F.L.N. et une éducation marxiste révolutionnaire de ses cadres, pour une structuration démocratique du pouvoir nouveau, pour une lutte constante contre tous les privilèges et les mœurs bureaucratiques, pour une distinction réelle de l’appareil du parti et de celui de l'Etat, pour une libre confrontation de toutes les tendances qui acceptent les bases révolutionnaires de l'Etat algérien et l'orientation socialiste, pour une campagne organique et constante en faveur d'une émancipation réelle des femmes.

— En Afrique du Sud, l'Internationale devra aider les forces marxistes révolutionnaires appréciables qui existent dans le pays à préciser leur orientation pour engager une lutte révolutionnaire décisive contre le régime de Verwoerd.

— À Ceylan, les marxistes révolutionnaires repousseront toute proposition d'un gouvernement de coalition avec le SLFP et défendront le mot d'ordre d'un gouvernement du Front Unique de Gauche (ULF) concu non comme une combinaison politique dans un cadre parlementaire, mais comme le moyen principal et le résultat d'une mobilisation active des masses ceylanaises, sans distinction de nationalités, sur un programme de mesure santi-impérialistes et anti-capitalistes.

— En Europe Occidentale, les marxistes révolutionnaires intégrés dans les mouvements de masses politiques et syndicaux de leurs pays s'efforceront d'élaborer des programmes de transition correspondant aux nécessités de cette phase. Une réunion de dirigeants et cadres européens de LiSAeine sera convoquée dans ce ut.

— Dans l'accomplissement de leur tâche normale d’approfondissement d'analyses et d'élaborations politiques et théoriques, l'Internationale devra se concentrer dans cette période notamment sur des problèmes comme la nature sociale de pays comme l'Egypte, la Birmanie, le Mali, etc. les questions économiques qui se posent (y compris sur le plan des rapports économiques entre les différents Etats ouvriers), les tendances actuelles du capitalisme en Europe occidentale et les conséquences tendancielles de la révolution technolo-HEee en plein développement aux Etats-nis.

— L'Internationale continuera à attribuer toute l'importance énorme qui revient au conflit sino-soviétique et l'utilisera pour intervenir au sein du mouvêment comm-niste mondial suivant les lignes tracées dans la résolution politique adoptée au Congrès Mondial de Réunification. Notre mouvement utilisera tout particulièrement lé fait qu'au fur et à mesure que ce conflit se développe, les deux principaux antagonistes mentionnent de plus en plus le trotskysme, à la fois comme courant idéologique et comme organisation (la IVe Internationale), qu'ils dénoncent « les trotskystes d'hier et d'aujourd'hui», ce qui assure un rebondissement et une revalorisation du mouvement.

Source : Quatrième Internationale, n°22, juillet 1964 · scan (Radar, 16-014-00102).

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